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Cegid bascule à fond dans le cloud

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Cegid bascule à fond dans le cloud © D.R. - Cegid

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L’éditeur lyonnais de logiciels de gestion Cegid accélère sa transformation vers les services de location d’applications en ligne. En 2013, ce modèle de distribution de logiciels dans le cloud devrait l’emporter sur son modèle traditionnel de vente de licences.

L’année 2013 s’annonce comme un tournant pour Cegid. L’éditeur lyonnais de logiciels de gestion devrait voir les revenus de ses services de location de logiciels en ligne, connus sous le sigle SaaS (Software as a Service), dépasser pour la première fois ses ventes traditionnelles de logiciels sous forme de licences. En 2012, ses services SAAS ont représenté un chiffre d’affaires de près de 27 millions d’euros, en progression de 35%, contre près de 33 millions d’euros pour ses ventes de licences, en retrait de 15,6% par rapport à 2011. "Compte tenu de ces rythmes d’évolution, les deux courbes vont vraisemblablement se rejoindre cette année", prévoit Patrick Bertrand, directeur général de Cegid.

100% SaaS, un rêve

Jusqu’où ira cette activité de cloud ? "Notre rêve est de devenir un fournisseur dédié à 100% aux services SaaS", lance Patrick Bertrand avec une pointe d’humour, tout en relativisant cette perspective par l’analyse du cabinet Gartner selon laquelle les entreprises conserveront à terme 30% de leurs achats de logiciels en mode licence.

Un cloud privé signé IBM

En tout cas, Cegid accélère son virage vers le cloud en investissant 800 000 euros dans un nouveau cloud privé managé par IBM. L’éditeur n’exclut pas de s’ouvrir dans l’avenir au cloud public en passant par les services de Cloudwatt ou Numergy, deux sociétés de services d’infrastructure de cloud public créées en 2012 avec la participation financière de l’Etat. Cette transformation, entamée il y a 5 ans, ne se fait pas sans une certaine douleur. D’ailleurs, malgrè le bon résultat de l’activité SaaS, le chiffre d’affaires de 2012 a reculé de 2,2% à 258 millions d’euros. Ceci en partie à cause du changement de modèle engendré par le passage au cloud.

Avec la migration vers les services SaaS, les revenus de licences traditionnelles, payées une fois pour toute, sont remplacés par des revenus plus faibles mais étalés dans le temps (au moins trois ans). Mais à long terme, le modèle de cloud est plus bénéfique car il garantit des revenus plus stables et plus récurrents. "Nous avons pris toutes les précautions nécessaires pour supporter ces perturbations financières temporaires liées au changement de modèle", confie Jean-Michel Aulas, président de Cegid.

Le deuxième éditeur français de logiciels (après Dassault Systèmes) revendique 75 000 clients pour ses services SaaS, qui offrent aujourd’hui près d’une centaine de logiciels sur abonnement via Internet. Combien d’entre eux sont-ils des anciens clients en mode licence classique ? "Trop !", plaisante Jean-Michel Aulas, qui préfère utiliser les services cloud pour capter de nouveaux clients qu’il n’aurait pas par le mode traditionnel de vente de licences.

Cloud, passeport pour l’international

Cegid, qui compte aujourd’hui 2000 personnes, mise aussi sur le cloud pour se développer davantage à l’international qui a représenté 15 millions d’euros de revenus en 2012, en augmentation de 26%. La part du SaaS atteint 5% des recettes provenant de ce poste, contre 10% pour l’ensemble du chiffre d’affaires en 2012. "C’est grâce au SaaS que nous avons pu gagner nos premiers clients dans des pays comme le Brésil, la Russie ou les Emirats arabes unis", confie Jean-Michel Aulas. Et le potentiel de développement reste important. Patrick Bertrand espère porter le chiffre d’affaires à l’international entre 30 et 40 millions d’euros dans 5 ans. Toujours grâce au cloud.

Ridha Loukil

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