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Comment Frizbiz veut casser la baraque dans le bricolage entre particuliers

mis à jour le 09 mars 2017 à 16H45
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Le site Frizbiz "industrialise" les coups de main en mettant en relation des bricoleurs du dimanche avec des "jobbers" expérimentés qui savent manier le pinceau, le marteau et la truelle. Comme d'autres acteurs de l'économie entre particuliers, la plate-forme cherche à professionnaliser et structurer son offre… tout en faisant principalement appel à des semi-professionnels.

Comment Frizbiz veut casser la baraque dans le bricolage entre particuliers
Comment Frizbiz veut casser la baraque dans le bricolage entre particuliers © Frizbiz

Le procès Heetch l'a prouvé : en matière d'économie collaborative, d'économie entre particuliers ou dite "du partage", les créateurs de start-up doivent souvent bricoler avec une réglementation floue. Les fondateurs de Frizbiz se sont dits que quitte à bricoler, autant le faire… dans le bricolage. Romain Pollet et Augustin Verlinde ont donc lancé un site permettant à des particuliers de se donner des coups de main pour les petits travaux de la maison ou du jardin. "Nous étions pionniers sur ce secteur en 2013, depuis beaucoup de plates-formes sont apparues sur de nombreuses verticales de services", explique Augustin Verlinde. Depuis, la start-up lilloise, hébergée à Euractechnologies, grandit avec 15 salariés.

 

créer des filtres, pour rester dans les clous

Il ne s'agit pas vraiment de troc, ou d'échange, mais de prestations de service payantes, sur lesquelles l'intermédiaire prélève une commission de 13 à 15%. Fribiz, depuis ses débuts, a cherché à rester dans les clous de la réglementation, même si celle-ci n'est pas très claire. Il a donc fallu inventer des systèmes de filtres et des barrières. Car si rien n'interdit à des particuliers d'être dédommagés lorsqu'ils donnent un coup de main à quelqu'un, le tout est de savoir jusqu'à quel point. "Nous accompagnons nos clients et nos "jobbers" (les travailleurs, dans le jargon du site) pour leurs déclarations", explique Augustin Verlinde. "On pousse les jobbers qui gagnent régulièrement plus de 100, 200 ou 300 euros par mois par l'intermédiaire du site à adopter un statut légal, comme celui d'auto-entrepreneur".

 

Le fonctionnement de la plate-forme est à la fois simple et technique. Les clients émettent un besoin, comme monter un meuble, poser quelques mètres carrés de carrelage, peindre un mur…  Ils décrivent la tâche et indiquent ce qu'ils sont prêts à payer, souvent une fourchette assez large. En face, les jobbers de la zone géographique concernée peuvent proposer leurs services en fixant eux-mêmes leurs tarifs. Frizbiz se défend de tirer les prix vers le bas et a posé plusieurs garde-fous. "Tous les besoins sont modérés par notre équipe. Nous n'acceptons pas de demandes insuffisamment détaillées ou proposées à des prix qui ne sont pas en accord avec le marché". Frizbiz a d'ailleurs développé un algorithme qui donne un prix estimatif pour chaque besoin, selon différents critères.

 

Par ailleurs, les jobbers ne peuvent pas voir les offres de leurs "concurrents". Impossible, donc, d'enchérir à la baisse, sauf par des moyens détournés ou hors du site. La plate-forme interdit par ailleurs certains types de travaux, en lien avec la structure du bâtiment, le chauffage, les chantiers en hauteur…

 

entre bricoleurs amateurs, semi-pros et pros

 

Ces garanties apportées aux clients comme aux bricoleurs, ajoutés à une assurance fournie par Axa, semblent convaincre une communauté de plus en plus large. "Nous fédérons plus de 150 000 membres, dont 70% de jobbers", se félicite le co-fondateur, qui évoque "une croissance moyenne de 20% par mois". "Les professionnels, artisans ou auto-entrepreneurs, qui représentent 15 à 20% des jobbers, peuvent aussi s'inscrire sur le site pour augmenter leur chiffre d'affaires", glisse-t-il. Mais la plate-forme a plutôt été conçue pour de tous petits travaux pour lesquels des professionnels ne se déplaceraient pas, ou alors à un prix rédhibitoire.

 

Pour continuer à grandir, la jeune pousse veut mettre l'accent sur la qualité et la certification des membres. Autre gros chantier de Frizbiz en 2017 : proposer les services de ses membres directement sur les lieux de vente de meubles ou de matériaux, idéalement les magasins de bricolage. La start-up travaille d'ailleurs avec Engie, pour installer le thermostat Homni au domicile des clients, ou encore avec Leroy Merlin sur ce sujet. "C'est un canal d'acquisition gratuit, qui permet d'avoir accès un trafic très qualifié, et de bénéficier de la recommandation de marques reconnues", résume le CEO. La force du groupe Adeo, maison-mère de Leroy-Merlin, lui permettra peut-être aussi d'arriver sur d'autres marchés européens que la France, où les concurrents sont encore rares.

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