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Avec 42, Xavier Niel a-t-il tout compris à la formation au numérique ?

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Avec trois acolytes, le fondateur de Free lance 42, une structure gratuite pour former les jeunes à la programmation informatique. Histoire de répondre à la pénurie de talents dans le numérique. Utopie ou vraie révolution pédagogique ? 

Avec 42, Xavier Niel a-t-il tout compris à la formation au numérique ?
Xavier Niel, Florian Bucher, Nicolas Sadirac et Kwame Yamgnane

Ceci n’est pas une école d’informatique. C’est en substance ainsi que Xavier Niel a présenté 42 . C’est une initiative que le fondateur de Free lance avec Florian Bucher de Ionis Group et Nicolas Sadirac et Kwame Yamgnane de l’Epitech. 42, c’est surtout une structure, gratuite, dotée d’une pédagogie d’un nouveau genre, qui formera chaque année 1000 développeurs de haut niveau, avec des capacités de collaboration, de créativité, adaptées au monde du numérique. Et dans la ligne de mire, en particulier, tous ceux que le système scolaire actuel exclut et chez qui les fondateurs de 42 voient tout le potentiel des futurs "génies" de la programmation en France.

Former des dévelopeurs créatifs, pas des machines à code

Comme le dit Will.I.Am des Black Eyed Peas dans la vidéo de promotion de code.org, l’initiative américaine qui vise à faire de tous les citoyens des développeurs, " les programmeurs sont les rock stars d’aujourd’hui ". Et comme les artistes, pour exprimer leur génie, ils doivent maîtriser les techniques. Mais plus que des développeurs informatiques capables d’aligner les lignes de code, 42 cherche à former des professionnels adaptés au monde du numérique. Capables d’inventer, de créer, d’imaginer, de collaborer. Les fondateurs ont donc imaginé à partir de leurs expériences respectives un dispositif pédagogique d’un genre nouveau.

Une apprentissage " peer to peer " colaboratif, sans enseignant

Si 42 n’est pas une école classique, Il ne s’agit pas non plus d’un espace virtuel ou un réseau social. 42 est bel et bien un lieu physique installé sur 4 200 m2 de locaux design en plein cœur de Paris. Avec bien sûr tous les moyens techniques, informatiques en particulier, pour assurer un poste de travail par élève. Pour autant, la pédagogie s’appuie sur un apprentissage collectif plutôt qu’individuel. Un apprentissage "peer to peer", qui se passe d’enseignants et compte davantage sur la capacité des étudiants à trouver la bonne information en ligne que sur la capitalisation de connaissances. "La meilleure réponse est toujours sur le net et pas dans l’amphi" assène Nicolas Sadirac. Pour autant, il ne s’agit pas d’apprendre en ligne chacun devant son écran, mais tout en exploitant toutes les ressources de la Toile, favoriser la collaboration et le mode projet. Pas d’examens non plus : les étudiants s’évalueront les uns les autres. En mode recommandation, en quelques sortes. Et le bâtiment sera ouvert 24h/24 et 7j/7 avec en permanence une équipe pédagogique et une équipe technique à disposition des étudiants.

Une sélection par l’immersion

Et 42 commence tout de suite. Xavier Niel propose à tous ceux qui le souhaitent - entre 18 et 30 ans, pour l’instant - de s’inscrire sur le site. Pas d’exigence de diplôme ou de formation, mais une première sélection en ligne par des questions, des jeux. Les 4 000 candidats retenus au bout de ce premier filtre passeront ensuite un mois plongé dans une "piscine" de projets d’informatique technique dès cet été. Période au bout de laquelle 1 000 d’entre eux seront sélectionnés pour intégrer 42 en novembre. En fonction des individus, le cursus durera entre trois et cinq ans.

Répondre à une urgence

Gratuite pour ses étudiants, 42 repose sur une organisation à but non lucratif essentiellement financée par Xavier Niel pour l’instant. 20 millions d’euros ont permis le démarrage de la structure et elle disposera de 50 millions d’euros pour les 10 prochaines années.

Pourquoi un tel investissement ? Xavier Niel explique qu’il y a urgence, comme le  rappellent régulièrement tous les acteurs du numérique et de l’informatique dans le monde. Alors que le chômage plombe les économies, ces employeurs cherchent souvent en vain les informaticiens correspondant à leurs besoins. Des techniciens d’excellence capables de fonctionner dans le monde du numérique. Mais alors que l’Europe a décidé de répondre avec une très complexe Grande coalition pour l’emploi numérique, Xavier Niel, lui, a décidé de s’attaquer directement au problème. " Nous sommes en retard sur certains projets à cause de l’absence de ce type de profils. "

Emmanuelle Delsol

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