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CES 2017 : ce que sont venus chercher le Crédit Agricole et les grands groupes partenaires du Village by CA

mis à jour le 10 janvier 2017 à 22H22
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Non seulement, le Village by CA a invité six start-up sur son espace à l’Eureka Park, mais il a aussi emmené une délégation de 38 personnes au CES 2017 de Las Vegas. Des directeurs du groupe Crédit Agricole, bien sûr, mais aussi quelques partenaires du Village, comme Indosuez, Sodexo, Bouygues Construction, Microsoft ou Bearing Point. Mais pourquoi ces grandes sociétés ont-elles fait le déplacement au salon de l’électronique grand public ?

CES 2017 : ce que sont venus chercher le Crédit Agricole et les grands groupes partenaires du Village by CA
La Délégation du Village by CA de passage sur le stand de Business France au CES 2017 © Stéphanie Mundubeltz-Gendron

La Poste, Engie, Air Liquide, Enedis… et Crédit Agricole. Les grands groupes sont venus en force au CES 2017. Non seulement en exposant des start-up sur leur propre stand mais aussi en délégation. C’est le cas du Village by CA ! Non seulement, la pépinière de start-up a invité six pépites sur son espace à l’Eureka Park, mais elle a aussi emmené une délégation de 38 personnes à Las Vegas.

Au total 8 personnes du groupe  Crédit Agricole, mais aussi 30 autres dirigeants de Sodexo, Microsoft, Indosuez, RCI Banque, BearingPoint… ont fait le déplacement. Mais en quoi le CES peut-il bien intéresser ces sociétés de banque, d’assurance, de construction et de services à la personne, a priori bien éloignées de l’électronique grand public. Plongée au cœur de cette délégation pendant plusieurs heures tout au long du salon, L’Usine Digitale leur a posé la question.


Ce que les grands groupes sont venus chercher au CES

"Le Groupe Crédit Agricole a besoin d’innover et de s’adapter comme n’importe quel grand groupe. Or, l’innovation repose sur le sourcing, interne pour identifier et  stimuler l’innovation, mais aussi externe en allant chercher ailleurs, dans le monde des fintech et des start-up, des idées ou des technologies qui peuvent nous aider à développer des offres et à accélérer notre développement d’adaptation. Sur ce point, Las Vegas est l’un des endroits les plus vivants", déclare Bertrand Corbeau, directeur général adjoint de Crédit Agricole S.A., avant d’ajouter : "On est en veille d’un point de vue technologique pour voir le fonctionnement, et stratégique pour identifier les acteurs qui nous intéressent." Un bon résumé des attentes des dirigeants participants. Lorsqu’on les interroge, trois grands objectifs ressortent.
 

1 – Repérer et identifier les tendances

Premier objectif énoncé par tous les dirigeants : repérer et sentir les nouvelles tendances qui risquent de bouleverser leur business model. "Sur le CES, on vient à la détection des tendances à venir. On peut toujours lire ou assister à des conférences, mais c’est ponctuel.  Là, comme lorsqu’on voyage, on a l’esprit plus ouvert et on capte beaucoup plus quand on est plongé dans cette dynamique", évoque Eric Texier, Directeur de l'innovation du groupe Sodexo. Et d’ajouter : "Et puis il n’y a rien de tel que quand on parle d’intelligence artificielle que de pouvoir tester l’objet".

Même intérêt pour la directrice de l’innovation, de la communication et de la RSE de Crédit Agricole Assurance. Caroline Nicaise s’est rendue au CES au titre de l’innovation : "L’un de mes rôles est d’être en capacité d’identifier les tendances qui vont modifier les métiers de l’assurance".

