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Comment faire de sa campagne Kickstarter un carton : la leçon de Clément Perrot de Prynt

| mis à jour le 05 mars 2015 à 15H58
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Le 3 mars, la collecte de fonds de la start-up Prynt sur Kickstarter est devenue la campagne française la plus populaire sur la plate-forme, devant Giroptic, Hexo+ et Lima, attirant plus de 9 000 backers et récoltant plus d'1,5 million de dollars. Comment expliquer ce succès et quelles sont les prochaines étapes pour la jeune pousse qui a inventé la coque de smartphone capable d'imprimer des photos instantanément ? Réponse avec Clément Perrot, co-fondateur de la start-up avec David Zhang.

Comment faire de sa campagne Kickstarter un carton : la leçon de Clément Perrot de Prynt
Un selfie de l'équipe de Prynt sortant directement de sa coque-imprimante. Clément Perrot est au centre. © Prynt

L'Usine Digitale - Depuis quand travailliez-vous sur cette campagne Kickstarter ?

Clément Perrot - Une campagne Kickstarter, c'est beaucoup d'anticipation car une fois que c'est lancé, on n'a plus vraiment le temps de réfléchir. On l'a planifiée depuis septembre 2014.  D'abord avec des recherches sur les campagnes de crowdfunding qui ont réussi. J'ai notamment rencontré Severin Marcombes de Lima et Richard Ollier de Giroptic, deux des campagnes françaises à succès, pour savoir comment bien la préparer. Puis en novembre, avec l'équipe, on a débuté le travail sur la construction de la page Kickstarter.

Grâce à ce travail, les mises à jour, les différents moyens de relancer la campagne ont été pensés en amont. Il faut aussi savoir s'entourer, car nous sommes encore une toute petite société. On a fait appel à des personnes extérieures sur les relations presse, et certaines formes de promotion (les Facebook adds notamment). Sur la vidéo de présentation, on a travaillé avec l'agence M&C Saatchi Little Stories à Paris, qui nous a permis de préciser le positionnement de la marque.

Vous saviez dès le premier jour, au vu du démarrage, que la campagne serait un succès ? Ou il y a une incertitude jusqu'au bout ?

Sur Kickstarter, il y a une courbe de progression assez générique, avec un grand pic au début et à la fin de la campagne. On a fait 200 000 dollars le premier jour, ce qui est excellent pour Kickstarter, mais après, il y a une descente logique et ce n'est pas évident à gérer. Les premiers jours permettent de se rendre compte si les gens sont derrière nous ou pas, mais ce n'est pas une garantie que la tendance durera jusqu'en fin de campagne.

Votre présence au CES de Las Vegas est-elle le facteur-clé expliquant ce succès ?

Je ne crois pas. C'est un passage obligé, notre premier contact avec nos utilisateurs potentiels, un point de validation important. Mais on n'a pas spécialement cherché de retours presse. On voulait rester un peu en réserve avant notre campagne Kickstarter prévue trois semaines plus tard. En terme d'impact, une interview que l'on a faite pour le site américain Techcrunch en novembre a eu beaucoup plus de retombées, rapportant d'un coup 50 000 personnes dans notre mailing-list (contre 3 000 pour le CES).

 

#teamprynt hangin' tough today at #CES2015 !!

Une photo publiée par Prynt (@prynt) le

Et puis au CES, on n'est pas seul, on entre en concurrence avec de grosses entreprises qui font de très beaux produits, donc l'apport de l'événement peut apparaitre assez limité. C'est une expérience mitigée : en fait tout dépend de ce que l'on vient y chercher.

A aucun moment, se présenter comme une start-up française n'a constitué un handicap ?

Avoir une image de start-up française n'est pas un inconvénient, surtout pour notre projet. Il y une vraie corrélation entre notre produit et le fait que l'on soit français. Beaucoup de gens voient Paris comme un lieu où l'on fabrique des souvenirs, et c'est exactement ce que propose Prynt. En plus, d'un point de vue technologique, la France est très bien vue, sa forte présence au CES en témoigne.

Les problèmes des start-up françaises à l'export viennent du fait que, souvent, elles ne s'adressent qu'au marché français dans leur communication, et pas à un marché mondial, global.

Quelles sont les prochaines étapes pour Prynt ?

Maintenant qu'il y a beaucoup de personnes derrière nous, on ne veut pas les décevoir ! Il va falloir rester concentrés sur notre objectif, le développement du produit, car les propositions de partenariat affluent et certaines sont très intéressantes ! C'est un peu frustrant de devoir temporiser, mais notre priorité est de livrer nos clients dans les délais (pour l'été 2015) et de préparer la suite. Actuellement, on peaufine le design industriel, on vérifie tous les aspects mécaniques du produit pour boucler la mise au point des process de fabrication et valider la liste des fournisseurs. La production de masse (environ 10 000 unités par mois) débutera pendant l'été, et d'ici là, il va y avoir toute une progression, avec différentes phases de tests, pour la montée en cadence.

Les Etats-Unis et l'Europe sont notre première cible, mais on regarde aussi vers le Japon, un marché qui peut être très intéressant pour nous. On est en train de réfléchir au type de partenariats possibles pour la distribution.

Pendant ce temps, Prynt continue à recruter aussi bien sur la partie technique que marketing. On réfléchit à une levée de fonds classique, on regarde les opportunités aussi bien en France qu'aux Etats-Unis. L'idée est de trouver des investisseurs, mais surtout des gens qui peuvent nous apporter des compétences clés pour nous aider à nous développer, notamment en production.

Propos recueillis par Sylvain Arnulf

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