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Cybersécurité : Et si le Cloud était la solution...

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A l'occasion des assises de la sécurité informatique qui se tiennent à Monaco jusqu'au 2 octobre, l'hébergement à distance des serveurs et des données chez des prestataires de confiance, s'affiche comme l'une des solutions majeures pour se protéger des cyberattaques.

Cybersécurité : Et si le Cloud était la solution...
Cybersécurité : Et si le Cloud était la solution... © OVH

La star de cette quinzième édition des assises de la sécurité numérique, qui se tiennent à Monaco jusqu'au 2 octobre, n'est pas celle qui était attendue. Et ni Guillaume Poupard, le directeur général de l'ANSSI (agence nationale de la sécurité des systèmes d’information) invité de prestige pour ouvrir et cadrer les débats, ni Eugène Kaspersky, fondateur russe de la société russe d'antivirus et invité d'honneur, n'ont réussi à l'éclipser.

C'est le Cloud - cette architecture informatique qui consiste à externaliser tout ou partie de son infrastructure, application et données dans un centre d'hébergement externe administré par l'entreprise ou un prestataire -  qui leur a volé la vedette. Dans les allées du salon donnant accès aux stands une cinquantaine d'exposants, dans les ateliers et tables ronde, partout, c'est le sujet qui domine.

 

Guillaume Poupard de l'ANSSI avait déjà annoncé la couleur dans son discours inaugural. "Le Cloud répond à un vrai besoin en matière de sécurité informatique. On accompagne les entreprises qui veulent aller vers le Cloud, comme le sens de l'histoire les y encourage, notamment pour les PME et les petites structures qui ne deviendront jamais expert en cybersécurité. Il faut encore élever le niveau de sécurité de certaines solutions mais il y a des acteurs sérieux et pas uniquement français. C'est pour cela que l'ANSSI pousse un référentiel Cloud pour faciliter le choix d'un prestataire de confiance qui garantit la localisation et un bon niveau la protection de leurs données", a précisé le patron de l'ANSSI.

 

Le Cloud, le sens de l'histoire, selon l'ANSSI

D'autant plus que la menace informatique n'a pas baissé d'intensité comme l'a rappelé l'attaque qui a frappé TV5 Monde mais également d'autres cyberattaques non médiatisées. Le discours de l'agence de cybersécurité a évolué : l'ANSSI propose le Cloud comme une solution majeure à la problématique de cybersécurité quand les années précédentes, elle insistait surtout sur les risques associés à une telle démarche.

 

Son directeur général justifie cette évolution : "Il y a une première phase où l'on passait pour des emmerdeurs en soulignant les risques. Mais l'ANSSI n'est pas là pour ramener tout le monde à l'ère de la bougie mais bien pour accompagner l'évolution numérique. C'est la sécurité numérique qui permet l'évolution numérique, cela ne doit pas être un frein".

 

Pour accélérer cette évolution, l'agence est en train de qualifier une vingtaine de prestataires de services Cloud. De quoi peut être rattraper le retard hexagonal en la matière. Seules 11% des entreprises françaises de plus de dix salariés ont acquis des services Cloud en 2014 contre 19% en Europe selon une étude Eurostat de décembre 2014.

 

"Les raisons fréquemment évoquées sont un manque de connaissances et la crainte de brèches de sécurité. Avec ses infrastructures et ses logiciels externalisés, le Cloud bouscule les protections informatiques en place dans l'entreprise", explique Pierre Calais, PDG d'Arkoon Netasq, filiale à 100% d'Airbus Défense et Espace, exposant sur le salon. Sa société profitait ainsi du salon pour dévoiler une nouvelle solution de chiffrement orientée Cloud. "Les données sont chiffrées lorsqu'elles sont stockées sur les serveurs à distance mais aussi quand elles transitent sur les réseaux", explique son dirigeant.

 

Les grandes entreprises sont séduites

Le nouveau discours de l'ANSSI ravit Oodrive, un prestataire en région parisienne qui propose des services de partage de fichiers confidentiels en ligne. Présent également au salon, il postule pour la qualification de prestataire de confiance Cloud de l'ANSSI. "Une telle qualification permettra de rassurer les entreprises qui hésitent encore", explique Frédéric Fouyet, son directeur de l'innovation. La société revendique une croissance à deux chiffres de son chiffre d'affaires basé essentiellement sur son offre Cloud. Oodrive met en avant que les données de ses clients français resteront bien sur le territoire national dans l'un de ses trois datacenters. "Depuis les révélations de Snowden sur les agissements de la NSA, c'est une demande appuyée de nos clients", se félicite le patron d'Oodrive.

 

Cela n'empêche pas d'autres hébergeurs d'origine nord américaine d'avoir un stand aux Assises et de proposer leurs services. C'est le cas d'Intralinks qui proposent des outils de travail collaboratifs et de partage de documents sensibles. "Les clients sont séduits par l'ergonomie de nos services et le niveau de sécurité de nos solutions. Chaque fichier est chiffré avec sa propre clé gérée par le client", explique l'un de ses représentants. Le prestataire doit faire preuve de persuasion du fait que ses serveurs sont localisés au Royaume-Uni et aux Etats-Unis. La société anime ainsi un atelier pour convaincre que l'on peut travailler en toute confiance avec un prestataire étranger. L'un de ses clients témoigne: le distributeur Système U passe par ses services pour le partage de documents entre son siège et ses 1500 magasins en France.

 

De fait, les entreprises commencent à prendre le virage du cloud. Et même les plus grandes, qui sont équipées d'une direction informatique et d'un responsable dédié à la sécurité informatique. C'est le cas des 230 entreprises réunies au sein du CESIN, le club des experts de la sécurité de l'information et du numérique, dont le président Alain Bouillé a fait le déplacement à Monaco. Ses membres sont de plus en plus sensibles aux sirènes du cloud. "Environ la moitié de nos membres ont adopté une solution cloud ou y réfléchissent sérieusement. Le cloud séduit car il apporte des avantages en terme d'économies et de rapidité pour déployer de nouveaux services informatiques", explique Alain Bouillé.

 

"Ce nouvel engouement s'explique, souligne Loïc Guezo, spécialiste pour TrendMicro qui offre des solutions de sécurisation pour les grands acteurs comme Microsoft ou Amazon. Il y a encore quelques années, c'était relativement nouveau pour tous les acteurs et un discours de prudence comme celui de l'ANSSI, s'imposait. Aujourd'hui, les technologies sont arrivées à maturité."

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