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CES 2016 : Toyota veut se réinventer grâce à l'intelligence artificielle

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Toyota a donné des détails sur son nouvel Institut de recherche dédié à l'intelligence artificielle, doté d'1 milliard de dollars, lors du CES 2016. La marque automobile veut s'appuyer sur l'IA pour aller sur de nouveaux marchés au-delà de son cœur de métier et repenser la mobilité... jusque dans les maisons.

CES 2016 : Toyota veut se réinventer grâce à l'intelligence artificielle
CES 2016 : Toyota veut se réinventer grâce à l'intelligence artificielle © Toyota

Pour Toyota, l'intelligence artificielle, ce n'est pas qu'un "simple" enjeu technologique, c'est un levier pour réinventer son business en profondeur. Le constructeur nippon, qui est redevenu numéro 1 mondial après les déboires de Volkswagen fin 2015, l'a affirmé haut et fort lors de la journée presse du CES, le 6 janvier.

 

Toyota, ambitieux mais humble

Mais le Japonais ne prétend pas, comme certains de ses concurrents, que des véhicules totalement autonomes seront prêts à rouler dans un futur proche. "Nous avons progressé ces cinq dernières années, mais nous sommes encore loin de la ligne d'arrivée, reconnaît Gil Pratt, le patron (issu de la Darpa) de la toute nouvelle entité de R&D "Toyota Research Institute" (TRI) qui planche sur le sujet. Les démonstrations que vous verrez au CES ne fonctionnent qu'à des vitesses précises, dans des conditions météo et de trafic particulières. Les prototypes ont été relativement faciles à mettre au point car ce sont des conditions de conduite 'faciles'. Or, on a besoin d'assistance à la conduite lorsque conduire devient difficile, et c'est là que ça se corse."

 

Car ce sont évidemment les imprévus qui sont les plus difficiles à appréhender pour les véhicules autonomes. "Que se passe-t-il si des débris s'échappent d'un camion devant moi. Comment faire réagir le véhicule ? Doit-il considérer les débris comme des véhicules ? Comme des piétons ? Quelle 'attitude' adopter en quelques fractions de secondes ?, s'interroge Gil Pratt. Ce sont ces situations, et toutes celles qu'on ne peut pas prévoir, qui vont être difficiles à traiter."

 

Un institut de recherche richement doté

Toyota a donc créé un laboratoire de R&D, sur deux sites aux Etats-Unis, pour plancher sur ces questions en partenariat avec des universités (Stanford et le MIT pour débuter). Trente projets de recherche sont déjà lancés. L'entreprise a investi 1 milliards de dollars dans ce nouvel institut, ce qui a permis à Gill Pratt de s'entourer de pointures comme l'ancien patron des Bell Labs Larry Jackell, qui sera le référent en matière de machine learning, et Eric Krotkov senior research scientist de la Darpa embauché comme COO. Une dizaine d'ingénieurs et de chercheurs ont été recrutés. Yann le Cun, le Français à la tête du labo IA de Facebook, fait partie du board de consultants extérieurs.

 

Ce nouveau laboratoire ne limitera pas ses recherches à l'industrie automobile mais tentera de faire avancer la mobilité dans tous les secteurs. "Dans les pays, dans les rues et dans les maisons", résume Gill Pratt. Cela ne veut pas seulement dire que les voitures et les maisons communiqueront davantage, comme le pensent Ford et Amazon par exemple. Mais que les avancées technologiques permises par les véhicules autonomes profiteront à d'autres segments de l'industrie. Toyota se donne d'ailleurs pour mission de développer l'accès à la mobilité pour tous, personnes âgées et handicapées compris, et partout. Les algorithmes de ses véhicules pourront donc servir à créer des robots domestiques et des objets très éloignés de l'automobile. "Et qui sait, il est tout à fait possible que les robots soient pour Toyota ce que les voitures étaient lorsque la marque fabriquait des métiers à tisser, son métier d'origine", prophétise-t-il.

 

des partenariats... mais pas avec d'autres conducteurs

Mais pour y parvenir, si Toyota insiste sur son approche ouverte, pas question pour l'instant de partager ses brevets gratuitement (comme il l'a fait sur les piles à combustible à base d'hydrogène, son annonce phare du CES 2015) ou de collaborer avec d'autres constructeurs. Le TRI travaillera "seulement", dans un premier temps, en lien avec des sous-traitants, fournisseurs, labos de recherche et géants de l'électronique. Il est donc peu probable que Toyota devienne à l'avenir un allié de Google comme Ford l'envisage.

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