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Et maintenant, quel réseau choisir pour vos objets connectés ?

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Sigfox, LoRa, Qowisio… Les technologies et les opérateurs se multiplient pour connecter entre eux les objets communicants sans passer par un smartphone ou une box internet.

Et maintenant, quel réseau choisir pour vos objets connectés ?
Et maintenant, quel réseau choisir pour vos objets connectés ? © LoRa Alliance

En matière d’objets connectés, il y a deux camps. Les équipements gourmands en énergie, qui doivent envoyer et recevoir leurs données par Wi-Fi ou GSM. Et les capteurs et objets moins énergivores, en veille la plupart du temps, et qui n’ont besoin de transmettre qu’un tout petit volume d’informations par jour. C’est le cas des compteurs, d’eau et d’électricité notamment, mais aussi de nombreux équipements pour l’industrie, la logistique, la smart city… Pour eux, des réseaux spécifiques bas débit longue portée sont en développement, à commencer par celui du pionnier dans ce domaine, le toulousain Sigfox.

 

Mais le choix s’élargit avec l’arrivée sur le marché d’un réseau conçu par l’angevin Qowisio et de ceux d’opérateurs télécoms utilisant la technologie LoRa. Sans oublier un nouveau venu, Archos, qui a développé une technologie maison. Le choix final d’un réseau dépendra autant des besoins techniques, du prix que de l’urgence à déployer ses objets. Toutes les solutions n’ayant pas atteint le même niveau de maturité.

 

1 Comparer les réseaux

Les fabricants d’objets veulent se tourner vers l’opérateur couvrant le territoire le plus large. Or seul Sigfox a, pour l'instant, publié des cartes précises de couverture. Il est donc difficile de savoir qui a le meilleur réseau. D’autant que l’ultra narrow band (Qowisio et Sigfox) et l’étalement de spectre (LoRa) sont deux technologies aux philosophies différentes. Par définition, un réseau LoRa a besoin de plus d’antennes que Sigfox pour proposer un service équivalent. Seule certitude, fin 2015, Sigfox était – largement – devant ses concurrents. Ses 1 500 antennes couvrent 91 % de la population française.

 

Bouygues Telecom et Orange, qui ont choisi la technologie LoRa, ne sont encore qu’en phase pilote. Ils prévoient l’ouverture commerciale de leur réseau au premier trimestre 2016. Orange annonce qu’il irriguera 17 agglomérations au démarrage, soit 1 200 communes. Bouygues promet de couvrir "l’essentiel de la population française" à la même date et l’ensemble du territoire fin 2016. Qowisio, lui, prévoit d’installer le même nombre d’antennes que Sigfox, environ 1 500, et ouvrira son réseau début 2016. Quant à la connectivité à l’étranger, Sigfox semble avoir une longueur d’avance. Quatre pays étaient entièrement couverts début décembre 2015, et huit autres sont en cours de déploiement.

Le nouveau réseau d’Archos

En octobre 2015, le fabricant français de produits électroniques Archos a annoncé la création d’une filiale, PicoWAN, qui va déployer un réseau bas débit longue distance pour les objets connectés. 200 000 pico-passerelles devraient être déployées en Europe de l’Ouest, dès juin, sous forme de prises électriques. Elles incluent une nouvelle technologie développée par l’entreprise, la MAC (medium access control), compatible avec LoRa, qui permet de créer un réseau sans antenne sur les toits. C’est Henri Crohas, le fondateur d’Archos, qui pilote ce projet.

 

2 Pour une connexion immédiate

Pour les entreprises pressées, le choix est donc vite fait. "On a regardé la réalité des choses et discuté avec de nombreux acteurs du marché. Or, pour tracer des actifs mobiles comme des engins de chantier, en pleine nature et à faible coût, il n’y a pas 36 solutions disponibles aujourd’hui : seul Sigfox le fait. Et je ne vois pas les choses changer dans les six prochains mois, malgré les effets d’annonces", raconte Olivier Pagès, le dirigeant de FFLY4U, qui développe des solutions logistiques connectées. La solution de Sigfox est surtout prête à l’emploi.

 

"On sort le capteur de la boîte en France comme au Danemark et il est immédiatement opérationnel. Pas besoin d’installer un amplificateur de réseau à proximité ou de prendre un abonnement avec un opérateur dans chaque pays", explique Jérôme Leroy, à la tête de Weenat, une start-up qui conçoit des capteurs pour l’agriculture. Le patron de la jeune pousse implantée à Lille identifie tout de même un point d’amélioration : le prix des puces. "Les tarifs ne sont pas encore très accessibles, faute de volumes très importants. Mais ça va venir", espère-t-il.

 

3 Pour des volumes de données plus importants

Pour envoyer de très faibles volumes de données quelques fois par jour, Sigfox semble le champion incontesté. Dès qu’il s’agit de communiquer un peu plus souvent, LoRa se détache. Le réseau déployé en France par Bouygues Telecom et Orange présente une capacité de bidirectionnalité (pouvoir recevoir et envoyer de l’information dans les deux sens) plus importante que celui de la start-up toulousaine. C’est en tout cas l’une des raisons pour laquelle le fabricant d’équipements de sécurité français Finsecur a choisi LoRa.

 

"La détection incendie a besoin d’une bidirectionnalité symétrique, explique Christophe Bonazzi, son PDG. Sigfox annonce que sa techno est bidirectionnelle, mais elle ne l’est que de façon épisodique : il y a beaucoup d’allers et peu de retours. Nous devons pouvoir choisir quand on communique sans contrainte dans les deux sens, aussi bien quand on donne l’alerte que quand on veut savoir si un détecteur est actif ou connaître le niveau de charge de ses piles." Attention aux échanges bidirectionnels. Trop nombreux, ils peuvent diminuer drastiquement la durée de vie de batterie des équipements.

 

4 Pour des objets en mouvement

Bouygues Telecom l’annonce haut et fort : son réseau LoRa pourra être utilisé pour géolocaliser par la méthode de la triangulation des objets avec une précision de 10 à 50 mètres. Une finesse qui multiplierait le prix du service par 5 à 10, car il faudrait augmenter le nombre d’antennes, selon Sigfox. Une promesse difficilement tenable. "Si on annonce que la triangulation LoRa va remplacer le GPS, cela risque de générer de la frustration, car il va falloir attendre deux ou trois ans que les réseaux déployés soient matures", estime Cyrille Le Floch, le PDG de Qowisio, qui propose une offre de macrogéolocalisation, tout comme Sigfox. "C’est utile pour des services où l’on a juste besoin de savoir si une palette ou un conteneur est arrivé dans telle ville ou tel centre de tri. La précision est de l’ordre de quelques kilomètres", annonce Thomas Nicholls, le responsable marketing de Sigfox.

 

La technologie n’est pas tout. Pour Cyrille Le Floch, les arguments techniques avancés par certains opérateurs pour tenter de se différencier brouillent le choix et évacuent un peu vite l’aspect économique et les besoins métiers que peuvent combler les différents réseaux. Seul Sigfox annonce un tarif clair, de 70 centimes à 8 euros par objet et par an (dégressif en fonction du volume d’objets à connecter). Il faudra attendre que Bouygues, Orange et Qowisio lèvent le voile sur leurs offres commerciales pour comparer.

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