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E-santé : un secteur peu investi par les candidats à la présidentielle 2017

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Comme chaque semaine, le think tank Renaissance Numérique et ses experts décryptent les programmes numériques des candidats à l’élection présidentielle 2017. Cette semaine, zoom sur les mesures de e-santé de François Fillon, Benoît Hamon, Marine Le Pen, Emmanuel Macron, Nicolas Dupont-Aignan..., avec Olivia Grégoire, fondatrice du cabinet de conseil Olicare, spécialisé sur les questions d’innovation en santé.

E-santé : un secteur peu investi par les candidats à la présidentielle 2017
E-santé : un secteur peu investi par les candidats à la présidentielle 2017 © Renaissance Numérique

Si la e-santé est évoquée par les candidats dans leurs déclarations, les programmes se font bien plus discrets sur la question. Il apparaît que les candidats à la Présidentielle 2017 ne soient pas pleinement parvenus à s’emparer de ces questions. La e-santé est bien trop souvent perçue dans les programmes comme un enjeu séparé de la santé, alors qu’elle en est partie intégrante. Pourtant, si le sujet est peu évoqué, la e-santé offre de réelles perspectives d’amélioration dans la prise en charge des patients, notamment en ambulatoire.

 

Fillon bon élève, Marine Le Pen pas réaliste

 

Sur le sujet de la e-santé, avec 6 mesures, le candidat le plus prolixe à ce sujet est sans conteste François Fillon. L’avantage de sa vision de la santé connectée est qu’il considère à la fois la plus-value en matière de prise en charge des patients, mais également la perspective économique que représente la e-santé comme marché : il propose à ce titre de créer un label "Hôpital France" pour exporter le savoir-faire français en termes d’hospitalisation.

 

Autre candidat à avoir cerné des enjeux pertinents de la e-santé, Nicolas Dupont-Aignan propose de "simplifier et dématérialiser les tâches administratives des médecins". Il est l’un des seuls à percevoir les possibilités de la e-santé sur la médecine prédictive et préventive. A noter que Marine Le Pen préconise également le suivi numérique des personnes en situation de maladie chronique ou de dépendance.

 

Sans surprise, la candidate frontiste adopte une vision très patriote de la santé, sa proposition centrale en la matière étant la suppression de l’Aide médicale d’Etat pour les résidents étrangers. Au plan du numérique, celle-ci se borne à des propositions très générales : soutenir les start-up innovantes du secteur par la création d’un "fonds d’investissement pour l’innovation en santé", simplifier de fonctionnement de la Sécurité sociale par la numérisation des démarches administratives. Elle propose par ailleurs que les aides aux entreprises innovantes de santé soient conditionnées à "un engagement pour l’entreprise de rester sur le sol français et de ne pas revendre les technologies à une entreprise étrangère pendant 10 ans", ce qui interroge sur la faisabilité d’une telle mesure.

 

Des propositions qui peinent à dépasser le déclaratif

 

Benoît Hamon propose quant à lui la mise en place d’une "commission permanente sur les enjeux éthiques et sociaux liés aux avancées scientifiques et à la révolution numérique".  Il pose en outre comme un "enjeu fondamental", mais de manière assez vague, le fait de soutenir l’innovation sociale et technologique dans le secteur de la santé". Le candidat socialiste réaffirme par ailleurs le droit à la déconnexion.

 

Certains candidats restent silencieux ou évasifs sur la question. Ainsi, la e-santé n’est évoquée par Emmanuel Macron que du point de vue de la télémédecine pour "un meilleur suivi des pathologies chroniques, rappelant que ces dispositifs innovants permettent de soigner avec qualité, à distance". Ni Yannick Jadot, ni Jean-Luc Mélenchon, ne traitent le sujet dans leurs programmes respectifs.

 

La e-santé est donc présente dans la majorité des programmes à l’élection présidentielle, mais on retrouve peu de propositions réellement convaincantes. On observe donc de nombreuses déclarations de principe en faveur de la santé connectée (notamment en matière de soutien à l’innovation), mais peu de mesures concrètes pour participer à son déploiement. A ce titre, les questions de financement et de gouvernance demeurent pour l’instant lettre morte.

 

Les propositions e-santé des candidats à la Présidentielle 2017

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