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Crowdfunding, cash to goods, blockchain... les contours d'Orange banque se précisent

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Analyse Pour assouvir ses ambitions bancaires Orange, lorgne sur Boursorama, mais aussi sur les fintech. L'opérateur a déjà pris des participations minoritaires dans trois de ces start-up qui bousculent la finance. Dernière opération en date : un investissement dans le spécialiste tricolore du crowdfunding, KissKissBankBank Technologies. 

Crowdfunding, cash to goods, blockchain... les contours d'Orange banque se précisent
Crowdfunding, cash to goods, blockchain... les contours d'Orange banque se précisent © capture d'écran Kisskissbankbank.com

Orange fait son marché dans le secteur de la fintech : dès que le géant des télécoms flaire une start-up prometteuse, son fonds Orange Digital Venture, créé en janvier 2015 et doté pour la première année d'une enveloppe de 20 millions d'euros, investit.

 

La structure avait investi en 2015 dans 5 start-up, dont deux jeunes pousses de la finance. Le 12 février 2016, le fonds a annoncé quatre nouvelles prises de participations minoritaires, dont une dans la société de crowdfunding KissKissBankBank Technologies. Le spécialiste du financement participatif vient de boucler un tour de table à 5,2 millions d'euros. Orange était le principal investisseur de cette levée de fonds.

 

Humer le vent du côté des sociétés de crowdfunding

Une opération qui confirme les ambitions de l'opérateur historique de devenir un acteur clef du secteur de la finance. Des ambitions révélées début janvier 2016 par l'annonce d'un partenariat avec la banque en ligne Groupama Banque, pour créer d'ici 2017 son propre établissement de crédit sur Internet, Orange Banque. Il négocierait même actuellement avec l'assureur Groupama pour prendre une participation de 65% dans sa filiale bancaire.

 

Dans le cadre de ce projet, il est logique qu'Orange s'intéresse aux sociétés de crowdfunding, qui sont devenues de vraies alternatives au crédit bancaire pour certaines TPE/PME et pour les particuliers.  Ces plates-formes de financement participatif ont permis de collecter 296 millions d'euros en 2015, soit près de deux fois plus qu'en 2014, selon le dernier baromètre de l’association Financement participatif France.

 

Miser sur une société à l'offre complète

Parmi les multiples sociétés de crowdfunding qui existent aujourd'hui sur le marché français, si Orange a investi dans KissKissBankBank Technologies, c'est peut-être parce que l'entreprise présente l'avantage de couvrir, avec ses trois sites, presque tous les champs du financement participatif :

- le don contre don d'abord, avec l'acteur historique fondé en 2009 à Paris, KissKissBankBank, qui permet notamment de financer des projets artistiques

- le prêt solidaire ensuite, avec la plate-forme de prêt sans intérêt entre particuliers Hellomerci créée en avril 2013

- le prêt contre intérêts des particuliers vers les entreprises enfin, avec Lendopolis, lancée en novembre 2014

 

KissKissBankBank Technologies va profiter de l'argent levé lors de ce nouveau tour de table pour lancer en 2017 une quatrième plate-forme dédiée au crowdequity (investissement par les particuliers dans les entreprises en échange d'actions).

 

Orange mise également sur la blockchain…

Orange s'intéresse aussi à la technologie blockchain. Son pôle d'investissement est entré au capital de la société américaine Chain, qui a levé 30 millions de dollars en septembre 2015 (Visa a également participé au tour de table). La jeune pousse, créée en février 2014 à San Francisco, veut développer pour ses actionnaires une blockchain privée.

 

C'est cette technologie qui se cache derrière le bitcoin. Elle permet d'inscrire sur un livre de compte virtuel, partagé par les ordinateurs de tous les membres d'un réseau, des informations. Ce réseau peut être public (comme celui du bitcoin), mais aussi privé (réservé à des adhérents triés sur le volet). Si le développement de ce projet par Coin est un succès, Orange pourrait faire transiter facilement, de manière sécurisée, et à bas coût, les actifs financiers de sa future banque d'un compte à l'autre.

 

… et sur le transfert de fonds en "cash to goods"

La troisième fintech débusquée par le géant des télécoms est Afrimarket. Cette start-up fondée à Paris il y a tout juste deux ans permet à des Européens d'envoyer de l'argent à leurs proches directement dans un point de vente partenaires via sa plate-forme en ligne. Ces magasins sont pour l'instant situés dans cinq pays d'Afrique (le Bénin, le Cameroun, la Côte d'Ivoire, le Sénégal et le Togo). Cette activité de transfert d'argent "en cash to goods" pourrait un jour venir compléter celle de son service de paiement et d'envoi de fonds Orange Money, qui a attiré sur le continent africain plus de 15 millions d'utilisateurs depuis son lancement en décembre 2008.

 

Le projet Orange banque, qui n'inquiétait pas trop les acteurs traditionnels, pourrait finalement bousculer le marché.

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