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CES 2016 : Engie, OVNI au milieu des start-up

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Engie est le seul grand groupe à exposer à l'Eureka Park, la section du CES dédié aux start-up. Erreur d'aiguillage ? Pas du tout, explique son directeur de l'innovation.

CES 2016 : Engie, OVNI au milieu des start-up
CES 2016 : Engie, OVNI au milieu des start-up © Sylvain Arnulf - L'Usine Digitale

Au CES, la section réservée aux start-up est l'Eureka Park. Il ne faut pas se fier à ses allures de hangar industriel et à l'alignement de box minuscules, façon foire : l'endroit est particulièrement couru, peut être même plus fréquenté que les grands halls des géants de l'électronique.

 

C'est ici que le groupe Engie a décidé de s'installer pour sa première participation au CES, et non à l'étage du dessus, où l'on retrouve par exemple La Poste et d'autres acteurs de même taille. Et ce n'est pas un hasard. "Notre volonté était d'être au milieu des start-up, pour mieux mettre en avant celles que nous accompagnons, explique Stéphane Quéré, directeur innovation du groupe. Pour une première, on ne voulait pas d'un vaisseau spatial imposant mais d'une présence modeste". Des membres d'Engie étaient venus en repérage un an plus tôt et la décision de participer à l'édition 2016 a été prise début 2015. L'expérience sera évaluée "à froid" après le salon mais d'ores et déjà, les équipes d'Engie se voient bien revenir en 2017.


Innovation externe...

Au CES, même si la marque Engie est bien visible (sa filiale américaine de distribution d'énergie adoptera bientôt ce nom, dans une logique de branding global), elle s'efface derrière les start-up avec lesquelles elle travaille. Trois quarts du stand sont en effet réservés aux jeunes pousses avec lesquelles l'entreprise collabore. L'occasion pour Engie de présenter un panel représentatif de ses différents modes d'innovation : partenariats stratégiques, rachats, investissements.

 

Il y a donc dans cette sélection des start-up dans lesquelles Engie a investi, comme le français Sigfox (qu'on ne présente plus) ou l'américain Tendril, qui analyse les données des clients des fournisseurs d'énergie. Le groupe français va l'aider à adapter son produit au marché européen. On trouve aussi une entreprise que le Français a racheté : l'ETI américaine Ecova, née dans l'Etat de Washington. Sa solution de management énergétique, avec un logiciel permettant à des entreprises de visualiser la consommation de multiples sites, a tapé dans l'œil d'Engie. Mais Ecova garde une certaine indépendance. "Engie nous a dit : continuez à faire ce que vous faites, mais ils nous permettent de nous projeter dans le monde entier, de façon globale. On pense ainsi s'étendre en Europe et en Amérique du sud", précise Jason Pegg, senior director product management.

 

Autre invité d'Engie : AMS, dans lequel il a investi 6 millions de dollars en septembre 2015. Il s'agit d'un spécialiste du stockage d'énergie par batterie dans des parcs de bâtiments. Cet acteur crée, en quelque sorte, des smart grids privés pour soulager le réseau électrique lors des pics de demande, une façon de faire baisser la facture énergétique de ses clients. Un sujet porteur aux Etats-Unis, avec le succès des systèmes de stockage de Tesla, et qui devrait bientôt monter sur le vieux continent.

 

... et interne

Le Français a aussi réservé une place à son innovation interne. Un dashboard énergétique est présenté par sa marque américaine Think Energy, ainsi qu'un thermostat intelligent développé par sa filiale française Ecometering et qui sera commercialisé sous la marque Homni. Sa particularité : en plus du boîtier à installer sur sa chaudière (fourni en marque blanche par un leader français du secteur), le système comprend un lecteur intelligent à fixer sur son compteur de gaz. L'interface lie alors automatiquement température, niveau de confort et facture énergétique. "On peut donc piloter sa consommation non plus en décidant de la température que l'on souhaite mais du prix que l'on veut payer, et cela en temps réel", explique Florent Bergeret, directeur produit et services d'Ecometering. Le produit pourrait être proposé dans le courant de l'année par Engie à ses clients. Et cela n'a rien d'incompatible avec les partenariats commerciaux qui lient le groupe à des entreprises concurrentes d'Homni, comme Netatmo et Nest, assurent les membres de la start-up interne.

 

Appels à projets, hackathons et investissements

Tous ces projets internes et externes sont le fruit de la politique d'innovation menée par le groupe, dont le CES n'est qu'une vitrine. "Nous avons lancé une vingtaine d'appels à projets thématiques ces dernières années, toujours en partant des besoins métiers de nos filiales", explique Stéphane Quéré. Le groupe organise également des hackathons et dispose depuis 2014 d'un bras armé pour l'investissement dans les start-up, Engie New Ventures, qui dispose depuis janvier 2015 d'une équipe dédiée dans la Silicon Valley. Ce fonds prévoit "4 à 5 nouvelles prises de participation minoritaires" en 2016, annonce le responsable innovation. Certaines de ces start-up seront peut-être repérées par Engie lors de ce CES. Des têtes chercheuses du groupe parcourent en effet le salon à la recherche de nouvelles pépites…

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