Actualité web & High tech sur Usine Digitale

Au Hardware Club, 130 start-up du monde entier grandissent ensemble

|
Twitter Facebook Linkedin Google + Email
×

Né en France, le Hardware Club ressemble plus de 130 start-up des objets connectés du monde entier. Les jeunes pousses peuvent s'y entraider et partager leurs bonnes pratiques, pour gagner du temps. Le Hardware Club en profite pour les évaluer et investit dans certaines d'entre elles.

Au Hardware Club, 130 start-up du monde entier grandissent ensemble
Les experts : Hardware. Une partie de l'équipe du Hardware Club dans son bureau parisien. © Hardware Club

Quel point commun ont les champions français des objets connectés Lima, ISKN et Prynt ? Tous ont brillé sur les plates-formes de financement participatif. Et (ce n'est pas une coïncidence), tous font partie du Hardware Club. Cette structure créée en 2014 par Barbara Belvisi et Alexis Houssou à Paris, compte mi-janvier plus de 130 start-up membres venues de 22 pays, comme les américains de Misfit et d'Hyperloop Transportation technologies, les suédois de Flic, les anglais de Blocks… Un club de moins en moins fermé, mais avec sélection à l'entrée. "Nous avons reçu plus de 800 candidatures depuis nos débuts, confie Alexis Houssou, le co-fondateur. Nous en avons retenu environ 15%".

 

conseils et réseau à volonté

Que viennent y chercher (gratuitement) les start-up des objets connectés ? Des conseils, du réseau, du partage de bonnes pratiques, d'abord. "Nous ne sommes pas des ingénieurs, on n'est pas là pour aider à concevoir les produits", prévient Alexis Houssou, qui s'appuie sur une équipe de huit permanents (bientôt 13), spécialistes de l'industrialisation, de la distribution…. "Nous aidons les gens du hardware à mettre au point leur organisation, leur stratégie, et leur projet de financement", résume-t-il.


Impossible d'aider de façon très étroite et au quotidien chacune des start-up membres, comme c'était le cas dans l'ancêtre du Hardware Club, Elephant & Ventures, précédente aventure du duo de fondateurs. D'où l'idée de miser cette fois-ci sur la communauté, avec la mise en réseau d'entrepreneurs partageant les mêmes problématiques, via une plate-forme web, des outils de dialogue communautaires et des événements "IRL". "Toutes les start-up du hardware passent par les mêmes étapes et se posent les mêmes questions : comment préfinancer son produit, où le faire fabriquer, quel canal de vente choisir, comment financer son développement…, énumère le co-fondateur. Les savoirs sont partagés pour éviter de refaire les mêmes erreurs".

Comment se porte le nouveau hardware ?
Observateur privilégié du secteur du nouveau hardware et des objets connectés, Alexis Houssou juge qu'une vraie filière émerge, mais que le bât blesse côté distribution. "Il n'y a jamais eu autant de start-up intéressantes, de bonnes structures sur le prototypage. Les bonnes pratiques sur le préfinancement (via le crowdfunding) sont partagées. Beaucoup de start-up ont pré-vendu pas mal de produits, et c'est à cette étape qu'il y a une pénurie d'investisseurs, notamment en France. Côté fabrication, les grands acteurs de la production commencent à s'intéresser aux start-up, car ils y voient une façon de diversifier leur activité. Le gros point noir intervient après, sur la distribution, en particulier la vente en magasins physiques. Les distributeurs sont en retard sur le reste de la chaîne de valeur. Les magasins physiques sont bouleversés par le e-commerce, et perdus dans le modèle à adopter… mais ça commence à bouger, doucement. Pourtant, il y a un vrai intérêt à créer des expériences en magasin autour des objets connectés. Il nous faut repenser collectivement l'expérience du retail physique. C'est la seule grosse inconnue dans le mouvement de la renaissance du hardware.

 

Vu la mondialisation des acteurs du secteur naissant, les start-up de n'importe quel pays peuvent bénéficier de ces conseils. Des partenariats inattendus peuvent donc prendre forme dans ce réseau mondial. "Voir une start-up suédoise collaborer avec une homologue japonaise, c'est courant chez nous", se félicite Alexis Houssou.

 

Un club de partenaires

Le Hardware Club scelle aussi des partenariats avec des acteurs industriels et des distributeurs pour en faire bénéficier ses membres. Une soixantaine d'accords de ce type ont été scellés, avec des géants comme Foxconn et Intel en conception / fabrication, et Amazon, Target et Best Buy côté distribution. "Sur notre plate-forme web, nos membres peuvent contacter directement des référents dans chacune de ces entreprises, explique Alexis Houssou. Cela permet à nos start-up de gagner du temps, et à nos partenaires de travailler avec des entreprises pour lesquelles on se porte garant, alors qu'ils sont sur-sollicités par des start-up et ont du mal à faire le tri".

 

un fonds d'investissement à l'envers

L'équipe du Hardware Club, tout en accompagnant les équipes des start-up membres, les évalue. Car sa vocation est d'investir dans certaines des jeunes pousses qu'elle aide à grandir, c'est de cette façon qu'elle se rémunère. "On fait volontairement tout à l'envers par rapport à un fonds classique, reconnaît le co-fondateur. On a d'abord construit une communauté, apporté des ressources puis injecté des fonds dans quelques boites. Les porteurs de fonds d'investissement font plutôt le trajet inverse : ils lèvent d'abord des fonds, montent une équipe, font des investissements, animent la communauté créée, et ajoutent des ressources. On considère que les financements ne suffisent pas, il faut de l'expertise, des ressources, des contacts, afin d'aller beaucoup plus vite".

 

Mais malgré cette course de fond(s), l'équipe du Hardware Club aime se donner le temps de la réflexion avant de passer de l'accompagnement à la prise de participation. "On doit faire nos preuves comme investisseurs, capables d'apportent de la valeur par l'accompagnement, tout comme les start-up doivent faire les leur". Rien de mieux pour estimer le potentiel d'une équipe et d'un projet que d'y travailler avec elle.

 

Jusqu'ici, le Hardware Club a réalisé une dizaine d'investissements, en moyenne de 50 000 euros, en amorçage. Grâce à une levée de fonds début 2016, il vise 35 à 40 nouvelles opérations dans les trois prochaines années (soit 10% de ses membres), avec des tickets moyens plus élevés, de 300 à 400 000 euros en moyenne par start-up. De quoi aider des start-up de son portfolio à franchir de nouvelles étapes décisives.

Réagir

* Les commentaires postés sur L’Usine Digitale font l’objet d’une modération par l’équipe éditoriale.

Publicité

media

Les cookies assurent le bon fonctionnement de nos sites et services. En utilisant ces derniers, vous acceptez l'utilisation des cookies.OK

En savoir plus
Suivez-nous Suivre l'Usine Digitale sur twitter Suivre l'Usine Digitale sur facebook Suivre l'Usine Digitale sur Linked In RSS Usine Digitale