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CDAISI, à l'école des hackers éthiques

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Vingt-quatrième épisode de notre série sur les écoles du numérique : la licence professionnelle "Collaborateur pour la défense et l'anti-intrusion des systèmes informatiques" de l'IUT de Valenciennes. Elle forme des étudiants à un hacking qui se veut "éthique", spécialistes de sécurité informatique "offensive" pour la protection des systèmes informatiques des entreprises.

CDAISI, à l'école des hackers éthiques
CDAISI, à l'école des hackers éthiques © Dalo_Pix2 - Flickr - C.C.

"Collaborateur pour la défense et l'anti-intrusion des systèmes informatiques". L'intitulé d'une fiche de poste émanant de la Direction centrale du Renseignement intérieur ? Non. L'option de licence professionnelle universitaire depuis la rentrée 2008, à l'IUT de Valenciennes.

Franck Ebel, l'initiateur et actuel directeur de la licence CDAISI, lui préférait "Ethical hacking", ou hacking éthique. Un peu trop "geek" et synonyme de piratage informatique pour les hautes instances ministérielles, confie-t-il.

70 % des enseignants issus du monde de l'entreprise

Six promotions plus tard, la licence tourne à plein régime, avec deux groupes d'une vingtaine d'étudiants chacun, en formation initiale et continue (alternance), amenés à devenir des professionnels de la sécurité informatique dite offensive.

L’école en quelques chiffres

Licence professionnelle Systèmes informatiques et logiciels, option "Collaborateur pour la défense et l'anti-intrusion des systèmes informatiques" (CDAISI)

Date de création : 2008

Recrutement : après DUT ou licence 2

Durée des études : 1 an

Diplôme : licence professionnelle

Salaire de sortie : entre 15 et 25% de plus qu'un étudiant en informatique générale à diplôme égal

Nombre d’élèves en 2013-2014 : 24 en formation initiale, 18 en formation continue

Localisation : IUT de Valenciennes, antenne de Maubeuge (Nord)

Durée obligatoire des stages : 12 semaines de stage minimum (60 jours)

"Le programme a été construit avec des professionnels dans le domaine", raconte Franck Ebel, lui-même spécialiste de la lutte anticybercriminalité. "70 % des enseignants de la licence sont des intervenants issus du monde de l'entreprise", décrit le directeur, épaulé par des cadres des sociétés phares du secteur comme Atheos, Sysdream ou Sogeti.

Le cursus est unique en France, voire en Europe. L'intérêt de plus en plus croissant des entreprises pour la cybersécurité et la protection de leurs données a motivé sa création. "Il y a de plus en plus d'attaques informatiques dans les grands groupes, au plus haut niveau de l'Etat, et donc d'attention médiatique autour de ce phénomène", justifie Franck Ebel, qui souligne que la licence CDAISI est "complètement à part" parmi les formations en sciences informatiques généralistes.

rareté du profil et double compétence en hacking

A "pirater", la licence CDAISI préfère les termes "auditer", "optimiser", "sécuriser" les systèmes informatiques. Des étudiants qui apprenent à devenir des hackers et à gagner leur vie grâce à ça, mais "de manière éthique", précise le directeur.

"J'ai toujours été passionné par le hacking. Plus jeune, je trouvais ça fou que des grandes entreprises ou même la Nasa puissent être attaquées si facilement. Mais ça ne m'a jamais intéressé d'apprendre à pirater pour nuire", confirme Nicolas Dupoty, étudiant en licence CDAISI (lire ci-dessous).

Passionnés de sécurité informatique, les élèves viennent chercher un diplôme qui leur ouvre des postes d'auditeurs en sécurité informatique, de développeurs, de spécialistes réseau. La rareté du profil et la double compétence en hacking leur permettront de gagner de 15 à 25 % de plus que des diplômés en informatique générale, selon Franck Ebel.

"Aujourd'hui, l'informatique est devenue chic", assure Nicolas Dupoty. Preuve que la licence a gagné ses galons tant au niveau académique que professionnel : le revirement du ministère de l'Enseignement supérieur, qui demande aujourd'hui à l'établissement de communiquer sur l'aspect "hacking éthique" du cursus avant d'officiellement changer son nom.

Elodie Vallerey

"L'informatique, c'est devenu chic"
Nicolas Dupoty, 25 ans, en formation continue (en alternance dans une entreprise de sécurité informatique

"J'ai toujours été passionné par l'informatique. J'étais déjà derrière un ordinateur à l'âge de trois ans ! Mon parcours est atypique : je suis sorti très tôt du système scolaire, sans même le brevet des collèges. Je travaillais en intérim quand j'ai entendu parler de cette licence professionnelle, qui correspondait exactement à ce que je voulais faire dans la vie. J'ai repris mes études dans ce but, et après un DAEU (diplôme d’accès aux études universitaires) et un DUT Informatique, j'ai intégré la licence en formation continue, en alternance dans une société de sécurité informatique spécialisée dans la protection des systèmes industriels. L'informatique, c'est devenu chic, mais il faut être très motivé car on nous enseigne des matières très techniques. J'ai la chance de faire un métier qui me passionne et qui est de plus en plus recherché par les entreprises. Il y a tellement d'affaires de piratage informatique, de vol des données, que les entreprises courtisent des profils spécifiques comme les nôtres".

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La gare numérique

03/11/2014 19h39 - La gare numérique

Retrouvez les professeurs de la CDAISI chaque mercredi de 17h00 à 19h00 à la gare numérique de Jeumont (59) lors d'ateliers GRATUITS d'initiation à l'ETHICAL HACKING animé par l'association ACISSI.

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