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Comment Scality a créé son propre concurrent en interne pour se réinventer

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Cas d'école Scality, spécialisée dans le stockage intelligent, vient de dévoiler Zenko, un produit open source dédié à la gestion des données dans des environnements multi-cloud. Cette nouvelle offre est le fruit d'une décision prise il y a deux ans : créer au sein même de la start-up, une autre start-up concurrente. Les détails de ce surprenant cas d'école. 

Comment Scality a créé son propre concurrent en interne pour se réinventer
Jérôme Lecat, cofondateur et CEO de Scality, dans les locaux californiens de la start-up. © Juliette Raynal - L'Usine Digitale

La transformation digitale n'est pas réservée qu'aux grands groupes. La preuve avec la start-up Scality. Née en 2009, la pépite française spécialisée dans le stockage des données, s'est sentie suffisamment vieille (et menacée), en 2015, pour songer à se réinventer. Une remise en question qui l'a conduite à développer un nouveau produit dédié à la gestion de données dans des environnements multi-cloud. Zenko, c'est son nom, est lancé ce mardi 11 juillet. Particularité ? Il est disponible en open source.

 

Perte de terrain

"En six ans, tellement de nouvelles technologies se sont développées qu'on a estimé qu'il était possible qu'un concurrent puisse nous faire de l'ombre", confie Jérôme Lecat, cofondateur et CEO de Scality, que nous avons rencontré à San Francisco où il pilote une équipe d'une cinquantaine de personnes. Au delà de ce contexte de foisonnement technologique, viennent s'ajouter des difficultés organisationnelles : en l'espace de 18 mois, les équipes parisiennes (là où se trouve la R&D) sont passées de 20 à 50 personnes et devenues orphelines avec le départ de leur CTO, Giorgio Regni, pour San Francisco. "On perdait du terrain par rapport à la concurrence", reconnaît Jérôme Lecat.

 

"Alors, nous avons fait quelque chose d'assez couillu", poursuit, avec une pointe de fierté, l'entrepreneur. Mi-2015, Jérôme Lecat demande à Giorgio Regni d'imaginer Scality avec un regard totalement neuf. "En cinq minutes, il m'a brossé ce que l'on pourrait faire si nous n'avions aucune contrainte et c'était grandiose", raconte-t-il.

 

équipe commando vs équipe traditionnelle

Jérôme Lecat confie donc à Giorgio Regni (qu'il surnomme le gourou) la tâche de monter une équipe de 15 personnes pour créer, en un an, un concurrent de Scality. Basée dans les bureaux de San Francisco, cette start-up interne travaille avec des méthodes totalement différentes et choisit un modèle open source, alors que les revenus actuels de Scality reposent sur la vente de logiciels sous forme de licences. Cette opération commando n'est pas vue d'un bon œil par tous. "Les deux équipes (la R&D parisienne et les 15 ingénieurs de SF, ndlr) se sont détestées, raconte Jérôme Lecat. Et, à plusieurs reprises, des personnes ont voulu tuer l'initiative".

 

Le CEO défend le projet bec et ongles et la start-up  interne finit par accoucher de Zenko. Cette solution de data mangement, proposée en open source permet notamment de chercher des données sur tous les clouds à la fois. "La problématique du stockage de données commence à être résolue. Le prochain gros problème repose sur la gestion des données dans une informatique qui utilise le cloud privé et le cloud public", assure Jérôme Lecat, qui associe l'existence d'un problème à la raison d'être d'une start-up et à la génération de revenus. "S'il n'y a pas de problème, il n'y a pas d'argent", résume-t-il.

 

l'IPO, toujours en ligne de mire

L'heure désormais est à la convergence. L'équipe commando de 15 personnes a été divisée en deux. Une première partie continue de travailler de manière totalement libre tandis que l'autre a été réintégrée au sein des équipes traditionnelles pour pouvoir diffuser ce qu'elles ont appris et les nouvelles méthodes de travail.

 

Zenko, lui, ne doit pas être vu comme un aboutissement, mais comme une étape supplémentaire pour Scality avant son entrée en bourse, initialement prévue en 2017. Pour son CEO, une IPO réussie repose en partie sur la capacité à raconter une histoire qui crée le buzz. "Le stockage de données ne permet pas de créer le buzz, par contre le cloud et l'open source si", estime-t-il. Avec la naissance atypique de Zenko, Scality tient déjà un bon prologue.

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1 commentaire

Laforest

12/07/2017 12h20 - Laforest

Pas mal du tout cette réaction ! Intelligente et une démarche qui devrait donner des idées à beaucoup d'entreprises qui ont tendance à surfer sur leurs habitudes ... une remise en question, style grand "chambardement" peut faire évoluer en bien, pas mal d'entreprises si et seulement SI c'est pour un "progrès" !

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