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Avis aux start-up technologiques, le fonds d'investissement de Samsung arrive en Europe

mis à jour le 12 juillet 2017 à 16H00
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Samsung Next débarque en Europe. Son objectif : débusquer les start-up à la pointe de l'innovation pour mieux y investir, voire pour les racheter. Un à deux investissements auront lieu chaque mois, pour des sommes montant jusqu'à 3 millions de dollars.

Avis aux start-up technologiques, le fonds d'investissement de Samsung arrive en Europe
Felix Petersen, directeur de Samsung Next en Europe © D.R.

Samsung annonce ce 12 juillet l'arrivée en Europe de sa division innovation. Baptisée Samsung Next (anciennement Samsung Global Innovation Center), elle est à la recherche d'innovations technologiques à long terme ("deep tech") et agit dans ce cadre indépendamment des autres entités du groupe.

 

1 à 2 investissements par mois, jusqu'à 3 millions de dollars...

"Notre action comporte trois volets : les investissements, les acquisitions et le développement", explique Felix Petersen, le directeur de Samsung Next en Europe. Les investissements sont puisés dans le fonds de 150 millions de dollars (renouvelé tous les deux ans) que Samsung a annoncé en début d'année, au CES 2017. Il sera commun aux Etats-Unis et à l'Europe. Samsung Next s'intéresse aux jeunes start-up, ses investissements allant de la levée d'amorçage (Seed round) jusqu'au deuxième "vrai" tour de table (Series B). Les sommes investies iront au maximum jusqu'à 3 millions de dollars par levée, et l'entreprise prévoit un à deux investissements en Europe par mois, soit le même rythme qu'aux Etats-Unis. 60 investissements ont été réalisés aux USA jusqu'ici.

 

...Et des rachats en sus

Les acquisitions se font sur un fonds séparé. 15 entreprises ont été rachetées aux Etats-Unis jusqu'à présent, dont notamment Smart Things, qui est désormais au coeur de la stratégie IoT de Samsung, et Loop Pay, qui est depuis devenu Samsung Pay. Le troisième pilier est le développement de produits. "Nous ne sommes pas un incubateur, précise Felix Petersen, mais nous voulons pouvoir créer des prototypes, expérimenter en amont. Cela nous permet d'apprendre, voire de tester d'éventuels business models."

 

Dénicher la prochaine "disruption"

Les technologies qu'elle recherche s'appellent blockchain, réalité virtuelle et augmentée, intelligence artificielle, véhicules connectés, smart home, smart cities ou e-santé. "Nous recherchons des innovations au potentiel disrupteur ou transformateur d'ici 2 à 10 ans, reprend Felix Petersen. Nous n'investirons pas dans une start-up d'e-commerce ou dans un Blablacar." Elle se concentre par ailleurs sur les logiciels et les services, pas le matériel. "Nous ne sommes pas opposé à ce qu'il y ait une composante hardware, mais la valeur ajoutée doit provenir du logiciel ou du service. Autrement il existe déjà Samsung Ventures qui investit dans des entreprises à des stades de développement plus avancés, ainsi que dans des innovations comme de nouveaux types de verre pour l'écran des téléphones."

 

Samsung convoite l'Europe (et la France)...

Le siège européen de Samsung Next sera à Berlin, ce qui en fait le sixième bureau ouvert dans le monde, après Suwon (Corée), San Francisco, New York, Mountain View et Tel Aviv. Des bureaux additionnels à Paris, Londres, Stockholm ou encore Amsterdam devraient arriver l'année prochaine, d'après Felix Petersen. "Nous serons présents sur la plupart des marchés européens, car le plus dur en Europe c'est d'avoir des gens sur le terrain. Aux Etats-Unis par comparaison on bénéficie de la forte concentration géographique, il suffit de connaître les 200 personnes qui comptent dans la Silicon Valley. Paris est en haut de notre liste, et faisait partie des trois villes en lice pour installer notre siège."

 

Le dirigeant, d'origine allemande, ne tarit pas d'éloge sur la stratégie française actuelle. D'un milieu "intéressant mais compliqué à intégrer", la capitale française est devenue pour lui "partie intégrante de l'écosystème européen". De manière générale, il voit les années à venir comme porteuses d'une grande opportunité pour l'Europe. "La première vague de digitalisation était un objectif facile à atteindre, pour lequel les Etats-Unis ont pu tirer parti de leur marché intérieur. La prochaine vague sera beaucoup plus complexe. Elle touchera les industries traditionnelles : manufacture, automobile, agriculture, luxe... L'Europe, et notamment l'Allemagne et la France, y ont des cartes à jouer." Il se prend même à rêver d'une fin aux oligopoles américains sur les données grâce aux avancées de la blockchain et des réglementations comme le GRPD.

 

...Et veut combler l'absence des GAFA

Cette arrivée en Europe est aussi pour le Coréen une stratégie d'occupation du territoire face aux Américains. "Nous voulons faire de Samsung un acteur très sérieux en Europe. Je ne vais pas citer de noms, mais beaucoup d'entreprises lancent des 'centres d'innovation' qui ne sont en vérité que des coups marketing. Ce n'est pas notre cas. Aux Etats-Unis, les fondateurs de start-up peuvent nouer des relations avec Google ou Facebook dès la création de leur entreprise. Ici c'est plus difficile, les grands acteurs américains sont moins actifs. Nous voulons combler ce vide."

 

S'appeler Samsung est une aide certaine. "Nous pourrons mettre des experts à disposition des start-up qui le souhaitent. Nous en avons les ressources. On ne va pas leur promettre d'inclure leur app par défaut sur le prochain Galaxy S, mais on les aidera à accéder à l'écosystème Samsung et à notre réseau de distribution en Corée et ailleurs."

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