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CloudWeek : Splendeurs, promesses et décadence du Cloud... dans 10 ans

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La cloud computing suscite autant d’espoirs que de craintes. Les entreprises, qui cherchent à l’apprivoiser, se posent encore beaucoup de questions. Comment va-t-il évoluer dans les 10 ans à avenir ? Réponses de cinq personnalités clés.

CloudWeek : Splendeurs, promesses et décadence du Cloud... dans 10 ans
CloudWeek : Splendeurs, promesses et décadence du Cloud... dans 10 ans © @Stekaba - Flickr c.c.

La première édition de la Cloudweek Paris, qui réunit une trentaine d’évènements du 6 au 10 juillet, s’est ouverte avec la conférence des visionnaires, le 6 juillet 2015, à la Maison de la Chimie. Elle est organisée par Eurocloud France, la branche française de l’association qui réunit les acteurs de l’informatique à la demande en Europe, sur leur vision du cloud dans 10 ans. Des points de vue très contrastés. Extraits des interventions.

 

"Le problème d’Uber n’existerait pas si les politiques l’avaient anticipé"

 

Dans son introduction, Pierre-José Billotte, président d’Eurocloud France a joué le gincheux, regrettant haut et fort le maque de culture numérique de nos élites : "En France, on n’a pas la politique numérique que l’on mérite. Les politiques n’ont jamais eu le digital dans leur ADN. Pour bouger les lignes, il faudrait un candidat du numérique aux élections présidentielles de 2017. C’est la seul moyen de forcer les candidats à se saisir du sujet et en faire une vraie priorité de compagne. Le problème des taxis dans la rue que l’on voit aujourd’hui à cause d’Uber n’existerait pas si les politiques l’avaient anticipé. Rappelons-nous la compagne présidentielle de 2012: les candidats n’ont pas consacré plus d’une heure au numérique. C’est là tout le problème."

 

"On a l’impression qu’il faut y aller à vos risques et périls"

 

Pierre Janin, président d’Axa Banque, s'est dévoilé en utilisateur réaliste et prudent : "Le cloud et le big data représentent pour nous autant d’espoirs que de désillusions. Le lancement de notre programme Métamorphose d’utilisation de ces outils dans la banque a été un véritable saut dans l’inconnu. Ce n’est jamais confortable de changer. Dans le big data, nous avons confié notre bassin de données aux datascientists pour les analyser et trouver des modèles qui améliorent la vente de nouveaux produits. Les résultats promettent une amélioration d’un facteur 3 à 5 par rapport aux méthodes traditionnelles.

 

"Mais dans la réalité, la performance se révèle bien inférieure. C’est une grande déception. Même chose pour le cloud. On a l’impression qu’il faut y aller à vos risques et périls. C’est un peu comme si on était au bord d’une falaise et qu’on essaie de prendre une photo. On a peur de tomber. On veut y aller mais on se pose encore des questions.

 

"On est bluffé par les avantages du cloud. On n’a qu’une seule envie : embrayer tout de suite. Ça nous donne envie de réinventer notre métier et de changer l’expérience client. Seulement voilà: il faut la confiance. Un mot qui va prendre demain un rôle considérable. Il faut rassurer le client et lui donner envie de nous confier ses données. Le jour où cette confiance sera rompue, on mettra 2 ou 3 ans pour la restaurer."

 

"Comme l'électricité, Le cloud va se faire oublier"

 

Centré sur les usages, Fred Potter, PDG de Netatmo, une start-up des objets connectés, ne voit déjà plus dans le cloud qu'un outil : "Dans 10 ans, le cloud aura fini par disparaître car il sera partout. Il sera devenu un moyen au service d’autres métiers et non une industrie à part. Comme l’électricité, une technologie se fait oublier quand elle se banalise.

 

"Le cloud est la solution à des problèmes qu’on ne sait pas résoudre autrement. C’est le cas de la reconnaissance vocale. Elle réclame une puissance de traitement que seul le cloud peut offrir. L’assistant vocal Siri sur l’iPhone décompose les tâches en deux : les traitements les plus légers dans le terminal et les traitements lourds dans le cloud. Pour notre caméra connectée, nous disposons d’une base de 1,5 millions d’images de gens. Notre modèle de reconnaissance s’améliore sans cesse dans le temps et nous pensons atteindre les performances de Facebook dans quelques années.

 

"Nous avons un grand gisement de données, une mine d‘or comme disent certains. Nous n‘en avons tiré aucun centime. En revanche, cela nous aide à améliorer nos produits. Nous voyons le cloud et le big data comme une corde à notre arc, pour perfectionner nos objets connectés."

 

 

"La cloud va aider à abolir les inégalités entre hommes et femmes"

 

Très enthousiaste (ou très commerciale) Rachel Delacour, PDG de Bime Analytics, une start-up qui propose des services d'anaysedes données dans le cloud, prête au cloud des vertus qu'il n'aura peut-être jamais : "Le cloud est en train de donner une nouvelle chance aux territoires de se développer. Grâce au cloud, Bime Analytics réalise 75% de ses revenus à l’international, revenus que nous rapatrions sur l’écosystème de Montpellier où sont basées notre société et notre R&D.

 

"Le cloud va clairement redistribuer les cartes économiques entre les territoires. Je ne suis pas féministe mais je suis convaincu que le cloud va aider à abolir les inégalités entre hommes et femmes. Car il lèvre les contraintes qui empêchent aujourd’hui les femmes d’aller au bout de leurs projets business."

 

"Vous aurez votre clone robot avec votre nez et vos yeux"

 

Les technologies - et le cloud - auront réponse à tout veut croire Chiseki Sagawa, responsable de la stratégie cloud de Fujitsu "Avec l’Internet des objets, le big data, le cloud computing, l’évolution des techniques d’intelligence artificielle et des technologies comme la robotique ou l’impression 3D, le digital s’inscrit dans une perspective de singularité. Dans 10 ans, il sera possible de traiter les clients, les usagers et les patients de façon individualisée. Fujitsu propose déjà un service d’analyse de données génétiques au japon destiné à personnaliser le traitement de malades. Ce service est proposé aux individus, universités et professionnels de la santé. Nous avons démontré, que grâce à l’impression 3D et l’Internet des objets, la possibilité de fabriquer une série de 10 PC spécifiques tout en étant rentables. Dans 10 ans, vous aurez votre clone robot avec votre nez et vos yeux."

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