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Avec le casque de réalité augmentée HoloLens, ThyssenKrupp veut créer un technicien 4.0

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Cas d'école Le casque de réalité augmentée de Microsoft, HoloLens, arrive en France et dans cinq autres pays dès novembre 2016. L'éditeur américain met en avant son potentiel sur les marchés professionnels, et notamment dans l'industrie, au travers du cas de ThyssenKrupp Elevator, fabricant d’ascenseurs.

Avec le casque de réalité augmentée HoloLens, ThyssenKrupp veut créer un technicien 4.0
Avec le casque de réalité augmentée HoloLens, ThyssenKrupp veut créer un technicien 4.0 © Thyssen Krupp

L’annonce de la sortie d'HoloLens en France (et dans 5 autres pays) s’est accompagnée d’une présentation à Londres de plusieurs cas d’usages du casque de réalité augmentée, dont le plus impressionnant était sans conteste la réparation d'un interrupteur électrique avec l'assistance d'un expert par visioconférence. Le fabricant d’ascenseurs ThyssenKrupp était également présent pour parler de son utilisation du casque. Celle-ci s’inscrit dans la continuité de son partenariat avec Microsoft dans le cloud (mise en place du service de maintenance préventive MAX).

 

Machine Learning et réalité augmentée pour créer un Technicien 4.0

Les ascenseurs sont le moyen de transport le plus utilisé au monde, mais ils nécessitent une maintenance soutenue. "Nous installons 300 000 ascenseurs par an au Royaume-Uni, mais dans la même période il y a un million de rappels, explique Javier Sesma Sánchez, le directeur général de ThyssenKrupp Elevator. Au total, il y a chaque année 190 millions d’heures où nos appareils sont indisponibles à l’échelle mondiale." L’objectif de ThyssenKrupp est de réduire ces chiffres de 50%, tout en conservant la même base de 20 000 techniciens. Le premier pan de ce projet est la maintenance préventive, déjà mise en place avec Microsoft. La deuxième aspect est l’utilisation d’HoloLens pour réduire les temps d’intervention.

 

"Grâce à HoloSkype, le technicien bénéficie de l’aide d’un ingénieur à distance, tout en gardant les mains libres, reprend Javier Sesma Sánchez. La maintenance devient non seulement plus rapide, mais aussi plus sûre." L’expert à distance voit tout ce que voit le technicien, et peut lui indiquer des éléments comme s’il était à côté de lui. Besoin d’expliquer des choses en détail ? Il peut facilement dessiner sur le monde réel, par exemple entourer un outil ou un élément étrange, ou indiquer quel chemin doit suivre un câble qu’il faut poser. "Nous appelons ça le technicien 4.0, s'enthousiasme le dirigeant. Un cas de figure typique qui prenait 2 heures jusqu’ici ne prend plus que 20 minutes. Parfois il fallait même envoyer des spécialistes sur place par avion. Et pour ce cas spécifique, c’était la première fois que le technicien se servait du casque, ce qui démontre sa simplicité d’utilisation."

 

 

Un déploiement très progressif

ThyssenKrupp dispose pour le moment de 50 HoloLens, qui lui ont été fournis gracieusement par Microsoft. Un projet pilote a été annoncé le 15 septembre 2016 au World Trade Center de New York. Le déploiement sera ensuite progressif à mesure qu'HoloLens deviendra disponible dans de nouveaux pays. "Nous allons le faire de façon très progressive, détaille Javier Sesma Sánchez. Nos principales succursales et nos plus grandes installations seront équipées les premières. Il faut que cela ait du sens." A plus long terme, ThyssenKrupp réfléchit aussi à une utilisation par ses équipes d’avant-vente (présentation clients) et ses bureaux d’ingénierie (conception), mais rien de concret n’a encore été défini. Javier Sesma Sánchez y voit aussi un fort potentiel dans la formation des employés (manuel interactif) et dans l’assurance qualité.

 

L'industrie en ligne de mire

Le cas ThyssenKrupp est clairement une vitrine pour Microsoft, qui est très impliqué auprès du client. "Nous développons les cas d’usage et créons les applications avec Microsoft", confie Javier Sesma Sánchez. L’objectif est de prouver de façon tangible qu’HoloLens peut être utilisé dans un environnement de production et d’amorcer une tendance auprès des industriels. En effet, Microsoft destine principalement HoloLens au monde professionnel pour le moment, et a su attirer l'intérêt de plusieurs industriels comme Audi, Saab, Volvo, Dassault Systèmes ou même l'agence spatiale américaine, la Nasa.

 

L'avioneur Airbus, dont la filiale Testia est spécialisée dans la réalité augmentée, n'est pas en reste. Il a confirmé dans un communiqué qu'il travaille activement avec Microsoft au développement d'applications pour HoloLens, qu'il les teste dans divers environnements au sein du groupe et qu'il a hâte de partager les résultats de ces projets. De manière générale, si l'enthousiasme pour HoloLens est bien présent, il est clair que la technologie n'en est encore qu'à ses débuts. Mais les industriels savent que prendre de l'avance aujourd'hui leur confèrera un avantage concurrentiel lorsqu'elle arrivera à maturité.

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* Les commentaires postés sur L’Usine Digitale font l’objet d’une modération par l’équipe éditoriale.

1 commentaire

Olivier Rivière

13/10/2016 13h51 - Olivier Rivière

Le raisonnement de Microsoft, identifier des niches dans lequelles cette technologie va apporter beaucoup de valeur, est très intéressant. C'est exactement ce que Google n'a pas su (pas voulu?) faire avec Google Glass. Les industriels intéressés n'étant pas vraiment des amateurs en termes d'innovation, il va être intéressant d'observer les usages qui vont se développer.

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