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Ensci-Les Ateliers, une fabrique de chefs de projets

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Vingt-troisième volet de la série "Ecoles du numérique". Détour par l’ENSCI-Les Ateliers, au cœur du XIe arrondissement à Paris, où des étudiants designers industriels se transforment en chefs de projets digitaux…

Ensci-Les Ateliers, une fabrique de chefs de projets
Ensci-Les Ateliers, une fabrique de chefs de projets © ensci.com/

Mais que vient donc faire l’école de design généraliste parisienne, l’ENSCI-Les Ateliers, dans une série sur les écoles du numérique ? L’école nationale supérieure de création industrielle, publique et dépendant à la fois des ministères de la Culture et de l’Industrie, comme l’avait voulu François Mitterrand en 1981, ne délivre en effet aucun diplôme spécialisé, hormis pour le textile. Les étudiants, qui y reçoivent un enseignement personnalisé de trois à cinq ans, sortent avec un diplôme de créateur industriel.

L’École en accueille environ 40 nouveaux par an, qui entrent après le Bac, un BTS, un DUT, une licence ou quatre ans minimum d’activité professionnelle dans un métier lié à la création industrielle. Ils peuvent aussi arriver via le programme MEDes (Master of European Design) créé par l’ENSCI en 1999 et qui regroupe six autres écoles de design européennes :  Köln International School of Design (KISD) ; Staatliche Akademie der Bildenden Künste Stuttgart (SAdBK) en Allemagne ; University of Industrial Arts Helsinki (UIAH) en Finlande ; Politecnico di Milano en Italie ; Glasgow School of Art (GSA) au Royaume-Uni et Konstfack, Stockholm en Suède. L'établissement forme chaque année environ 273 étudiants de toutes nationalités.

"Ce sont les étudiants qui choisissent les enseignements théoriques..."

ENSCI-Les Ateliers
Date de création : 1982
Recrutement   : Concours ouvert à tout candidat. Rentrée en septembre.
Durée des études : variable en fonction de la catégorie d'entrée . Catégorie I (Bac toutes séries) : 5 ans d'études ; Catégorie II (Bac +2/3 : Licence, DUT, BTS) : 4 ans d'études ; Catégorie III (Bac +4 et plus) : 3 ans d'études ; Catégorie IV : (expérience professionnelle d'au moins 4 ans) 3 ans d'études
Stages : 2 x  6 mois
Diplôme : diplôme de créateur industriel (grade Master) ; diplôme de designer textile (jusqu’en 2018) et 2 mastères spécialisés accrédités par la Conférence des Grandes Écoles : Création et Technologie Contemporaine  et "Innovation by design".
Coût : 426 € / an (+ SS étudiant: 211 €)
Salaire moyen brut à l’embauche : de 30 à 45 K€/an en fonction des secteurs
Nombre d’élèves en 2013- 2014 : 273
Nombre d’anciens élèves : NC
Nombre de partenariats : 80 écoles et universités partenaires à travers le monde et 30 et 40 partenariats entreprises par an.
Localisation : 48 rue Saint Sabin, 75011 Paris

Mais si l’ENSCI-les Ateliers a sa place dans cette série, c’est surtout grâce à la deuxième partie de son nom : "les Ateliers". Le cursus, personnalisé, est composé pour moitié d’enseignements théoriques, et pour l’autre d’ateliers, généralement d’un semestre, pour faire avancer une problématique proposée le plus souvent par une entreprise. Les étudiants peuvent choisir entre neuf ateliers (muséologie, énergie et Green IT, transport et mobilité, services, territoires…).

L’un d’entre eux s’appelle le "Design Technologies numériques - Services & Contenus - Objets connectés - Intelligence Ambiante" et succède à l’atelier ADN (Atelier design numérique) que Jean-Louis Fréchin, designer numérique, a animé durant dix ans. C’est dans ce cadre que les étudiants deviennent de vrais chefs de projet numérique, capable de coordonner développeurs, graphistes, bureau d’études, équipe marketing… En 2013-2014, ils ont par exemple planché sur la voiture connecté pour Renault ou l’école du futur pour l’éditeur Editis (Nathan, Bordas...). Les travaux seront d’ailleurs présentés en juin 2014 lors de Futur en Seine.

