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Comprendre la folie mobile en Chine à défaut de pouvoir en profiter

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Analyse Présents à Paris le 10 mars, deux représentants de l'Atelier BNP ont envisagé les nombreuses opportunités dans le mobile en Chine. Mais les difficultés pour les investisseurs restent nombreuses. 

Comprendre la folie mobile en Chine à défaut de pouvoir en profiter
Comprendre la folie mobile en Chine à défaut de pouvoir en profiter © Flickr CC - Cheon Fong Liew

A Chongqing, dans le sud de la Chine, le gouvernement local a décidé de mettre en place une voie réservée aux piétons équipés de mobiles. L’anecdote a de quoi faire sourire, mais elle est symptomatique de la place qu’occupe le mobile dans la société et l’économie chinoise : incontournable. De passage à Paris le 10 mars, les experts de l’Atelier BNP Jean de Chambure et Judy Wei estiment que sur les 688 millions d’internautes chinois, près de 620 millions le font via leur mobile.

 

Les raisons sont multiples : "Il n’y a pas vraiment eu de génération détentrice d’ordinateur, puis d’un smartphone en Chine, racontent les deux experts. Les internautes chinois ont directement adopté le mobile comme moyen d’accès à internet". Comme le note par ailleurs une experte de la Chine dans Les Echos, "le mobile et les réseaux sociaux sont devenus l’espace de socialisation prioritaire" du fait, entre autres, de l’exode rural.

 

Messages vocaux et 3 en 1

Conséquence : les entreprises chinoises se positionnent largement sur le secteur et multiplient les innovations, remplaçant localement les GAFA par un nouveau sigle, BAT, en référence aux trois poids lourds du secteur, Baidu, Alibaba et Tencent. Cette dernière entreprise est notamment l’éditrice du désormais célèbre WeChat qui, de simple messagerie mobile, s’est transformé en une tentaculaire plateforme intégrant également des services de paiement mobile, permettant aux usagers d’échanger avec leurs proches tout en réglant leur facture d’électricité.

 

Idem dans le domaine du commerce en ligne. TaoBao, rattachée à Alibaba, a réussi à s’imposer aux dépends du géant américain Ebay grâce à un système de messagerie vocale, dont les Chinois se montrent très friands, estiment les spécialistes de l’Atelier BNP. Côté transports, Didi Kuaidi concurrence Uber sur le marché chinois en développant trois services accessibles sur une même plateforme, "une offre semblable à celle de BlaBlaCar, une autre à Uber et une dernière issue d’un partenariat avec les taxis dans les grandes villes chinoises comme Shanghai", expliquent Jean de Chambure et Judy Wei.

 

Les freins restent nombreux pour les investisseurs étrangers

Une fièvre d’innovation qui conduit les deux représentants de l’Atelier BNP en Chine à faire du pays une "alternative à la Silicon Valley". Alléchant. Mais les freins restent nombreux pour les investisseurs étrangers, pointent les deux spécialistes, qui mettent en exergue l’écart entre "la vision initiale du pays et la réalité". Ceux-ci doivent aussi arriver avec "une idée de business concrète à proposer au partenaire chinois" et composer avec le fait que les entrepreneurs chinois se montrent réticents à l’idée de céder plus de 20 à 25% du capital de leur société. Mieux vaut enfin avoir une solide capacité financière.

 

Mais à cœur vaillant, rien d’impossible, comme l’a prouvé Valeo, rappelle Les Echos, en investissant avec succès 22 millions d’euros dans le fonds franco-chinois Innovation de Cathay Capital.

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