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Ce qu'il ne faut pas attendre du CES 2016

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Grand rendez-vous annuel de l'électronique à l'origine, le CES de Las Vegas s'est mué en plate-forme d'innovation plus large à laquelle participent des acteurs de tous les secteurs, exposants et visiteurs. Jean-Laurent Poitou, responsable mondial de la stratégie et du développement pour le secteur Télécoms, Média & Technologie au sein d'Accenture, livre des clés sur ce qu'il faut espérer (et ne pas attendre) de l'édition 2016, qui débute le 6 janvier.

Ce qu'il ne faut pas attendre du CES 2016
Ce qu'il ne faut pas attendre du CES 2016 © CES

Las Vegas, ce sont les néons, les paillettes, le show, la démesure… Mais cette année, un peu moins de rêve, beaucoup plus de sérieux. Le contexte international troublé et le renforcement drastique des mesures de sécurité affecteront évidemment l'ambiance générale du salon. Mais ce recentrage vers moins de futilité et de spectacle illustre aussi une tendance de fond pour l'industrie.

 

MOINS DE FUN

"Le salon va voir émerger  des usages moins centrés sur le divertissement, les loisirs, et beaucoup plus sur la sécurité, la santé, annonce Jean-Laurent Poitou d'Accenture. Cela répond à un besoin de protection, de sécurité". Le salon dispose pour la première fois d'une section "privacy" (protection de la vie privée) avec un peu plus de 80 exposants.

 

Ce phénomène démontre aussi que les grands acteurs de l'électronique cherchent des moyens de se diversifier et de nouveaux gisements de croissance. "Quand on a saturé les usages les plus répandus (TV, musique), on regarde des marchés plus ciblés, les prochaines niches", décrypte l'analyste.

 

 

Jean Laurent Poitou d'Accenture

 

C'est aussi une sortie de l'adolescence pour le numérique et l'électronique, qui s'inscrivent davantage dans le quotidien. "Il y a une dimension plus pratique : c'est le numérique qui nous épargne des taches fastidieuses", résume Jean-Laurent Poitou. De ce point de vue, l'émergence d'objets connectés réellement intelligents, grâce à l'apport de l'intelligence artificielle, va marquer une rupture. Le CES assume aussi son début de virage vers le B2B, puisque une section sera pour la première fois dédiée aux "Solutions pour entreprises".

 

Pas (encore) de révolution du nouveau hardware

L'internet des objets, les drones, la réalité virtuelle vont encore gagner du terrain… mais pas assez pour détrôner les catégories traditionnelles de l'électronique grand public. "Il y a eu des années où le CES était dominé par une innovation technologique : la TV 3D, les wearables, les tablettes… Cette année, aucune catégorie de produit ne va se détacher, prévoit l'analyste. "Les catégories nouvelles (automobile, réalité virtuelle et augmentée, drones) vont grossir, mais ne compenseront pas la baisse des quatre catégories reines de l'électronique (smartphones, tablettes, ordinateurs, TV). Leur chute s'accélère. Les pourcentages d'augmentation des nouvelles catégories sont spectaculaires, mais les volumes en jeu n'ont rien à voir. Par exemple, le segment "Casques de réalité virtuelle" sera multiplié par cinq en 2016, mais on parle d'un million d'unités au total. C'est l'épaisseur du trait par rapport aux centaines de millions de produits des catégories reines qui s'écoulent chaque année".


Pas de disruption technologique : la rupture est dans les services

Le CES n'est plus depuis longtemps le rendez-vous d'où sort une innovation technologique totalement inattendue. D'ailleurs, les grosses annonces produits des géants de l'électronique se font plutôt au Mobile World Congress de Barcelone où lors d'événements "maison".

 

"On vient moins au CES pour les innovations de produits, on attend plus des innovations de services et d'usages, résumé Jean-Laurent Poitou. Les produits ne valent que pour ce qu'ils permettent de faire. Certaines technologies qui "émergent" sont en fait là depuis longtemps : l'innovation est qu'ils deviennent disponibles facilement grâce à la baisse des prix et à la miniaturisation". Raison pour laquelle le CES intéresse toutes les industries.

 

"Le CES n'est pas un lieu où l'on fait du business, où l'on signe des contrats (comme dans les grands rendez-vous de aéro)", rappelle le dirigeant d'Accenture. C'est plutôt un accélérateur de rencontres et d'innovations. "On s'y rencontre, se connaît, se découvre, on communique. Tous les secteurs sont concernés: chacun veut comprendre ce que l'innovation numérique peut changer dans son secteur".

 

Les Français ont bien compris cette évolution et viennent nombreux, depuis quelques années, comme visiteurs et exposants, pour puiser des idées qui alimentent leur réflexion à long terme.

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