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Coyote trace sa route... à sa vitesse

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Ouverture d’un lab au Canada, partenariat avec Here, accords avec les constructeurs auto, campagne TV… Coyote avance. Un moyen sans doute de ne pas se laisser devancer par Waze, même si la marque refuse la comparaison. Le point avec Benoît Lambert, directeur général France, sur la stratégie de développement de la société qui se positionne comme le leader européen des avertisseurs de dangers sur route.

Coyote trace sa route... à sa vitesse
Coyote trace sa route... à sa vitesse © Coyote

"Nous sommes nés de l’alerting (avertisseur de dangers, ndlr), mais notre ADN est le temps réel", rappelle Benoît Lambert. "De nombreux pays nous demandent tout un tas d’informations, comme les barrières de dégel, les nids de poule… Notre ambition est de comprendre les besoins de tous les pays". Et d’y répondre.

 

Que ce soit sous de forme de boîtiers, d’appli mobile ou de solutions embarquées dans les voitures, Coyote se positionne  sur l’échange d’informations géolocalisées entre aumobilistes qui s'alertent en temps réel des zones de danger (radars, accidents, travaux, bouchons...). Chaque année, la société investit ainsi 10 à 12% de son chiffre d’affaires en R&D. Avec un chiffre d’affaires d’un peu plus de 110 millions d’euros en 2016, le calcul est simple… Côté effectifs, Coyote compte passer le cap des 300 personnes, avec 60 à 70 recrutements prévus courant 2017. Parmi les profils recherchés, on retrouve évidemment des data-scientists, des développeurs, des spécialistes de la maintenance des systèmes d’information...

 

Coyote Lab, la cellule inno de Coyote Canada

Dans le cadre de cette politique d’innovation, Coyote a annoncé le 10 avril 2017 l’ouverture du Coyote Lab au Canada. Objectif : "développer un Coyote 2.0", indique Benoît Lambert. En d’autres termes, ce laboratoire a pour vocation de plancher sur les attentes des nouvelles générations d'automobilistes et de proposer des services en phase avec les nouveaux besoins et usages en matière de conduite et de sécurité routière. La marque a d’ailleurs signé un accord avec l’Université de Laval à Québec, qui forme des data-scientists, dans une volonté de "découvrir les services de demain et ainsi améliorer l’expérience client au volant".

Pourquoi le Canada ? "Le mix ‘intercontinent’ en matière de fomation est important, selon le directeur général. "La R&D en France, c’est bien mais les équipes sont vite absorbées par les besoins locaux. Ce lab donne une autre image à l’entreprise. Cela change la culture". Un moyen aussi de mettre le pied en Amérique du Nord : "L’objectif est aussi de développer notre service au Canada et aux Etats-Unis", indique le directeur général de la marque.

L’ouverture du lab s’accompagne de la création de la filiale "Coyote America". Déjà présente dans sept pays européens (France, Belgique, Luxembourg, Pays-Bas, Italie, Espagne et Pologne), la marque renforce ainsi son rayonnement géographique, tout en poursuivant son essor en Europe. "Notre développement géographique n’est pas terminé. Nous visons d’autres pays européens pour lesquels notre service a un intérêt, comme l’Allemagne et l’Angleterre…", poursuit Benoît Lambert

 

Coyote vs Waze 

 

Benoît Lambert, directeur général de Coyote France
 

"Waze n’est pas un concurrent", assure Benoît Lambert.  Avant d’argumenter : "Ils développent un service d’excellent standard. Mais leur business model repose sur la régie publicitaire. Ils poussent des pubs à leurs utilisateurs". Et de rappeler, qu’à l’inverse, Coyote "s’adresse à des pros de la route, de manière précise et sans pub. On n’exploite pas les données. Ils sont réputés pour la navigation et le trafic, là où nous continuons sur l’alerting."

 

Côté communauté, Coyote revendique près de 5 millions d’utilisateurs en Europe (soit l'équivalent du nombre d'utilisateurs Waze pour la France), dont 1,5 million de clients payants (12 euros/mois), parmi lesquels deux-tiers de Français, avec une moyenne de 82 minutes d’utilisation par jour. Des utilisateurs fidèles, selon le directeur général qui indique que "plus de 80 % de sa communauté est là depuis 3 ans". Avant de souligner : "Waze est arrivé en 2011. Or, depuis, nous avons doublé notre communauté". CQFD ou méthode Coué ? Là n’est pas le débat pour Benoît Lambert.

 

au-delà de l’alerting, une plate-forme de services

"Nous développons une plate-forme de services. Nous sommes complètement agnostiques". Courant mars 2017, Coyote a ainsi intégré le GPS de Here dans son application. "Il nous fallait une carte et un moteur de navigation dans tous les pays. Here étant présent dans le monde entier, cela va nous permettre d’accélérer nos développements. La solution appartient à un consortium de constructeurs auto."

Pour augmenter la communauté et installer la solution dans les habitudes des conducteurs, Coyote a par ailleurs signé des accords avec des constructeurs automobiles. Renault, Citroën, Peugeot, Toyota et Jaguar-Land Rover embarquent directement la solution dans certaines voitures. Une stratégie, lancée il y a 3 ans, que la marque compte bien poursuivre. Benoît Lambert glisse d’ailleurs être actuellement en discussions avec Fiat. "Notre service doit pouvoir être partout. On a plein d’idées de développement, mais c’est un développement rationnel qui va à sa vitesse", ajoute Benoît Lambert.

En attendant et avant les grands départs en vacances, la marque compte renforcer sa notoriété auprès des conducteurs. Une ambition qui passe par un large plan de communication avec des spots TV fin juin/début juillet, et des prises de parole des "stars" locales de l’automobile, comme l’ancien pilote de F1 Jean Alesi en Italie, ou le pilote de rallye Luis Moya, en Espagne.


A propos du projet d’interdiction des applis anti-radars 

Le 24 avril 2017, le gouvernement français a transmis à la Commission européenne, un projet de décret "portant interdiction de diffuser par l'intermédiaire des services électroniques d'aide à la conduite ou à la navigation tout message de nature à signaler les opérations de police dans certains périmètres et susceptible de nuire à l’efficacité des opérations de police administrative de sécurité routière ou des opérations de police judiciaire réalisées." Un projet qui fait bondir Coyote !

"En novembre 2015, après les attentats au Bataclan, nous avons décidé de couper le service en cas d’attentat, rappelle un porte-parole de Coyote. On l’a fait de manière préventive en Belgique, cela s’est très bien passé, et nous avons communiqué avec le Ministère de l’Intérieur". Et d’ajouter : "Il faut savoir que ce projet pose des problèmes techniques, sécuritaires et juridiques et nous comptons bien pouvoir en discuter avec le nouveau ministre de l'Intérieur". Reste à caler un rendez-vous avec Gérard Collomb…

 

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