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127,5 milliards de dollars de fusions-acquisitions dans les semi-conducteurs en 2015, un record qui change tout !

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Exclusif Selon le décompte de L’Usine Digitale, l’industrie des semi-conducteurs a annoncé près de 70 fusions-acquisitions en 2015 pour un montant record estimé à 127,5 milliards de dollars. Un mouvement qui bouleverse le visage du secteur, notamment en Europe.

127,5 milliards de dollars de fusions-acquisitions dans les semi-conducteurs en 2015, un record qui change tout !
127,5 milliards de dollars de fusions-acquisitions dans les semi-conducteurs en 2015, un record qui change tout !
C’est une vague de consolidation sans précédent dans les semi-conducteurs. Selon le décompte de L’Usine Digitale, les entreprises du secteur ont conclu près de 70 fusions-acquisitions en 2015 pour un montant record estimé à 127,5 milliards de dollars, contre moins de 40 transactions et un montant de 18,6 milliards de dollars en 2014.
 
Escalade des montants des transactions
La transaction moyenne s’établit à 1,9 milliard de dollars en 2015, contre 500 millions de dollars en 2014. L’augmentation du nombre d’opérations s’accompagne par l’escalade des montants des transactions à des niveaux jamais connus auparavant. En 2014, aucune opération ne dépasse les 10 milliards de dollars.
 
UN AN DE CONSOLIDATION
- 66 opérations de fusion-acquisition (37 en 2014)
- Montant total de 126,4 milliards de dollars (18,6 milliards de dollars en 2014)
- Moyenne par transaction : 1,9 milliard de dollars (500 millions de dollars en 2014)
- 5 transactions de plus de 10 milliards de dollars (aucune en 2014)
- 12 transactions de plus de 1 milliard de dollars (6 en 2014)
- L’opération la plus chère : 37 milliards de dollars (3 milliards de dollars en 2014)
Source: L’Usine Digitale

 

En 2015, cinq transactions franchissent ce seuil : la fusion entre NXP et Freescale (11,8 milliards de dollars), le rachat d’Altera par Intel (16,7 milliards de dollars), le prise de contrôle de SanDisk par Western Digital (19 milliards de dollars), le rapprochement de Lam Research et KLA-Tencor (10,6 milliards de dollars) et le mariage entre Broadcom et Avago Technologies (37 milliards de dollars). Seules les deux premières ont été déjà finalisées.
 
Le montant maximum par transaction monte ainsi à 37 milliards de dollars en 2015, alors que l’opération la plus couteuse en 2014 se limite à 3 milliards de dollars. Elle concerne le rachat en août 2014 de l’américain International Rectifier par l’allemand Infineon Technologies, transaction finalisée en janvier 2015.
 
Le Top 10 mondial chamboulé
Ce mouvement bouleverse comme jamais le paysage du secteur. Trois acteurs font leur entrée dans le Top 10 mondial des semi-conducteurs : l’ensemble Avago / Broadcom à la 5e place avec un chiffre d’affaires prévisionnel de 15,4 milliards de dollars en 2015 selon IC Insights, NXP à la 8e place avec 10,2 milliards de dollars et Infineon Technologies à la 10e place avec 6,9 milliards de dollars.
 
STMicroelectronics, présent dans le Top 10 mondial depuis sa création en 1987 par fusion de l’italien SGS et du français Thomson Semi-conducteurs, est expulsé à la 11e place.
 
C’est en Europe que l’impact de la consolidation se fait particulièrement sentir. Le néerlandais NXP devient le nouveau champion européen des semi-conducteurs, un titre dévolu jusqu’ici au franco-italien STMicroelectronics. L’allemand Infineon Technologies conserve son rang de numéro deux européen avec un revenu proche de celui de STMicroelectronics (6,8 milliards de dollars).
 
L'Europe sort renforcée
Mais globalement, ce mouvement renforce la position de l’Europe dans les semi-conducteurs. Certes, le Vieux continent encaisse 13 opérations en sa défaveur. Mais la plupart se rapportent à des petites sociétés. Seule la vente de Lumileds, l’activité LED de puissance de Philips, aux chinois constitue une grande perte. Mais elle est largement compensée par le rachat de trois gros poissons américains: International Rectifier par Infineon Technologies, Freescale par NXP et Atmel par Dialog.
 
Les experts s’accordent à dire que la vague de consolidation va se poursuivre en 2016. Des acteurs, jusqu’ici très discrets comme Texas Instruments, Analog Devices, Maxim ou IDT devraient entrer dans le jeu.
 
Le Japon, qui n’a connu en 2015 qu’une opération majeure (rapprochement des circuits intégrés de Fujitsu et Panasonic dans la coentreprise fabless Soconext), devrait être l’enjeu de deux grandes batailles. La première concerne Renesas Electronics dont le changement d’actionnaire de référence constitue une opportunité. Infineon Technologies et le chinois Tsinghua Unigroup seraient sur les rangs. La seconde porte sur l’activité de Toshiba dans les semi-conducteurs. Ebranlé par un scandale financier, le groupe japonais a déjà vendu ses capteurs d’image à Sony. Il cherche à faire entrer des investisseurs ou à introduire son activité de puces électroniques en bourse. Encore une opportunité à saisir.

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