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Après avoir créé le siège d'avion le plus léger du monde, il veut casser les codes des complémentaires santé

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C'est ce qu'on appelle un grand écart. Après avoir cofondé la start-up à l'origine du siège d'avion le plus léger du monde, Jean-Charles Samuelian compte bousculer le monde bien établi de l'assurance santé. Sa nouvelle start-up, Alan, propose une assurance 100% en ligne, bâtie autour de l'expérience utilisateur. Explications.

Après avoir créé le siège d'avion le plus léger du monde, il veut casser les codes des complémentaires santé
Après avoir créé le siège d'avion le plus léger du monde, il veut casser les codes des complémentaires santé © DR

Le point commun entre un siège d'avion ultraléger et la première assurance santé française en ligne ? Ces deux innovations sont nées de la même personne : Jean-Charles Samuelian.

 

De l'aéronautique à l'assurance santé 

Le jeune ingénieur, que nous avons rencontré le 26 janvier au Paris Fintech Forum 2017, présente un parcours singulier. Diplômé de l'Ecole nationale des Ponts et Chaussées, l'entrepreneur raconte avoir "vendu son premier site Internet à l'âge de 13 ans". En 2011, il cofonde, avec Benjamin Saada et Vincent Tejedor rencontrés sur les bancs du lycée Thiers à Marseille, la start-up Expliseat. La jeune pousse, basée près de Bordeaux, s'attache à alléger le poids des sièges pour diminuer la facture énergétique des avions. Fabriqué en titane et en composites, son siège ne pèse que 4 kg, soit trois fois moins que la moyenne.

 

Cinq ans plus tard, des événements personnels poussent Jean-Charles Samuelian à revendre ses actions pour se lancer dans une nouvelle aventure entrepreneuriale dans le monde de la santé. "Cela me tenait à cœur de mettre la technologie au service de la santé. Notre système d'assurance est complexe et surtout asymétrique en termes d'informations. Je me suis demandé comment il était possible de proposer un système simple et transparent", explique-t-il.

 

Une levée de fonds de 12 millions d'euros 

En février 2016, il fonde Alan. Huit mois plus tard, en octobre 2016, la jeune pousse obtient l'agrément d'assurance. Un développement à vitesse grand V,  notamment permis par un important soutien financier : au dernier trimestre 2016, la start-up officialise une massive levée de fonds de 12 millions d'euros. Le tour de table est mené auprès de CNP assurances, Partech Ventures et Power Financial of Canada, le plus gros assureur canadien. 

 

L'offre d'Alan ne s'adresse pas aux particuliers mais aux entreprises, qui depuis janvier 2016 ont l'obligation de proposer une couverture complémentaire santé collective, autrement dit une "mutuelle d'entreprise", à l'ensemble de leurs salariés qui n'en disposent pas déjà. Sa promesse : une expérience utilisateur extrêmement fluide. "Une entreprise peut s'inscrire en trois minutes, puis inviter ses employés qui, eux-mêmes, peuvent s'inscrire en une minute", garantit l'ingénieur. La plate-forme s'intègre au système de paye de l'entreprise et différentes fonctionnalités visent à simplifier les démarches. Il suffit, par exemple, de prendre en photo sa feuille de soin pour demander un remboursement.

 

une entreprise de Techno qui fait de l'Assurance

Côté positionnement, Alan ne se présente pas comme une mutuelle low cost, mais entend proposer le meilleur rapport qualité/prix. Le tout, sans engagement. Pour 55 euros par mois, l'assurance complémentaire rembourse les frais d'hôpitaux, de médecine de ville ou encore les frais d'optique et dentaires, dans une certaine mesure.

 

Pour construire son offre, Alan a mis au point un petit robot virtuel capable de scruter toutes les offres déjà disponibles sur le marché. "Nous ne sommes pas une entreprise d'assurance mais de produit et de techno qui fait de l'assurance", tient à préciser son cofondateur. Inscrite dans une logique de DevOps, la start-up analyse systématiquement comment les utilisateurs se servent des fonctionnalités pour les adapter. 

 

Dans les mois à venir, de nouveaux services devraient s'ajouter, comme un journal des événements. "Cela ne sera pas simplement des lignes de remboursements. Le particulier pourra, par exemple, visualiser quels spécialistes il a consultés et les recontacter facilement". Au menu également, un système de réservations, à l'image de ce que propose Doctolib. Alan prévoit aussi de travailler sur les technologies d'apprentissage automatique, non pas pour les chatbots, mais pour permettre à l'utilisateur d'avoir une meilleure visibilité sur les prix des consultations. "Par exemple, si une personne a besoin de se faire arracher une dent, elle pourra connaître, en amont, la fourchette de prix de ce que l'acte médical pourrait lui coûter selon les spécialistes", détaille l'entrepreneur.

 

Un marché à 35 milliards d'euros

Alan ne communique pas encore sur le nombre de souscriptions, mais son cofondateur affirme que "des dizaines d'entreprises signent toutes les semaines". La jeune pousse vise, en premier lieu, les start-up, les PME et les ETI, et bientôt, les travailleurs indépendants. Elle compte parmi ses premiers clients Vente-privée.com, Payfit, Eligo Bioscience ou encore Rythm. Aucune communication, non plus, sur les objectifs visés pour la fin 2017. "Nous avons levé suffisamment de fonds pour avoir une vision à long terme. Nous ambitionnons d'être leader dans notre secteur en France et ailleurs", lance Jean-Charles Samuelian. Rien qu'en France, le marché de la complémentaire santé est estimé à 35 milliards d'euros.

 

Reste à savoir si Alan parviendra à tirer son épingle du jeu, alors même que tous les mastodontes du secteur amorcent leur transformation digitale pour mieux répondre aux attentes de leurs clients. C'est le cas notamment d'Axa, qui vient de débloquer 150 millions d'euros supplémentaires pour détecter les meilleures start-up. "Ils investissent beaucoup dans le digital, mais c'est extrêmement difficile pour eux de changer leur organisation en profondeur", répond, confiant, l'entrepreneur, qui assure ne pas avoir de concurrents en France. "Aux Etats-Unis, la start-up Oscar propose une assurance santé digitale", reconnaît-il, avant de préciser : "Et elle vaut déjà 3 milliards de dollars !"

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