L’année précédente, c’est sur un programme de recherche sur les télécommandes simplifiées, proposé par le laboratoire ECAL-EPFL et un concours proposé par Orange que certains étudiants se sont investis. "Ce sont les étudiants qui choisissent les enseignements théoriques et les ateliers sur lesquels ils souhaitent travailler. Les acquis étant validés chaque semestre", explique Pascal Valty, designer, responsable de l’atelier Territoires Numériques. Ainsi, un 1ère année peut travailler avec ceux de 2e, de 3e ou 4e année, voire des étudiants étrangers du programme MEDes, pendant sa scolarité. La cinquième année étant réservée au projet individuel de diplôme.

La fabrication numérique comme spécialité

Mais pas question de tout cloisonner. "L’orientation de l’école a toujours été de travailler sur la relation entre être humain, objet et espace", rappelle Bernard Kahane, directeur de l’École. Le numérique peut donc entrer dans d’autres ateliers. "Nous apprenons aux étudiants à réfléchir et à n’utiliser le numérique que si c’est nécessaire", explique Simon d’Henin, designer et directeur d’atelier de projet fabrication numérique à l’ENSCI-Les Ateliers.

La fabrication numérique est l’une des grandes spécialités de l’école, qui va d’ailleurs ouvrir cette année un Fablab dans le quartier parisien de Bastille (près de l’école) en collaboration avec les Bretons de Fabshop, dans le cadre de l’appel à candidatures du ministère de l’Industrie (DGCIS). La programmation de cartes électroniques Arduino et la fabrication numérique sont les deux premiers modules de formation continue, que l’école commence à développer.

Et si l’École peine encore à recruter des profils technologiques parmi ses étudiants, qui postulent à l’ENSCI-Les Ateliers souvent plus dans l’idée de concevoir des tables ou des chaises que des interfaces numériques, les choses pourraient changer. Venu pour concevoir des produits, Alexandre suit cette année le programme dédié à l’entrepreneuriat commun avec l’ESCP (Ecole supérieure de commerce de Paris) pour demain monter une entreprise qui démocratiserait la médiation grâce à la technologie. Loïc, lui, se voit bien créer une start-up avec son meilleur ami ingénieur informatique. Et puis, des diplômés de l’ENSCI-Les Ateliers n’ont-ils pas été recrutés par Apple et Google ? Cela pourrait finir par se savoir.

Aurélie Barbaux

"A l’ENSCI, on apprend à apprendre collectivement des autres"
Mathilde Maitre, diplômé 2009, lead designer chez Faber Nobel

C’est pour dessiner de beaux objets que Mathilde Maitre est entrée à l’ENSCI-Les Ateliers, Bac S et BTS de design industriel en poche. Mais, contre toute attente, ce sont les ateliers ADN proposé par Jean-Louis Fréchin, également directeur de l’agence No-design, qui vont la séduire. Elle participera à plusieurs d’entre eux, jusqu’à choisir un projet d‘interface numérique pour son projet de diplôme. "Une fois diplômée, j’ai pu travailler pour l’agence Atoma, spécialiste du design d’interface, avant d’intégrer la société informatique open source AS83, qui voulait intégrer un designer de son équipe. Là j’avais un rôle de contact avec toutes les parties prenantes d’un projet. Je crée le lien entre les attentes exprimées, les graphistes, les développeurs. C’est ce que l’on apprend à l’ENSCI, la culture d’apprendre des autres et d’apprendre ensemble", raconte la designer. Un profil et un savoir-faire de chef d’orchestre, qui vient de séduire une autre agence de communication numérique. Mathilde Maitre a rejoint depuis quelques semaines l’agence Faber Nobel.

Consultez le palmarès des écoles du numérique 2014

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