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E-commerce, logistique, data… Les vastes chantiers numériques qui attendent Alexandre Bompard à la tête de Carrefour

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Alexandre Bompard, l'actuel PDG de Fnac-Darty, devrait succéder à Georges Plassat aux manettes de Carrefour. Ventes en ligne, drives, logistique, IT, expérience client, data... La nouvelle recrue devra mener de front une batterie de chantiers pour permettre au distributeur français de combler son retard sur le digital. Un rattrapage qui ne passera que par une forte stratégie omnicanal.

Réussir la transformation digitale de Carrefour : l'énorme défi d'Alexandre Bompard
E-commerce, logistique, data… Les vastes chantiers numériques qui attendent Alexandre Bompard à la tête de Carrefour

Sauf coup de théâtre, la nomination d'Alexandre Bompard à la tête de Carrefour devrait être officialisée dans les jours à venir. L'actuel PDG de Fnac-Darty devrait ainsi succéder, dès la semaine du 12 juin 2017, à Georges Plassat aux manettes du géant de la distribution. Si Alexandre Bompard a été choisi pour occuper ce nouveau poste, c'est notamment pour son expertise dans le digital. L'homme est, en effet, parvenu à faire du mastodonte des biens culturels un acteur qui compte dans le paysage de l'e-commerce français. Selon le dernier bilan de la Fevad, le site de la Fnac enregistre chaque mois 13,2 millions de visiteurs uniques (VU) et monte ainsi sur la troisième marche du podium, derrière Amazon, avec près de 23,5 millions de VU mensuels, et Cdiscount (groupe Casino) avec 16,6 millions de VU mensuels. En 2015, les ventes en ligne de la Fnac, combinées à celles de Darty auraient, elles, pesé plus d'un milliard d'euros.

 

Internet pèse moins de 2% du chiffre d'affaires global dans l'alimentaire

Or, le groupe Carrefour atteste encore un criant retard sur le numérique. En termes d'audience, Carrefour ne se hisse qu'à la 8ème place du classement, établi par la Fevad au premier trimestre 2017, avec 10,25 millions de VU mensuels. D'un point de vue business, "sur la partie alimentaire, les ventes en ligne représentent moins de 2% du chiffre d'affaires de Carrefour", assure un consultant, spécialiste du retail. Et d'affirmer : "Ils sont très loin d'avoir la même part de marché en e-commerce que celle qu'ils détiennent dans le monde réel". Carrefour est, en effet, le deuxième distributeur du pays avec 20,7% de part de marché en mai 2017, selon les derniers chiffres KantarWorldpanel.

 

Carrefour a loupé le coche du drive

Comment expliquer ce retard historique ? "Sur l'alimentaire, Carrefour a loupé le coche du drive", explique le consultant. Or le drive est LE levier qui a permis à la grande distribution française de faire décoller le marché alimentaire sur Internet, en contournant l'épineuse problématique des coûts de livraison. Si Intermarché est le premier à s'être lancé sur le drive, Leclerc a très rapidement vu l'attractivité de ce canal, explique le consultant. "Aujourd'hui, Leclerc détient 60% des parts de marché sur le drive. Il a bénéficié de la prime du premier entrant", précise-t-il. De son côté, Carrefour a mis du temps à se mettre sur la route du drive et a fait le choix d'organiser la préparation des commandes drive en magasin et non dans des entrepôts dédiés. "Carrefour déploie principalement ses drives au niveau des hypermarchés. Pourquoi ne pas les déployer dans la partie supermarché ? Cela nécessite toutefois d'avoir une très bonne visibilité des stocks et des efforts de rigueur en magasin", estime le même consultant.

 

Sur la partie non alimentaire, Carrefour s'est aussi fait distancer sur Internet. Un retard imputé à des divergences d'opinion au sein de la direction alors que les concurrents, eux, avançaient déjà leurs pions. Pour combler ce gap, Carrefour s'est donc offert, début 2016, la place de marché Rue du commerce. Le groupe cherche désormais à en faire son offre "non alimentaire" de référence. Il pourrait, comme le fait le groupe Casino avec Cdiscount, miser sur son important réseau physique pour jouer la complémentarité et proposer aux internautes de récupérer leurs colis en magasin.

 

Etablir une vraie stratégie omnicanal

La data chez Carrefour 

Chez Carrefour, 54 collaborateurs travaillent directement sur la problématique data. Les équipes planchent sur 14 millions d'actifs porteurs de carte de fidélité afin de mieux comprendre leur comportement de consommation. Le distributeur a mis en place un système big data pour traiter l'ensemble des données. Pour se donner une idée de la volumétrie à traiter, le groupe enregistre, chaque jour, 3 millions de transactions physiques dans ses magasins en France.

 

Car plus que rattraper son retard sur le commerce en ligne, Carrefour doit avant tout créer une vraie stratégie omnicanal pour pouvoir proposer à ses clients l'expérience la plus fluide possible, quel que soit le point de contact : en ligne, en drive ou en magasin. "Il y a énormément de chantiers à mener pour faire de Carrefour une entreprise omnicanal en croissance", commente le consultant.

 

Ces travaux de titan ont déjà débuté. Dans l'IT, Carrefour travaille notamment sur une refonte des back offices afin d'avoir une vision unifiée de chaque client. Dans la logistique, le distributeur planche sur un nouveau centre de préparation près de Lyon, où la part belle sera faite à l'automatisation. Carrefour travaille aussi sur les nouveaux modèles de livraison, sur la partie CRM ou encore sur l'expérience en magasin. Sur ce point, le retailer a récemment lancé un hackathon pour mieux exploiter ses données au service d'une interaction en temps réel. "Ils ont des chantiers sur tout, mais il s'agit d'une très grosse entreprise qu'il faut mettre en route. Et, dans ce contexte, si on touche à un bouton, il faut vérifier qu'on n'est pas en train de casser quelque chose d'autre. Il y a cet effet domino qui peut être très lourd", prévient le consultant. Aucun doute, Alexandre Bompard ne devrait pas chômer. 

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