Cet aspect tendance porte sur deux prismes : "Ce qui nous intéresse : c’est le prisme usage, mode de vie et habitude de consommation de demain", résume Aurélie Pecquet, directrice marketing stratégique chez Bouygues Construction. Avant de poursuivre : "Le deuxième prisme est plus technologique, poursuit Aurélie Pecquet. Il s’agit d’anticiper l’impact des nouvelles technologies sur les bâtiments et les quartier". Citant les drones en exemple, elle s’explique : "Il va bien falloir qu’ils se posent, qu’ils se rechargent, qu’ils téléchargent les informations de navigation pour le vol d’après quelque part… A priori, ce ne sera pas loin d’un bâtiment. Cette dimension drone, et plus largement logistique doit être prise en compte dans l’évolution de notre métier ? Idem pour les voitures autonomes qui vont aussi changer le dimensionnement de la ville. On se positionne sur l’îlot, le quartier, plus uniquement le bâtiment. On commence à parler davantage mobilité, de gestion d’énergie…"
 

2 – Identifier les start-up

Toutes orientées sur l’open-innovation, ces grandes sociétés viennent aussi à Las Vegas pour faire leur marché parmi les start-up exposantes. "Les grands groupes français viennent faire leur marché de start-up françaises au CES. Pas embêté par le téléphone car c’est un autre fuseau horaire, ils sont disponibles.  Et puis ils viennent dans un autre état d’esprit, pour échanger", observe Fabrice Marsella, maire du Village by CA.

Et les dirigeants le confirment. "L’enjeu est de trouver celles qui pourraient être intéressantes pour nous car elles sont très nombreuses. On est allé à la rencontre de beaucoup de start-up avec l’idée en tête de voir comment elles pourraient impacter notre métier d’assureur", affirme Caroline Nicaise. D'accord, mais pourquoi aller jusqu'à Las Vegas pour voir des start-up françaises ? "Parce qu'ici tout est concentré. On va plus facilement à leur rencontre…", répond Eric Texier

De son côté Olivier Toussaint, directeur général d'Indosuez Wealth Management, souhaite aussi identifier les start-up mais dans un autre objectif : "On accompagne les start-up en tant que partenaire et ambassadeur du Village by CA. Mais en parallèle, l’idée est aussi de se faire connaître de l’ensemble de start-up françaises en tant qu’acteur de cette nouvelle économie". Avec une idée en tête : les mettre en relation avec de potentiels business angel, mais aussi les séduire le jour où ces pépites se transformeront éventuellement en licorne.

 

3 – Impulser un état d’esprit et faire bouger les choses

Comme l’indique Aurélie Pecquet : "Etant en charge de l’analyse de notre écosystème, je vois qu’il y a beaucoup de nouveaux entrants sur notre secteur, et ils sont là, à Las Vegas. Il s’agit donc aussi de revenir en France en montrant que les choses bougent, vraiment, et qu’il faut que l’on avance aussi sur toutes ces tendances. Et vite ! C’est maintenant qu’il faut agir."
 

Leurs premières impressions, à chaud

Qu’il s’agisse de leur premier CES ou non, tous ont été bluffés par le bourdonnement et le bouillonnement qui émanent des start-up : "C’est aussi pour moi un voyage de formation et de sensibilisation, indique très modestement Olivier Toussaint. Et c’est impressionnant de voir cette ruche énorme sur tous ces sujets-là".

A retenir également, selon la majorité de ces dirigeants : la logique de partenariat. "Les entreprises, comme les start-up qui se présentent aujourd’hui sur les grands stands comme à l’Eureka Park se présente rarement toutes seules. Cela montre qu’on ne peut pas réussir tout seul, que l'on soit un grand groupe ou une start-up", témoigne Caroline Nicaise.

Quant aux tendances, tous ont été marqués par l'ampleur que prennent l'intelligence artififielle, la commande vocale et la réalité virtuelle. Et surtout dans les univers de la voiture connectée et autonome, de la smart-home, de la smart-building et de la santé connectée.

 

Les enjeux post-CES

Au-delà de ces nouvelles tendances à prendre en compte dans l’évolution de leur business model, il s’agit aussi de transmettre l’énergie des start-up et l’émulation ressentie sur le salon, et notamment sur l’Eureka Park, aux équipes restées en France.  "Peut-on vivre le CES par procuration ?, se demande Caroline Nicaise. Tout l’enjeu au retour porte aussi sur la manière dont on peut transmettre ces informations tendancielles, ce qui vont disrupter nos métiers, mais aussi de transmettre cette énergie aux équipes internes". Reste désormais à prendre du recul et faire le bilan, un peu moins à chaud !

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