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Alex Dayon, l'atout français de Salesforce

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Depuis 2012, Alex Dayon orchestre toutes les innovations du californien Salesforce, le numéro un mondial de la gestion de la relation client. Portrait.

Alex Dayon, l'atout français de Salesforce
"À Supélec déjà, je voulais travailler dans une start-up du logiciel, alors que tous mes camarades rejoignaient de grands groupes." © Pascal Guittet

Service cloud, l’offre après-vente de Salesforce, c’est lui. Marketing cloud, le service de campagnes marketing, c’est aussi lui. Wave Analytics, le service cloud d’exploration, d’analyse et de visualisation des données, c’est encore et toujours lui. Alexandre Dayon, devenu président des applications et plates-formes produits du géant américain, est le père de tous les services cloud lancés par Salesforce depuis 2009. Des produits qui ont transformé, en l’espace de sept ans, l’entreprise californienne en multinationale, avec un chiffre d’affaires passant de 750 millions à 6,6?milliards de dollars.

 

bras droit de Marc Benioff

C’est Marc Benioff, le PDG et fondateur de Salesforce, qui a fait d’"Alex" son bras droit. Lors de ses keynotes à San Francisco, Londres, Berlin ou Paris, il l’invite à monter sur scène, le présentant fièrement comme son plus beau trophée parmi les talents internationaux et comme le symbole du génie français. "L’entente avec Marc Benioff a été un élément de sa réussite, juge Bernard Liautaud, le cofondateur de Business Objects et partenaire du fonds d’investissement Balderton Capital, à Londres. Mais il a aussi su s’imposer par son intelligence et son sens des affaires."

 

Car Alex Dayon est à la fois un ingénieur passionné par l’informatique, détenteur de 12 brevets, et un entrepreneur obsédé par l’articulation des produits avec le marché. "C’est un collaborateur exceptionnel, alliant une capacité hors du commun de comprendre la technologie, de l’expliquer et de la mettre en œuvre, et un sens profond du business", ajoute Bernard Liautaud.

 

Pillier de Business Object

Cet ingénieur de 48 ans semble avoir trouvé chez Salesforce l’esprit de pionnier, véritable fil conducteur de sa carrière. "Lors de la dernière année de mes études à Supélec, je voulais travailler dans une start-up du logiciel", confie-t-il. Un choix atypique, comparé à celui de ses camarades, davantage attirés par les grands groupes. Il se lance en 1990, date de la création de Business Objects. Avec Bernard Liautaud et Denis Payre, il participe au démarrage de ce qui sera le précurseur de l’informatique décisionnelle et la plus grande sucess-story française dans le logiciel.

 

En quelques mots
Loisirs Ce Breton pratique la voile dans la baie de San Francisco le dimanche en famille (trois enfants), mais également le ski nautique et le surf.
Luxe Passionné par les bateaux, il aime aussi conduire de belles voitures, comme les Ferrari.
Nostalgie Il n’a pas demandé la nationalité américaine. Il reste fier de la France, dont il apprécie la culture, les fromages, les vins et le pain.

 

Ingénieur des ventes au début, il finit patron des produits, comme chez Salesforce aujourd’hui. "Premier employé de la société, il en a été aussi le cofondateur dans les faits", estime Bernard Liautaud. Il la quitte en 1999 – bien avant qu’elle ne soit rachetée par l’éditeur allemand SAP, en 2008 – pour voler de ses propres ailes et créer son entreprise, Instranet, spécialisée dans les bases de connaissances pour centres d’appels. Il installe le siège à Chicago, mais la dirige depuis New York.

 

De son expérience chez Business Objects, il retient une leçon capitale : pour grandir vite, il faut miser sur le marché américain. Un an après avoir lancé Instranet, il part sillonner les États-Unis, en quête de clients. "J’ai réalisé mes deux premières ventes auprès de la Federal trade commission, à Washington, et de l’aciérie Kingston Steel, au fin fond de l’Indiana, deux clients improbables", se souvient-il non sans fierté.

 

Homme de confiance

Quand Instranet est cédé à Salesforce en 2008, Marc Benioff lui confie la création de son deuxième service cloud et un business à plus de 1 milliard de dollars. Mission accomplie. Mais, après quatre années de labeur intensif, Alex Dayon sent le besoin de marquer une pause. Il prend un congé sabbatique de six mois. Le temps de voyager, de profiter de sa famille et de prendre du recul par rapport à son travail. "Je suis parti sans savoir ce que je ferais comme boulot à mon retour", explique-t-il.

 

De peur de perdre un grand talent, Marc Benioff le rappelle et lui propose le poste de président de tous les produits du groupe. Une offre qui fait du Français la cheville ouvrière de toutes les innovations du géant américain. "C’est un collaborateur fidèle qui ne saute pas d’un endroit à un autre, souligne Bernard Liautaud. Il n’a changé d’entreprise que trois fois. Il s’investit à fond dans son poste et reçoit en retour toute la confiance du PDG. C’était vrai chez Business Objects, ça l’est aujourd’hui chez Salesforce."

 

Marc Benioff l’a d’ailleurs chargé d’un rôle d’une grande importance, celui d’ambassadeur auprès du gouvernement français, afin de plaider la cause du numérique et de l’entreprise américaine en France. Une mission qui a conduit Alex Dayon à rencontrer à deux reprises le ministre de l’Économie Emmanuel Macron, à Bercy, en 2015. 

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