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Engie et l’Armée font leur marché dans un hackaton dédié aux drones

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Du 24 au 26 avril l’Ecole 42 a accueilli un hackaton de drones. Hack the drone a réuni 203 participants organisés en 28 équipes qui ont travaillé deux jours… sous l’œil de GDF Suez (devenu Engie) et de l’Armée de l’air, plus qu’intéressés.

Engie et l’Armée font leur marché dans un hackaton dédié aux drones
Engie et l’Armée font leur marché dans un hackaton dédié aux drones

Vers 16h, ce dimanche 26 avril, dans l’amphi du sous-sol de l’Ecole 42, dans le 17e arrondissement de Paris, ça sentait le neurone chaud. Plus d'une centaine d'étudiants, start-upers et employés d'Engie (le nouveau nom de GDF Suez) se pressaient sur les bancs multicolores pour écouter les pitch des 12 équipes finalistes du hackaton Hack the drone lancé deux jours plus tôt. Seize autres équipes avaient quitté l’aventure quelques heures auparavant, lors des demi-finales.

Sur les trois premiers rangs : un jury composé d’une quinzaine de personnes de Parrot, de Redbird, de Bordeaux Technowest… mais aussi trois membres du Centre excellence drone (CED) de l’Armée de l’Air et au moins autant de cadres d'Engie.

Anticolision, neutralisation, testing et metering

Dans des présentations plus ou moins bien ficelées et s’appuyant sur des prototypes plus ou moins aboutis, les équipes de 4 à 6 personnes ont présenté le résultat de 46 heures de travail intense et surtout insisté sur le potentiel de leurs idées dans l’une des quatre catégories imposées par l’énergéticien et ses partenaires pour ce concours : anticolision, neutralisation, "testing" (détection de corrosion et de déformations des canalisations, et "metering" (mesure).

Avec son dispositif de 42 grammes contenant trois émetteurs d’ultrason connectés à une carte Arduino programmé pour arrêter, voire faire reculer le drone, en cas d’obstacle, l’équipe DPM a gagné 1000 euros et une incubation de 3 mois au sein du CED à Salon-de-Provence. En analysant l’environnement dans toutes les directions de l’espace, leur invention (pour laquelle ils ont dépensé moins de 20 euros) promet une navigation sécurisée d’un drone dans un tuyau ou une cave par exemple.

Dans la catégorie neutralisation, l’équipe Caméléon a raconté la plus belle histoire : celle d’un "soft-bag", sorte de boule molle similaire à celle qui a permis l’atterrissage en douceur du rover Curiosity sur Mars, lancée du sol et capable d’avaler un drone dans les airs tel Pacman pour le faire retomber au sol sans risquer de blesser qui que ce soit. Joli… mais irréaliste d’un niveau balistique.

C’est donc l’équipe AirPMC qui, de façon beaucoup moins poétique et très efficace, a fait la démonstration de sa capacité à définir la position d’un drone intrusif via la déformation qu’implique sa présence sur les ondes présentes (Wi-Fi pour la démonstration, RF large bande dans leur idée). Ils ont gagné 3000 euros et le même accompagnement pour lancer leur projet que l’équipe DPM.

Pour le "testing", l’équipe Cédalion a impressionné le jury par sa capacité à imbriquer des technologies de traitement de l’image et de réseaux de neurones pour détecter avec précision des points de rouilles et des fissures sur la base de clichés réalisés par un drone sur des tuyaux fixés sur un ouvrage d’art. Ses membres ont empoché également 3000 euros et seront incubés au sein de "Paris Innovation Boucicaut" où ils seront suivis par Engie et Redbird, l'opérateur de drones français dans lequel GDF Suez a investi 2 millions d’euros le 1er avril dernier.

L’équipe qui a remporté la timbale dans la mesure est Lidron. Grâce à un module équipé de deux Lidar et d’un calculateur (Raspberry PI) que le drone porte ou pose par terre, son système est capable de mesurer la distance entre deux points et ce module et donc la distance entre ces points (par calcul géométrique).

Ils gagnent eux aussi 3000 euros et 3 mois d’accompagnement par Engie au sein de l’incubateur BeMyApp, qui a animé ce hackaton.

6 mois pour passer de l'idée à la commercialisation

Discrètement présent au fond de la salle, Stéphane Quéré, le directeur innovation d’Engie a regardé tout cela d’un air satisfait. "Nous venons ici chercher des solutions pour l’inspection, la mesure et la lutte contre les drones intrusifs sur nos installations mais aussi pour le développement de services sur les installations industrielles de nos clients, commente-t-il. Des membres de la direction des ressources humaines sont également venus pour distribuer aux participants des supports de communication sur notre marque employeur."

Si ce n’est qu’il y avait "plus de 30000 euros de prix" nous ne saurons pas combien l’opération aura couté à l’énergéticien. Quant au retour sur investissement, "il est impossible à calculer" selon le directeur innovation.

Mais les résultats doivent être concrets et rapides : "On se donne entre 3 et 6 mois pour basculer de l’idée à la commercialisation", lance aux partenaires membres du jury Ludovic Parisot, directeur de projet innovation chez Engie en charge de ce hackaton. Le rendez-vous est pris.

Charles Foucault

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