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Epita, des ingénieurs plus codeurs que managers

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Sixième volet de notre série sur les écoles du numérique : l’Epita. L’école privée forme des ingénieurs aux compétences informatiques poussées, et ouverts vers la création d’entreprise.

Epita, des ingénieurs plus codeurs que managers
Epita, des ingénieurs plus codeurs que managers

L’école d’informatique créée en 1984 a voulu devenir école d’ingénieurs. Elle y est parvenue, et forme aujourd’hui des "ingénieurs généralistes de l’informatique", selon son directeur, Joël Courtois. Credo du dirigeant de l’Epita, école privée du groupe Ionis : doter ses diplômés des compétences génériques à tous les ingénieurs, des techniques spécifiques à leur domaine, et d’un état d’esprit tourné vers l’innovation, la création d’entreprise, l’international, le travail en équipe. "On les forme aux métiers existants, mais on leur donne aussi les compétences pour aborder, plus tard, ce qui n’existe pas encore", souligne-t-il.

Dès leurs années de prépa intégrée, les jeunes qui rentrent à l’Epita après le bac sont confrontés, à côté des enseignements scientifiques classiques, à des approches projet et à une ouverture à la recherche. Récemment, des étudiants de deuxième année de classe préparatoire ont même créé une société qui a fait 500 000 euros de bénéfices ! "En prépa, déjà, explique le directeur, on leur dit qu’ici tout est possible, qu’on les accompagnera de façon personnalisée dans leurs projets."

Création d'un accélérateur de start-up

Les trois années du cycle ingénieur alternent à deux reprises un an de cours, six mois de stage. S’ils sont initiés au marketing et au droit, histoire de leur ouvrir l’esprit, les étudiants de l’Epita, - c’est leur particularité -, restent très marqués par une formation technique poussée. L’école du Kremlin-Bicêtre, aux portes de Paris, laisse le management à d’autres, ses ingénieurs savent faire du code, ce que les entreprises apprécient à nouveau.

L’école en quelques chiffres

EPITA, l’école de l’intelligence informatique

- Date de création : 1984
- Recrutement : concours Advance après bac ; concours Epita-Ipsa après CPGE ; sur dossier pour licence, DUT, BTS
- Durée des études : 3 ans ou 5 avec prépa intégrée. Diplôme : ingénieur -Coût (2013) : 6 890 € en prépa, 8 790 € en cycle ingénieur
- Salaires de sortie : 39 841 € hors prime (moyenne France/étranger)
- Nombre d’élèves en 2012-2013 : 1 291. Nombre d’anciens élèves : 5 772
- Localisation : Kremlin-Bicêtre, Villejuif
- Durée obligatoire des stages : 48 semaines
- Nombre de partenariats à l’étranger : 7 doubles diplômes

 

Le premier stage de six mois est d’ailleurs souvent un stage de développeur.

En fin de première année du cycle d’ingénieur, les étudiants choisissent une des huit majeures proposées par l’école en deuxième et troisième années (multimédia, sciences cognitives, traitement d’image, sécurité, systèmes embarqués…). Secteur mouvant oblige, ces spécialisations évoluent. La majeure "télécoms" s’est par exemple ouverte aux technologies mobiles. Tous les étudiants  travaillent forcément, dès leur deuxième année, sur un projet fourni par une grande entreprise. Depuis la rentrée 2013, l’Epita a renforcé sa formation en intelligence économique, portée par la demande des gouvernements et des entreprises, pour en faire une "mineure" de troisième année "ingénieur". Ouverte sur la création d’entreprise, l’Epita a créé un accélérateur de start-up, "Startup42", pour ses étudiants. Le rêve de beaucoup d’entre eux…

Google les recrute

Diplôme d’ingénieur en poche, c’est la dispersion générale. Les presque 6 000 anciens travaillent dans plus de 2 000 entreprises. Leurs principaux employeurs – Thales, Orange, Capgemini – en ont recruté une centaine chacun, pas plus. Un quart des jeunes diplômés intègrent un éditeur de logiciels. Sept ou huit d’entre eux travaillent chez Google, aux Etats-Unis. Une très bonne carte de visite, pour une école qui cherche à attirer des jeunes geeks, pas forcément premiers de la classe, ni sortis de prestigieuses classes prépas. Quand ces ingénieurs débutants rejoignent  la direction informatique d’un grand industriel, c’est parfois "un choc pour eux", reconnaît le directeur. Ils se voyaient plus dans une start-up de l’internet, "mais les compétences numériques sont  très recherchées dans les entreprises classiques, où ils feront de jolies carrières", explique Joël Courtois. La formation ingénieur de trois ans coûte 26 000 euros mais, largement reconnue par les employeurs, elle ouvre de nombreuses portes.

Comme beaucoup d’écoles d’ingénieurs, surtout dans le numérique, l’Epita regrette de ne pas attirer plus de jeunes filles. "Elles représentent entre 5 et 10% des effectifs selon les années, précise le directeur. Les métiers de l’informatique sont de plus en plus des métiers de services, et les filles y sont particulièrement recherchées. Elles en jouent pour obtenir, à poste égal, un meilleur salaire." Avis aux amatrices… D’autant que le système de recrutement de l’Epita permet d’accueillir des jeunes venus d’un peu partout, pourvu qu’ils soient particulièrement motivés.

Cécile Maillard

Mélanie Paziault, 26 ans, diplômée 2011

"Je suis un vrai couteau suisse !"

"J’ai démarré par deux années à l’université, en informatique, mais je voulais une formation plus proche du marché du travail. Je suis alors entrée dans le cycle ingénieur de l’Epita, sur tests et entretiens de motivation. Très vite, on est dans la pratique et la gestion de projet. On travaille dans des conditions proches de celles de l’entreprise. En deuxième année, on travaille forcément dans un atelier parrainé par une entreprise, qui propose des projets réels. Et il y a de grosses enseignes ! J’ai travaillé sur des projets Adobe, mais aussi participé aux concours internationaux organisés par Microsoft ou Samsung. C’est très stimulant ! L’école nous offre un riche écosystème, à nous de prendre ce qui nous est le plus profitable. A l’issue de mon stage chez Adobe, j’ai été embauchée comme 'solution consultant'. J’analyse les besoins de clients en produits non standardisés, et travaille avec les commerciaux et techniciens pour leur apporter des prototypes. Je suis un vrai couteau suisse !"

 

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