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7 choses à savoir sur les ICO, ces nouvelles levées de fonds en crypto-monnaie

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Les ICO (pour Initial coin offering) désignent un mode de financement participatif émergent basé sur la technologie de la blockchain et un système de jetons virtuels : les tokens. L'année 2017 devrait recenser environ 2000 opérations de ce type, contre une soixantaine seulement en 2016. Décryptage en sept questions de ce nouvel engouement.

7 questions pour tout comprendre au buzz des ICO, ces levées de fonds en crypto-monnaie
7 choses à savoir sur les ICO, ces nouvelles levées de fonds en crypto-monnaie © dr

Comment fonctionne une ICO ?

"Une ICO est une méthode de levée de fonds par émission d'actifs numériques qui sont échangeables contre des crypto-monnaies, comme le bitcoin ou l'ether, dans la phase de démarrage d'un projet d'entreprise", explique Alexandre Stachtchenko, cofondateur de Blockchain Partner et du portail ICOMentor.net. Ces actifs virtuels sont des jetons (des tokens en anglais). Ils ne correspondent pas à de l'equity mais à un droit d'utilisation à un service ou à un bien futur. "Par exemple, lors de son ICO, Storj (un service de stockage décentralisé) a émis des storj tokens qui permettront à ses détenteurs d'acheter ou de louer des espaces de stockage", explique Alexandre Stachtchenko. On parle ainsi de finance tokénisée.

 

Quel est le principal avantage de ce mode de financement ?

L'ICO permet à une entreprise de lever beaucoup d'argent de manière rapide car, comme le crowdfunding, elle est ouverte à toute personne souhaitant soutenir le projet en question, à condition que celle-ci dispose de crypto-monnaies pour acheter les jetons virtuels. "En l'espace de quelques mois, une entreprise peut lever l'équivalent de plusieurs dizaines de millions de dollars, bien plus qu'elle n'aurait pu espérer par des méthodes traditionnelles", assure Alexandre Stachtchenko. L'ICO constitue donc un moyen de contourner le système classique de financement en capital-risque et ainsi d'éviter une dilution du capital. Exit aussi les longs (et coûteux) process propres aux levées de fonds classiques ou encore les commissions prélevées sur les plates-formes de financement participatif traditionnelles.

 

Toute entreprise peut-elle recourir à une ICO pour se financer ?

"Non", répond Alexandre Stachtchenko. "L'ICO n'est pas une méthode de levée de fonds qui convient à tout le monde car il faut que le jeton ait une utilité intrinsèque, sinon l'ICO n'a pas de sens", poursuit-il.

 

Aujourd'hui quelles entreprises ont recours aux ICO ?

Ce sont essentiellement des entreprises concernées par la blockchain, soit parce qu'elles développent des couches protocolaires soit parce qu'elles mettent au point des applications de la chaîne de blocs. On peut citer, par exemple, Ethereum qui a réalisé son ICO en 2014. Les tokens alors émis et vendus en échange de bitcoins avaient pour utilité intrinsèque de faire fonctionner de futurs contrats intelligents (les smart contracts). Leur valeur a été multipliée par plus de 1000 en l'espace de trois ans. On peut aussi citer Tezos, qui développe également un système de contrats intelligents. L'entreprise, fondée par le français Arthur Breitman, a récemment levé l'équivalent de 230 millions de dollars lors de son ICO.

 

A quel rythme se développent les ICO à l'échelle mondiale ?

En 2016, une soixantaine d'ICO ont été dénombrées. On devrait passer le cap des 2000 ICO en 2017. "Depuis quelques semaines, on compte entre 5 à 10 ICO par jour", indique Alexandre Stachtchenko. Selon lui, les ICO réalisées en 2017 devraient représenter plusieurs milliards de dollars.

 

N'y a-t-il pas un risque de bulle ?

"En ce moment, c'est clairement une bulle. Les montants levés sont décorrélés des besoins des entreprises", estime Alexandre Stachtchenko. Certaines entreprises procèdent à des ICO sans fixer d'objectif maximum. "Le fait que Tezos ait levé 230 millions de dollars alors que 10 ou 15 millions de dollars auraient suffi montre que c'est une bulle et que ce n'est pas sain", juge le spécialiste. Face à cet emballement, certains pays ont pris des mesures pour limiter les ICO. C'est le cas des Etats-Unis où l'organisme de contrôle des marchés financiers (la SEC) a estimé que l'échange de jetons virtuels était soumis aux lois existantes relatives aux titres et actions. La Chine, elle, a récemment décidé d'interdire les ICO. "En revanche, ce n'est pas parce qu'il y a une bulle que cela ne jette pas les bases de fondamentaux intéressants", estime Alexandre Stachtchenko. Selon lui, les ICO favorisent le développement de l'écosystème blockchain en permettant le financement d'applications et de technologies qui n'auraient pas pu voir le jour avec un système de financement classique.

 

Quelles sont les limites des ICO ?

Pour l'heure, l'une des principales limites des ICO est l'absence de garantie pour les investisseurs, liée à l'absence de statut juridique. L'autre limite, c'est la volatilité. "Lors de son ICO, Bancor a levé en ether l'équivalent de 153 millions de dollars mais l'ether a chuté d'environ 25% si bien que 34 millions de dollars se sont envolés en quelques jours", raconte Alexandre Stachtchenko. 

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