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Busit veut relier services web et objets connectés en mettant l'accent sur la sécurité

mis à jour le 05 décembre 2014 à 14H50
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La start-up française Busit veut devenir le hub de référence des objets connectés. Cette plate-forme open source, lancée le 1er septembre, dispose déjà de 200 échangeurs de données permettant de faire interagir des objets connectés et des applications web.

Busit veut relier services web et objets connectés en mettant l'accent sur la sécurité
Busit veut relier services web et objets connectés en mettant l'accent sur la sécurité © Busit - capture web

Pour tirer parti de ses objets connectés, qu'ils soient portés sur soi, installés à la maison ou dans son véhicule, il faut parvenir à les faire communiquer ensemble et créer des chaines d'événements. Exemple d'un scénario possible : quelques minutes avant que mon réveil intelligent choisisse le bon moment pour m'extraire du sommeil, les stores de ma chambre se lèvent légèrement, la cafetière se déclenche, mon thermostat connecté augmente légèrement la température (baissée durant la nuit), un résumé des e-mails reçus depuis la veille apparaît sur ma tablette,... Ce qui ressemble encore à de la science-fiction, faute d'outils permettant de contrôler l'ensemble de ses objets connectés et services web, est en passe de devenir réalité.

Apple, Google, Facebook ont pour ambition d'imposer leur propre écosystème. Mais des acteurs alternatifs veulent bâtir des tableaux de bord universels. IFTTT (IF This Then That) permet déjà de créer des cascades d'événements et propose de relier 130 services et objets connectés.

 

Retrouvez notre analyse : Box, services cloud, protocoles, trois leviers pour unifier l'Internet des objets

 

deux postulants français

En France, la start-up Wicross est dans les starting-blocks pour proposer ce type de plate-forme. Mais elle est devancée par une autre jeune pousse française : Busit, qui a lancé le 1er septembre sa "plate-forme de communication universelle".

Derrière cette société se trouve l'équipe de l'hébergeur associatif Olympe, un service gratuit et open source. Ses trois fondateurs veulent appliquer la même ouverture à l'univers des objets connectés. "On veut permettre aux utilisateurs de sortir de l'enfermement lié à chaque constructeur d'objet, leur donner les moyens de choisir et d'utiliser le device de leur choix avec un outil universel", résume Samuel Hassine, CEO de Busit.

priorité à la sécurité

Sur la plate-forme de communication conçue par Busit, les données transitent mais ne sont pas stockées. "Elles sont chiffrées de bout en bout avec une clé unique, générée pour chaque profil utilisateur", explique le co-fondateur. Fabricants et développeurs sont invités à créer des "connecteurs" pour créer des taches liées à un service ou à un objet (relever ses e-mails, contrôler sa lampe connectée, envoyer un SMS dans un contexte précis,etc.). Les utilisateurs peuvent ensuite piocher dans ces tâches et les associer entre elles pour créer des cascades d'événements.

La plupart du temps, ils peuvent piocher gratuitement dans la bibliothèque de connecteurs, mais leurs concepteurs peuvent choisir de les rendre payants. Dans ce cas, Busit prélève 20% de la somme touchée par le développeur.

Busit compte également gagner sa vie en développant des connecteurs spécifiques, à la demande, pour des entreprises. La solution pourrait être adoptée par des industriels pour automatiser différentes tâches et contrôler les chaînes de production, par exemple. "Notre bus [système de communication partagé entre plusieurs composants d'un système numérique, ndlr] peut d'ailleurs être déployé localement pour des données sensibles", précise Simon Uyttendaele, responsable technique de Busit.

grandes ambitions

La plate-forme, disponible en version beta sur le web et via une application Android, revendique aujourd'hui 40 000 testeurs, et s'appuie sur une communauté de 200 développeurs ayant déjà créé 200 connecteurs. D'ici un an, la start-up veut bâtir une solide communauté, avec 1 million d'utilisateurs (dont la moitié aux Etats-Unis), 2000 connecteurs, 200 développeurs. Des objectifs particulièrement ambitieux alors que le taux d'adoption des objets connectés au sein de la population est encore faible

L'équipe de Busit s'envolera pour Las Vegas en janvier pour promouvoir sa plate-forme au CES, le Salon annuel de l'électronique.

Sylvain Arnulf

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