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Et si Fleur Pellerin était la première ministre numérique de la Culture

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Vu ailleurs Parfois décriée par certains, sur le départ selon d'autres, Fleur Pellerin expose dans Society sa vision du ministère de la Culture à l'ère du numérique. Pas question pour la jeune femme moderne d'être un ministre à la papy qui construit des grands bâtiments et instruit la population. A l'heure du web, elle doit gérer la démultiplication des accès à la culture.  

Et si Fleur Pellerin était la première ministre numérique de la Culture
Et si Fleur Pellerin était la première ministre numérique de la Culture © Luc Perenom - L'Usine Nouvelle

Dans le numéro 21 du quinzomadaire Society (disponible en kiosque jusqu'au 24 décembre)(1) figure une longue interview de la ministre de la Culture, Fleur Pellerin. Elle y expose notamment pourquoi à l'ère du numérique le rôle de son ministère ne peut plus être le même qu'aux temps de Malraux, Lang ou Albanel. Et son discours prouve qu'au moins elle sait de quoi elle parle quand elle évoque le numérique et la culture.

 

"Notre ministère de la Culture, le plus puissant du monde, n'a pas suffisamment renouvelé sa réflexion depuis 30 ans sur ses politiques, à qui il s'adresse, au nom de qui il parle et ce qu'il veut faire", explique la ministre qui, en une phrase, dresse un bilan de l'action de ses prédécesseurs.

 

Gérer la surabondance

Pour elle, un des principaux changements consécutifs au numérique est qu'on est passé d'une ère de rareté des œuvres à un monde où l' "accès est démultiplié. On est dans la surabondance alors qu'avant, on gérait une politique culturelle dans la rareté".

 

Autre changement important pointé par Fleur Pellerin : les prescripteurs. Avant, il y avait ceux qui savaient, aujourd'hui les pairs ont de plus en plus d'importance. En conséquence, elle considère que le rôle du Ministère ne peut pas être de se "contenter des créer des lieux culturels". Elle explique ainsi que son ambition est de mettre la culture "au cœur de la conversation nationale". Pour cela, pas de grands événements nationaux, mais la volonté de développer une politique culturelle au plus près des gens et des réalités du terrain.

 

On ne peut plus agir partout de la même façon explique la ministre. "Ce qui va fonctionner dans les quartiers nord de Marseille ne va pas forcément fonctionner à Arras. On cherche le stimulus qui va faire que quelqu'un qui se sentait illégitime dans un lieu culturel va tout à coup avoir envie d'y aller puis d'y retourner", explique la ministre qui indique que sa priorité est "d'ouvrir l'accès à la culture ".

 

Soutenir les industries culturelles françaises

Se présentant sans complexe comme la ministre des industries culturelles, elle considère qu'il est essentiel qu'il y ait "des champions français qui puissent être forts dans la compétition mondiale". De même, la ministre n'hésite pas à vanter les mérites de l'algorithme, même si elle considère supérieures les recommandations faites par les vrais gens. "L'algorithme peut aider dans beaucoup de domaine, y compris au ministère de la Culture", note Fleur Pellerin. Notamment pour analyser la fréquentation des lieux culturels et mieux adapter l'offre aux désirs des visiteurs.  

 

De même évoquant les plateformes de crowdfunding, la ministre considère que l'action de son ministère doit désormais tenir compte du rôle actif joué par ceux qui hier lisait un livre ou voyait un film... financé par d'autres. 

 

Si elle a été moquée pour sa méconnaissance supposée de l'œuvre de Patrick Modiano, prix Nobel de littérature, Fleur Pellerin connaît plutôt bien les enjeux du monde culturel à l'ère numérique. A quand une uberisation de la rue de Valois ou un hackathon au Centre national du Livre ? 

 

(1) dans le même numéro figure une interview du philosophe Bernard Stiegler et une enquête sur Paul Duan, l'homme qui voulait réduire le chômage grâce aux algorithmes.

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