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Dans les nouvelles mobilités aussi, la fracture numérique se creuse

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Analyse Étude Autopartage, covoiturage et location entre particuliers sont particulièrement adaptés aux zones peu denses du territoire français. Mais c'est dans les grandes aires urbaines qu'ils sont le plus plébiscités. Un paradoxe pointé par l'Observatoire des nouvelles mobilités dans son deuxième rapport.

Dans les nouvelles mobilités aussi, la fracture numérique se creuse
Dans les nouvelles mobilités aussi, la fracture numérique se creuse © Cobber17 - Wikimedia commons

Les nouvelles formes de mobilité nées du numérique sont particulièrement adaptées aux zones rurales... mais celles-ci les boudent. C'est l'un des enseignements du deuxième rapport de l'Observatoire des nouvelles mobilités publié par l'Obsoco (Observatoire société et consommation) et le cabinet Chronos, avec le soutien de l'Ademe et de la SNCF. Ce n'est pas véritablement une surprise – une note de la Fabrique écologique pointait le même phénomène en juin dernier – mais cela rappelle que ces territoires peu denses peuvent (et doivent) être des terres d'expérimentations en matière de nouvelles mobilités.


Car pour le moment, c'est dans les territoires où l'offre de mobilité est déjà abondante (les villes-centres des nouvelles métropoles) que l'on consomme le plus de nouveaux modes de déplacement. 42% des parisiens font appel à des VTC. Dix fois plus que dans les zones rurales. Dans les grandes villes, on roule davantage en vélo en libre-service, on partage plus sa voiture qu'ailleurs. Seul le covoiturage longue distance s'impose comme une pratique universelle que ce soit pour les urbains ou pour les ruraux : un quart à un tiers des répondants le pratique. Mais 50% des covoitureurs le font de façon informelle, sans passer par une application... en particulier hors des grands pôles urbains.

 

La fracture numérique impacte la mobilité, l'auto résiste

Logiquement, plus la population est connectée, plus elle utilise de nouvelles formes de mobilité, qui passent souvent par des applications mobiles et services web. Si globalement 61% du panel interrogé utilise des applis numériques pour organiser ses déplacements, 48% des ruraux considèrent que les technologies numériques n'ont aucun impact sur leurs déplacements, 43% des habitants des villes de moins de 100 000 habitants.

 

Autre (demi) surprise : le foisonnement de nouvelles formes de transport ne fait pas reculer la voiture individuelle. Au contraire, le recours à la voiture personnelle augmente, alors que l'utilisation des transports publics diminue. 71% du panel voit encore la possession d'une voiture comme "la formule idéale". C'est surtout l'une des seules options dont disposent les actifs ruraux : la voiture n'est pas tant un rêve qu'un moyen de travailler. La multimodalité ou l'intermodalité sont réservés aux grandes aires urbaines, comme le montrent cette infographie.

 

 

 

Il y a donc une indéniable inégalité d'accès aux nouvelles formes de transport entre territoires. Et aux transports tout court. "Les habitants des territoires ruraux mettent trois fois plus de temps que les urbains à accéder aux services du quotidien", souligne Léa Marzloff, du cabinet Chronos. Une situation qui "renforce les vulnérabilités économiques et écologiques", s'inquiète-t-elle.

 

Construire "des territoires de courtes distances"

Loin de s'en tenir à un simple constat, l'Observatoire des nouvelles mobilités suggère des pistes pour développer les transports alternatifs dans les territoires peu denses. Par exemple par la mise en place d'une fiscalité plus favorable aux mobilités partagées et l'inscription du covoiturage dans l'espace physique (près des gares et des pôles d'échanges). L'observatoire invite plus largement à "favoriser les territoires de courtes distances" avec le développement de nouveaux services de proximité… mais aussi "à distance" (comme le télé-travail). L'ouverture d'espaces de coworking et la mise en place de services itinérants sont également préconisés.

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