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Comment Bic passe du stylo à l’ardoise numérique

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Comment Bic passe du stylo à l’ardoise numérique © capture d'écran - Youtube - Bic Education

Le roi de la papeterie ne regarde pas passer le train du numérique les bras croisés. Il est entré dans la phase active de la commercialisation de son ardoise numérique pour l’éducation nationale, la Bic Tab. Un nouvel univers qu’il aborde avec son ADN : simplicité et coût abordable. Mais la concurrence est sur les rangs et désormais soutenue par les investissements d’Avenir.

Comment - lorsque l’on vend stylos, ardoises ou ciseaux - rester un fournisseur de l’éducation nationale à l’heure du numérique ?  Bic, le roi de la papeterie simple et économique, a pris le virage avec son ardoise numérique et sa solution logiciel : Bic éducation. Le brief de départ : concevoir un outil simple (les enseignants ne sont pas tous des geeks), personnalisable pour le maître et adapté aux besoins des élèves du premier cycle en particulier sur l’écriture manuscrite.  

Résultat la Bic Tab et son logiciel intégré que l’entreprise a testé avec des enseignants pendant toute l’année 2012. Physiquement l’ensemble se présente sous la forme d’un petit chariot de 6, 15 ou 30 tablettes dont le look & feel est très proche de l’ardoise blanche effaçable. Sauf qu’à l’intérieur on y trouve des ressources pédagogiques d’éditeurs et des modules très simples permettant à l’enseignant d’intégrer ses propres supports.

Côté maniabilité, Bic a travaillé sur un écran qui permet à l’élève d’écrire avec un stylet en posant l’autre main sur la tablette (système dit de "rejet de la main") et tout en retrouvant les sensations du stylo sur le papier. L’ardoise est bien évidemment connectée au web mais l’enseignant peut contrôler l’adresse url de destination, ou s’il choisit de mettre un portail de recherche plus ouvert de déterminer le nombre de clic de l’élève. Toutes les sessions des élèves sont mémorisées pour que le professeur puisse accéder à l’historique. Il peut également créer au sein de son groupe des sessions par groupe d’élèves en fonction de leur niveau ou des compétences à acquérir. Le prix HT varie de 6290 euros pour une station de 6 tablettes à 20 000 euros pour 30 tablettes (incluant le logiciel).

Un nouvel écosystème industriel pour Bic

Pour passer du stylo à la tablette interactive, Bic a du élargir le champ de ses partenaires. Le premier d’entre eux est Intel qui a développé le micro-processeur, la fabrication de la tablette elle-même est réalisée en France par un prestataire que Bic ne souhaite pas dévoiler. Mais le nerf de la guerre sera de proposer une offre suffisamment en riche en termes de contenu avec les éditeurs scolaires. Un point qui pêche un peu selon la note réalisée par les enseignants des 15 classes pilotes qui ont testés le produit.

Ce dernier est entré depuis dans sa phase de commercialisation active. Depuis mars 2013, la force de vente de Bic éducation est lancée à l’assaut des collectivités locales. Selon l’entreprise une quarantaine d’écoles serait déjà équipée. Et 2014 devrait être l’année d’un déploiement. Celle aussi de la concurrence. Car ce créneau est convoité par de nombreux acteurs qui viennent non pas de la papeterie mais du numérique. Au delà des fournisseurs de tablettes classiques, un certain nombre d’acteurs misent également sur une offre spécialisée pour les scolaires. 

Une concurrence active

Dans le deuxième appel à projets des Investissements d’avenir sur "les services innovants pour l’e-Education", deux sociétés ont ainsi remportés, en 2012, des financements sur le sujet des tablettes numériques pour l’éducation. Il s’agit de la société Unowhy, déjà connu pour ses tablettes de cuisine Cook, dont le produit est testé dans des classes de Saône et Loire (sur les terres d’Arnaud Montebourg), et de la start-up bordelaise Stantum qui est en test depuis septembre dans l’académie de Bordeaux. 

Bic éducation a donc pour l’instant une légère avance sur ses concurrents sur un sujet, l’école numérique, qui mobilise fortement l’Education nationale. Reste à espérer que toutes ces initiatives remontent le classement catastrophique des élèves français dans l’étude internationale de compétences Pisa, dévoilée ce matin.

Anne-Sophie Bellaiche

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Une réaction

Aurélie

Le 06/12/2013 à 09h18

Bonjour, Je vous remercie de cet article. Vous pouvez retrouver des retours d'usages et des exemples de terrain sur notre portail www.ludovia.com, un exemple sur une classe de primaire double niveau à Boulogne-sur-mer, http://www.ludovia.com/2013/10/seance-classe-double-niveau-lardoise-numerique-bic-education/

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