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ESIEA, l’école qui implique ses anciens élèves

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Dixième volet de notre série sur les écoles du numérique : l’ESIEA. Cette école d’ingénieurs en cinq ans propose deux grandes filières : systèmes d’information et systèmes embarqués, toutes deux complétées par des formations au management et une ouverture à la recherche.

ESIEA, l’école qui implique ses anciens élèves
ESIEA, l’école qui implique ses anciens élèves © ESIEA

Ici, le jeudi après-midi est réservé aux projets associatifs. Quelques étudiants construisent une imprimante 3D dans une grande salle sous les toits de l’ancienne usine de sucettes Pierrot Gourmand dans laquelle s’est installée l’ESIEA, à Ivry-sur-Seine (Val-de-Marne). L’école forme des ingénieurs en cinq ans après le bac : des études généralistes en électronique et informatique durant les trois premières années, puis une spécialisation en quatrième année en Systèmes d’information ou Systèmes embarqués, et une cinquième année où le choix d’une majeure et de deux mineures (une technique, une managériale) permet aux étudiants de se construire un parcours à la carte.

En 1975, le fondateur de l’école, un ingénieur, a fait don de l’ESIEA à l’association des anciens élèves et amis de l’ESIEA (entreprises partenaires). Une structure juridique rare, qui pousse les anciens à s’investir dans la mise à jour des cours et à trouver des stages aux étudiants, et veille à une forte présence de la formation humaine dans le cursus.

Accent mis sur la recherche

Petite école - chaque promotion fait moins de 200 élèves - l’ESIEA joue la carte de la recherche pour se démarquer. Fatiha Gaz, directrice de l’école depuis peu, insiste : "l'initiation à la recherche se pratique dès la première année, par des cours assurés par les enseignants-chercheurs et l’ouverture à nos élèves de nos quatre laboratoires". Ce sont ces enseignants qui suscitent chez leurs étudiants l’envie de suivre le parcours "Espoir recherche" : les plus doués en informatique, qui ont envie d’avancer plus vite, peuvent travailler avec les enseignants-chercheurs sur leurs programmes. Ils sont entre 20 et 30 chaque année, toutes promotions confondues.

L’école en quelques chiffres

ESIEA, Ecole supérieure d’informatique, électronique, automatique

Date de création : 1958

Recrutement : Bac S surtout (concours Alpha) ; CPGE ; DUT-BTS, L1 à Master

Durée des études : 5 ans

Diplôme : ingénieur (habilitation CTI)

Coût (2013) : 7850€ par an pendant 5 ans

Salaire de sortie : 38100€ bruts annuels (enquête CGE)

Nombre d’élèves en 2013-2014 :  900

Nombre d’anciens élèves : 6600 en activité

Localisation : Paris ; Laval

Durée obligatoire des stages : 13 mois

Nombre de partenariats à l’étranger : 51

La pédagogie par projet démarre tôt dans le cursus, et en quatrième année, tous les étudiants consacrent 250 heures à un projet pour un client externe (entreprise, laboratoires de l’école, anciens élèves, collectivités locales…) ou pour les élèves eux-mêmes.

Thomas Bejuit, élève de cinquième année, a travaillé dès sa deuxième année avec le laboratoire "Acquisition et traitement des images et du signal" (ATIS) de l’école sur un projet d’aile delta pilotée automatiquement. En troisième année, il a réalisé, avec le laboratoire "Réalité virtuelle",  un jeu de tir à l’arc pour un gant 3D. Tout naturellement, il a embrayé en quatrième année sur le programme "Espoir recherche", cette fois avec le laboratoire "Art et recherche numérique". Il a dû répondre à une commande réelle d’un client, un artiste souhaitant réaliser un cadre en bois pourvu de LED et piloté à distance, qui a été exposé à la biennale de Venise…  Son objectif, aujourd’hui : travailler en SSII, "pour la relation client", précise-t-il. La majorité des diplômés partent d’ailleurs dans une ESN, entreprise de services numériques, nouveau nom des SSII.

Un anti-virus open source made in France

Parmi les points forts de l’école : la formation en sécurité informatique. Le laboratoire de cryptologie et virologie opérationnelles dirigé par Eric Filiol, directeur de la recherche de l’ESIEA, est classé "zone protégée défense" et travaille pour le ministère de la Défense. Il est impliqué dans le projet DAVFI, "premier antivirus open source made in France", selon l’école, dont la version Android a été conçue par le laboratoire d’Eric Filiol. Ses deux sites, à Laval et Paris, proposent d’ailleurs des mastères spécialisés (un labellisée de la Conférence des grandes écoles) sur la sécurité informatique. Plusieurs travaux de recherche portent sur l’utilisation du numérique dans la santé, un des axes sur lequel l’ESIEA souhaite se développer.

L’école cherche à agrandir ses promotions, en faisant entrer des profils un peu différents. L’école s’ouvre de plus en plus au bac STI2D, qui dispose maintenant d’une filière numérique. Ces étudiants bénéficieront d’un accompagnement en maths et physique. L’ESIEA accepte aussi en deuxième année les "reçus-collés" de première année de médecine, qui, eux, doivent rattraper le niveau en informatique...

La formule "Espoir recherche" plaît, l’ESIEA a décidé de la décliner en créant un parcours "Espoir entreprenariat", qui ouvrira en 2014. Des cours seront aménagés pour "pré-incuber les étudiants qui ont une véritable idée, validée par des mentors", selon la directrice de l’ESIEA. Là aussi, la forte implication des anciens peut faire la différence.

Cécile Maillard

"J’ai pris goût à la gestion de projet"

Fouad Jabri, 24 ans, diplômé 2012, consultant en Business Transformation chez Solucom

"Je suis entré à l’ESIEA après un bac S, parce que cette école offre une formation technique, mais un peu moins que dans d’autres écoles d’ingénieurs spécialisées en informatique. On est aussi formé au management, au droit, au marketing, à la gestion de projet. Après deux années à perfectionner mon socle technique – je partais de zéro en informatique ! – en troisième année, je suis parti un semestre à la Concordia University, université anglophone de Montréal. Au retour, je suis devenu président du Bureau des élèves. En 5e année, j’ai choisi la majeure 'Management et systèmes d’informations', parce que j’avais pris goût à la gestion de projet. Ca m’a permis d’être embauché chez Solucom, un cabinet de conseil en management et systèmes d’information. J’interviens en amont des projets, pour proposer des solutions aux clients. Je fais du conseil, de l’avant-vente, des tâches d’ingénieur d’affaires, passionnantes. Exactement ce qui m’a plu, au fur et à mesure que j’avançais dans mes études."

 

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