Actualité web & High tech sur Usine Digitale

2015, l’année du début de la fin de la Loi de Moore

|
Twitter Facebook Linkedin Google + Email
×

La loi de Moore, qui régit depuis 50 ans la progression des puces électroniques, multiplie les signes annonciateurs de sa fin proche. Une perspective qui pousse Intel, IBM ou Qualcomm à rechercher une alternative relais.

2015, l’année du début de la fin de la Loi de Moore
2015, l’année du début de la fin de la Loi de Moore © Intel
La loi de Moore, qui prévoit le doublement des performances des puces électroniques tous les deux ans, a fêté en 2015 ses 50 ans. Son père Gordon Moore, cofondateur d’Intel, s’étonne aujourd’hui de la précision avec laquelle sa prédiction empirique, annoncée en 1965 alors qu‘il était directeur R&D de Fairchild Semiconductor, a collé à la réalité pendant cinq décennies sans interruption. 
 
Mais tout a une fin. Et l’année 2015 s’annonce comme le début du crépuscule de cette loi sur laquelle l’industrie informatique avait jusqu’ici fondé son développement. La miniaturisation électronique s’approche des limites physiques. Le passage à la technologie FinFET 14 nm (transistors 3D en gravure de 14 nanomètres) pour la dernière génération de circuits intégrés les plus avancés a mis en lumière les difficultés à maîtriser les rendements de fabrication. Un problème qui frappe durement Intel, numéro un mondial des semi-conducteurs considéré pourtant comme l’industriel le mieux armé sur le plan technologique pour perpétuer la loi de Moore.
 
La fin des 2 ans
Brian Krzanich, le CEO du groupe, est contraint de reporter la génération suivante en 10 nanomètres au second trimestre 2017, alors qu’elle était prévue au départ pour fin 2015. "La loi de Moore ne suit plus le rythme de deux ans, justifie-t-il devant les analystes lors de la présentation des résultats du deuxième trimestre 2015. Elle suit désormais un rythme plus long, de deux ans et demi à trois ans."
 
Intel se veut la vitrine technologique de l’industrie des semi-conducteurs. Depuis 2007, il incarne la loi de Moore avec sa stratégie Tick-Tock qui consiste à faire évoluer chaque année ses puces en alternant miniaturisation de la gravure (c’est la démarche Tick) et optimisation de la conception (c’est la démarche Tock). Mais seul le passage à une gravure plus fine en production (donc la démarche Tick) fait avancer la loi de Moore. Au même temps que le report de la génération de 10 nanomètres, Intel inaugure la démarche Tick-Tock-Tock en ajoutant une étape d’optimisation de la conception.
 
l'avènement des circuits logiques programmables
Microsoft, l’autre moteur de l’industrie informatique, s’inquiète de ce ralentissement. "Merci Gordon Moore, déclare Harry Shum, vice-président exécutif en charge de Microsoft Research, lors de l’événement Ignite de Microsoft à Chicago en mai 2015. Votre loi a produit un résultat incroyable. Mais on commence à atteindre les limites physiques au niveau des transistors. Or nous aurons toujours besoin davantage de puissance de traitement." Selon les recherches de Microsoft, la solution à court terme est de faire appel aux circuits logiques programmables comme accélérateurs de traitement dans les datacenters. Son efficacité a été déjà prouvée sur des projets pilotes et elle est prête à passer en production.
 
La maitrise de ces composants devient essentielle comme en témoigne la ruée des acteurs de référence dans les puces pour équipements de Datacenter (serveurs, stockage et réseaux). Intel a ainsi mis 16,7 milliards de dollars sur la table pour acquérir Altera, l’un des deux grands fournisseurs de circuits logiques programmables au monde. La transaction est finalisée le 28 décembre 2015. IBM, qui promeut son processeur Power dans les serveurs à hautes performances, a opté pour une simple alliance stratégique avec Xilinx, l’autre grand fournisseur de ces circuits. Tout comme Qualcomm, qui affiche de grandes ambitions de diversification dans les puces pour les équipements de Datacenters.
 
en attendant les puces quantiques
Mais selon le patron de Microsoft Research, les circuits logiques programmables ne constituent qu’un palliatif temporaire. Le vrai relais de nature à sauver la loi de Moore réside dans les puces quantiques. Une rupture technologique qui réclame cependant beaucoup de temps avant de devenir une réalité commerciale.

Réagir

* Les commentaires postés sur L’Usine Digitale font l’objet d’une modération par l’équipe éditoriale.

Publicité

media

Les cookies assurent le bon fonctionnement de nos sites et services. En utilisant ces derniers, vous acceptez l'utilisation des cookies.OK

En savoir plus
Suivez-nous Suivre l'Usine Digitale sur twitter Suivre l'Usine Digitale sur facebook Suivre l'Usine Digitale sur Linked In RSS Usine Digitale