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api.gouv.fr : le portail d'API du gouvernement, premier pas vers un Etat-plateforme

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Jean-Vincent Placé a inauguré le 21 juin le portail api.gouv.fr, le magasin d’API développé par la direction interministérielle du numérique et du système d'information et de communication de l'Etat (Dinsic). Il présente les interfaces de programmation (API) mises à disposition des développeurs et basées sur les données des administrations publiques ou des entreprise sous contrat avec l’Etat. Mais derrière cette fonction primaire se cachent les enjeux stratégiques de la transformation numérique de l’Etat.

api.gouv.fr : le portail d'API du gouvernement, premier pas vers un Etat-plateforme
Jean-Vincent Placé et Henri Verdier au lancement de api.gouv.fr, le 21 juin 2016.

Le portail api.gouv.fr est officiellement ouvert depuis le 21 juin 2016. Inauguré par Jean-Vincent Placé, secrétaire d’état à la modernisation de l’action publique (SGMAP), dans un des salons de l’accélérateur privé parisien The Family, ce site web a pour vocation de référencer la liste exhaustive des API (en anglais, application programming interface) fournies par l’ensemble des services publics français et à en faciliter l’utilisation par les développeurs.

 

Qu'est-ce-qu'une API ?

Une API est un programme informatique permettant la communication et l’échanges de données entre applications et systèmes hétérogènes, sans intervention humaine.
A son lancement, api.gouv.fr référence 10 API et 13 cas de réutilisation. Les utilisateurs des API sont invités à présenter les services qu’ils ont développés en utilisant les dites API, comme "La bonne boite", qui aide à trouver les entreprises qui recrutent à proximité de chez vous en utilisant l’API de la Base adresse nationale. Il existe pour l’instant quatre familles d’API : celles donnant accès à des données confidentielles (API particulier, API entreprise, France Connect...), celles donnant accès à des données de références (API Base adresse nationale, API travaux Rennes Metropole...), celles liées à un droit exécutable (API prélèvements sociaux, Open Fisca...) et celles de big data (LeTaxi).

 

PAS D'ACCÈS AU CODE

Le portail ne donne pas directement accès au code des programmes, mais en présente les conditions d’utilisation. En revanche, les développeurs d'API sont invités à publier le compteur d'utilisation de leurs programmes. On apprend ainsi sur le portail que l’API entreprise à éviter la demande de plus de 500000 documents à des entreprises lors de leur démarche administrative (de réponse à une offre d’achat public notamment), ou encore que la base adresse nationale a été sollicitée plus de 5 millions de fois sur les 30 derniers jours.

Si la base se veut exhaustive, les développeurs d’API des services publics ou des entreprises sous contrats avec l'Etat n'ont aucune obligation de faire référencer leur API sur le portail. La Dinsic compte sur la visibilité que le portail offrira pour motiver les propositions. Pas sûr que cela suffise, d’autant que des entreprises sous contrats comme SNCF ou La poste ont leur propre portail d’API.

 

vitrine de l'Etat-plateforme

Mais les vrais enjeux sont ailleurs. Car le portail est avant tout une vitrine de ce que Henri Verdier, directeur de la Dinsic et administrateur général des données appelle "l’Etat-plateforme". Il s’agit d’une stratégie, définie par un décret du 1er aout 2014, qui vise à la création d‘un système d’information (SI) unifié de l’Etat (alors que chaque ministère gérait son propre SI) qui se veut la base de la transformation numérique du gouvernement. Or cette transformation est loin d’aller de soi et concerne notamment 18000 informaticiens répartis en 90 statuts différents !

 

Ce portail sert aussi à démontrer que la transformation numérique de l’Etat ne se limite pas à la dématérialisation de services, comme l’obtention de passeport ou de carte grise et à la déconcentration de services publics, avec le remplacement de fonctionnaires au guichet par des algorithmes. Le numérique, c’est aussi (voire surtout) la simplification des démarches administratives, grâce à ces fameuses API.

 

Embarquer les administrations réticentes

Api.gouv.fr est enfin, espèrent Henri Verdier et Jean-Vincent Placé, un moyen d’embarquer plus largement les administrations publiques, encore trop souvent très réticentes vis-à-vis de la transformation numérique de l’Etat, en utilisant le levier de l’exemplarité. Comme dans les entreprises, l’idée est de mettre en avant les initiatives qui marchent. D’où l’importance des compteurs d’utilisation des API présentées sur le site. "Convaincre nos propres administrations est peut-être le plus difficile", reconnait Jean-Vincent Placé. Pas sûr qu’un simple portail d’API suffisent à les entraîner.

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