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Comment Google veut révolutionner le transport en ville avec Sidewalk Labs

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Vu ailleurs Avec son projet Flow, la nouvelle entité d'Alphabet dédiée à la smart city Sidewalk Labs veut proposer une plate-forme globale de gestion de la mobilité aux villes. Le Guardian livre des détails sur cette offre qui peut faire trembler les acteurs du secteur du transport public.

Comment Google veut révolutionner le transport en ville avec Sidewalk Labs
Comment Google veut révolutionner le transport en ville avec Sidewalk Labs © Sidewalk Labs

Fluidifier la circulation en ville : c'est l'ambition du programme "Flow" développé par Sidewalk Labs, nouvelle division de Google consacré à la smart city. Le géant américain veut mettre toutes ses technologies (IoT, big data, machine learning) au service de nouvelles formes de mobilité, pour décongestionner les villes. Avec le département américain aux Transports, Sidewalk Labs a sélectionné plusieurs territoires pilotes aux Etats-Unis. Le Guardian s'est procuré un descriptif de l'offre proposée aux municipalités partenaires, dont celle de Colombus, en Ohio.

 

Parkings à tarifs variables et appli de mobilité globale

Google lui propose de tester gratuitement pendant trois ans "Flow", un logiciel de gestion global de la mobilité dans le cloud, agrégeant des données de multiples sources : data anonymisées des utilisateurs de Google Maps et Waze, données issues de100 bornes de wi-fi public mises à disposition et de parcmètres connectés…  L'entreprise se propose aussi de cartographier les parking publics et infrastructures de transport grâce à ses Google car qui numérisent les rues pour nourrir Google Maps.

 

Flow permettra ensuite de diriger les conducteurs vers les places de parking libres (les possesseurs de parkings privés pourront "louer" leur place ponctuellement en temps réel grâce à ce système) et suggérer aux usagers les offres de transport les plus adaptées à leur trajet. Le logiciel inclura toutes les formes de nouvelle mobilité : vélos en libre-service, co-voiturage, VTC, auto-partage, bus et tramways…

 

De quoi optimiser le stationnement… et générer des revenus nouveaux pour les villes. Google mise sur une tarification variable du stationnement, en fonction de la demande, et promet 2000 dollars de revenus potentiel par place de parking par an. Son logiciel ira même jusqu'à suggérer les trajets les plus efficaces (et lucratifs) aux services chargés de verbaliser les automobilistes récalcitrants…

 

Flow, un OS pour la ville

L'objectif affiché est de fluidifier le trafic : 30% des embouteillages sont dus à la recherche de stationnement, plaide le géant de Mountain View. Google veut surtout devenir le nouveau prescripteur de transports, à la manière d'un Citymapper ou d'un Moovit, se substituant aux applis des opérateurs classiques. Mais ses ambitions sont plus grandes encore : à terme, il pourrait faire payer l'utilisation de la plate-forme Flow aux villes, les obliger à adopter ses propres systèmes de paiement, ou créer des offres publicitaires locales basées sur les données de ses bornes de wi-fi publiques…

 

Cette main-mise potentielle de Google sur la smart city n'est pas sans poser question. Selon le Guardian, Sidewalks Labs propose de réorienter certaines aides sociales en direction des publics précaires vers de nouvelles formes de transport (covoiturage, VTC) plutôt que vers les transports publics. Ce positionnement n'est pas neutre et pourrait entrainer un démantèlement progressif des systèmes de transports publics au profit d'offres de mobilité entre particuliers ou via des acteurs privés. Par ailleurs, on ignore si des acteurs tiers auront accès à la puissance du "Flow" et si Google ne risque pas d'imposer une forme de "système d'exploitation urbain" aux grandes villes du monde entier.

 

Selon le Guardian, il compte reverser 1% des revenus générés par Flow aux communes partenaires… Et celles-ci devraient partager leurs propres données de mobilité non seulement avec Google, mais aussi avec les opérateurs partenaires, comme Uber ou Lyft. Colombus, comme d'autres villes américaines, est actuellement en pleine réflexion. Si elle dit oui à Google, le partage de données commencerait en août 2016, pour un lancement du service en juillet 2017.

 

Lire l'article "Secretive Alphabet division funded by Google aims to fix public transit in US" sur le site du Guardian

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