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Big data business

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Les premiers bénéficiaires du nouveau marché que représentent le big data sont les géants du net. Mais les industriels, y compris français, sont aussi sur les rangs.

Big data business
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Le big data ! On pense souvent le sujet réservé aux grands groupes américains du numérique. Mais les entreprises de l’énergie, des télécoms, de l’agroalimentaire, de la cosmétique, de la pharmacie en profitent déjà, ou envisagent d’en profiter. Et pour cause. D’ici à 2020, le big data devrait représenter près de 1 000 milliards d’euros de revenus en Europe, selon le Boston Consulting Group. En ciblage marketing, mais aussi en réduction de coûts de maintenance, en invention de services, de produits ou de business models.

Les Google, Amazon, Facebook et Netflix restent les premiers à tirer bénéfice du big data, dont ils ont inventé le business model. Google réalise 95 % de son chiffre d’affaires avec de la publicité monétisée grâce aux données sur ses usagers. Le pure player français Criteo a, lui aussi, bâti son activité sur la vente de services d’exploitation des données des internautes… Le big data fait le bonheur d’éditeurs de logiciels comme Oracle, SAP, IBM, HP et SAS Institute. À eux seuls, les fournisseurs informatiques ont tiré plus de 18 milliards de dollars (13 milliards d’euros) de revenus de ces activités en 2013.

Les industriels des biens de consommation, confrontés directement à leurs clients, ont compris l’intérêt de collecter et de corréler la manne d’informations que tout un chacun partage en ligne. Et ceux qui passent par des distributeurs ont aussi tout à gagner à ne pas laisser le champ à leurs seuls intermédiaires. S’appuyer sur les médias sociaux pour mieux cibler son client devient de plus en plus courant. Nestlé, Procter & Gamble et Dell ont mis en place des "war rooms" qui scrutent la toile, pour éviter les mauvais buzz et mettre leur R&D à l’écoute du marché.

Rendre les données accessibles

En Grande-Bretagne, les trois plus importants opérateurs de télécoms – EE, Telefónica et Vodafone – ont constitué une société commune, Weve, pour vendre à des annonceurs les données de leurs clients, comme la géolocalisation. Dans l’industrie, le big data a son "killer app" : la maintenance prédictive. Celle-ci se délecte de données en grand volume d’un tout autre genre que celles du marketing et des médias sociaux. Baptiste Jouffroy, le directeur commercial Europe de GE Industrial Data Intelligence, raconte le projet mis en place sur les plates-formes pétrolières de Total : "Nous collectons en mode centralisé, 24 heures sur 24, les données provenant des compresseurs, des pompes et de tous les équipements". Ces informations sont croisées, corrélées, analysées. Elles permettent au pétrolier d’anticiper les problèmes cinq à six mois à l’avance et d’éviter les accidents, les interventions en hélicoptère, mais aussi les arrêts de la production.

Des projets équivalents sont en cours chez EDF, GDF Suez et GRTGaz. Total devrait aller plus loin, en intégrant ses données dans un cloud public pour qu’elles soient croisées avec celles d’autres entreprises exploitant les mêmes machines, et rendre le diagnostic préventif plus précis. "Les entreprises réalisent que la meilleure façon de valoriser leurs données consiste parfois à les sortir de l’entreprise", confirme Didier Kirszenberg, le directeur du programme big data chez HP France.
 

A lire aussi : notre dossier "Big data : un précieux maillon dans la stratégie des entreprises"

 

La valeur du big data dans l’industrie réside dans la réduction des coûts de maintenance et des arrêts de production et la vente de données. Mais elle provient aussi de services imaginés par l’entreprise. Depuis 2012, John Deere équipe de capteurs ses tracteurs et autres matériels agricoles pour développer la maintenance préventive, mais aussi pour faire communiquer les machines entre elles afin d’optimiser le traitement d’un champ, par exemple. Les agriculteurs, les concessionnaires, les consultants peuvent se servir de ces données. L’industriel testerait même l’installation de capteurs dans des champs expérimentaux pour traquer les informations sur l’hygrométrie, l’ensoleillement…

"L’une des choses qui change avec le big data, c’est la capacité des entreprises à raisonner en capteurs de données, au sens générique du terme – capteurs électroniques, mais aussi call centers, forums, souligne Didier Kirszenberg. En allant jusqu’à intégrer en interne des données que l’on n’avait pas."

Emmanuelle Delsol

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