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Et si la grande école du numérique préfigurait (enfin) la formation du XXIe siècle

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A peine rendu le rapport sur la Grande école du numérique, le président de la République a annoncé la mise en oeuvre de celle-ci avec l'objectif de former 2500 personnes d'ici à la fin de l'année. En baptisant "grande école" la fédération de formations existantes qui devront être labellisées, le gouvernement entend montrer l'ambition du projet qui, l'air de rien, contourne les règles de l'éducation nationale. 

Et si la grande école du numérique préfigurait (enfin) la formation du XXIe siècle
Et si la grande école du numérique préfigurait (enfin) la formation du XXIe siècle © Pascal Guittet

Ne pas se laisser tromper par le nom. La Grande école du numérique n'aura que l'appelation en commun avec ses lointaines cousines Normale Sup, HEC ou Polytechnique. Comme l'a dit le président de la République François Hollande, qui recevait officiellement le rapport de la mission de préfiguration : "Nous sommes en train d'inventer l'École Polytechnique de demain mais avec des modes différents".

 

Au jeu des différences, le président a rappelé ce qui caractérise les grandes écoles classiques et qui ne se retrouvera pas dans la nouvelle venue : "Une grande école ça donne l’impression de quelque chose de sélectif. Cela suppose un lieu, quelque chose d’unique."

 

Dans cette nouvelle grande école, pas de sélection à l'entrée, des cursus ouverts allant de 3 mois à deux ans, ouverts à des jeunes peu, voire pas, diplômés. Ce qui comptera c'est la motivation des candidats. Le président de la République a même indiqué que des bourses allaient être ouvertes pour aider les jeunes qui veulent suivre les cours. Ils profiteront de méthodes pédagogiques innovantes, où le savoir faire comptera plus que les connaissances théoriques pures, avec un accent mis sur la transmission de pair à pair.

 

PROGRAMME À LA CARTE MAIS LABEL UNIQUE

Pas question non plus d'imposer un programme unique pour toutes les formations. La liberté devrait prévaloir, d'autant que la grande école du numérique devrait couvrir tout le territoire pour s'ouvrir autant aux jeunes urbains qu'à ceux des zones rurales. 

 

Si labellisation il y a, c'est parce qu'elle est nécessaire pour que les formations dispensées puissent être inscrites au répertoire nationale des certifications nationales, une démarche obligatoire notamment pour qu'elles puissent être prises en compte dans les conventions collectives.

 

Pour rejoindre ce réseau d'un nouveau genre, un appel à projet a été lancé, a précisé Axelle Lemaire, la secrétaire d'Etat chargée du Numérique. Les formations candidates ont un mois pour déposer leur dossier.

 

2500 ÉLÈVES EN FORMATION dès FIN 2015

Car si François Hollande avoue avoir été étonné (à moins qu'il ne le feigne) quand on lui a proposé d'organiser un hackathon dans l'Hôtel de Marigny, une annexe de l'Elysée, se demandant s'il s'agissait d'une "entreprise étrangère", il semble néanmoins avoir été convaincu qu'en matière de formation au numérique il faut aller vite et tout de suite. 

 

D'ici à la fin de cette année, 50 structures seront labellisées Elles devraient former 2500 élèves. A l'horizon de 2017, 150 formations supplémentaires auront rejoint le réseau de la Grande école du numérique, une structure qui aura la forme d'un groupement d'intérêt public.

 

Dans son rapport, la mission de préfiguration prévoit un budget 500 000 euros pour faire fonctionner la structure de coordination. L'objectif est de former 10 000 jeunes dans les trois années qui suivront le lancement de cette école. Cela constituerait un doublement par rapport au nombre d'étudiants formés dans des établissements du même genre.

 

DISSIPER LES PEURS FRANÇAISES 

L'urgence s'explique par le manque de compétences observé. Stéphane Distinguin, le PDG de Faber Novel, président du pôle de compétitivité Cap Digital et l’un des trois rapporteurs de la mission, a rappelé que "le baromètre que réalise Cap Digital indique une pénurie de jeunes formés. C'est un gâchis que nous ne pouvons plus nous permettre."

 

Signe que l'emploi et les besoins de main d'oeuvre sont au coeur des préoccupations, le président de la République a indiqué clairement, que la Grande école du numérique devrait tisser des liens avec les entreprises, petites et grandes. Mais il n'est pas question, que cette école soit soumise à leurs seuls besoins. Et d'estimer que la mission d'une telle école était aussi "d'étouffer les peurs, un enjeu central pour un pays comme le notre."

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2 commentaires

GRANAROLO (MUNCI)

18/09/2015 15h18 - GRANAROLO (MUNCI)

"le baromètre que réalise Cap Digital indique une pénurie de jeunes formés..." Totalement faux : on forme 2 fois plus de jeunes qu'il n'en faut dans le numérique, c'est à dire 2 fois plus de JD qu'il y a de créations d'emplois dans ce secteur... Quant au chiffre de "50 000 développeurs manquants en France", il s'agit d'un chiffre ultra-fantaisiste (propagé initialement par certaines écoles privées et autres chasseurs de têtes bien connus de la profession...) qui n'a STRICTEMENT AUCUNE BASE SÉRIEUSE et ARGUMENTÉE. A l'opposé, le seul chiffre connu et vérifié est celui... du nombre de développeurs au chômage en France : PRES DE 21 500 !!! (demandeurs d'emploi code ROME M1805 inscrits toutes cat. fin juin 2015 / Source Pole Emploi, Direction des Statistiques)

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Serge

18/09/2015 09h54 - Serge

Une "grande école" qui en fait n'est qu'un label : - nouvelle forme innovatrice et déstructurée d'enseignement s'extrayant des carcans actuels (offre éducation nationale bêtement retreinte notamment au niveau du nombre de classes de BTS) OU - de la com pour pas pas cher et au final du vent ? En attendant les vraies grandes écoles existantes et les CPGE, refuges des enfants de CSP+, elles n'ont rien de labels mais des moyens et budgets par étudiant faramineux par rapport au reste de l’enseignement supérieur.

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