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Facebook travaille sur une interface neuronale pour créer une langue universelle

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L'équipe de recherche Building 8 de Facebook ne manque pas d'ambition. Dirigée par l'ancienne chef de la Darpa, elle veut créer une interface homme-machine digne du 21e siècle, qui remplacerait souris, clavier et autres écrans tactiles par une connexion directe au cerveau. Une interface idéale pour les futurs lunettes de réalité augmentée qui remplaceront nos smartphones, mais Facebook voit plus loin. En combinant ce système à la capacité de décoder des mots via sa peau, l'entreprise veut détruire la barrière de la langue et créer un système de communication universel.

Facebook travaille sur une interface neuronale pour créer une langue universelle
Facebook travaille sur une interface neuronale pour créer une langue universelle © Facebook

La seconde keynote de la conférence F8 de Facebook s'est attaquée aux aspects plus techniques – et plus proches de la recherche – que celle ouverte par Mark Zuckerberg. L'entreprise y a présenté ses avancées en matière de connectivité (drones stratosphériques, antenne relais innovantes) et le chef d'Oculus Research, Michael Abrash, a disserté sur l'évolution de la réalité augmentée. Le clou du spectacle était cependant l'intervention de Regina Dugan, ancienne directrice de la Darpa, précédemment à la tête de la division ATAP au sein de Google et actuelle chef du Building 8 de Facebook, c'est à dire sa nouvelle unité de recherche de pointe dédiée à la création de produits à vocation sociale.

 

Une interface neuronale pour la réalité augmentée

Elle a exposé les recherches et ambitions de Facebook en matière d'interfaces neuronales, c'est-à-dire connectant directement le cerveau humain à un système informatique. Pas question ici de déclarations grandiloquentes sur l'avenir de l'humanité : l'objectif affiché par Regina Dugan est "simplement" de pousser l'interface homme-machine à son maximum. Et son cas d'usage est tout trouvé : les futures lunettes de réalité augmentée qui remplaceront les smartphones comme compagnon numérique de référence. L'objectif que se sont fixés les chercheurs (qui sont actuellement une soixantaine à travailler sur ce projet et dont le nombre va augmenter) est de permettre aux gens d'écrire par la pensée.

 

Un objectif de 100 mots par minute... en pensée

Et ce n'est pas de la science-fiction. Il existe déjà des systèmes qui permettent aux patients souffrant de paralysie sévère (par exemple comme conséquence de la maladie de Charcot) d'écrire par la pensée. Une vidéo d'une patiente capable d'écrire 8 mots par minute a été donnée en exemple. Le système lui permet de déplacer un curseur sur un clavier numérique et de "cliquer" mentalement sur les lettres appropriées. Regina Dugan n'a pas manqué de souligner à quel point cette seule capacité, cliquer mentalement, serait révolutionnaire pour la réalité augmentée. Mais les équipes de Building 8 voient plus loin. Elles visent une vitesse d'écriture de 100 mots par minute, qui serait plus de cinq fois supérieure à la vitesse moyenne d'écriture sur un smartphone.

 

 

Pour ce faire, elles cherchent à décoder le langage directement dans le cerveau et sous sa forme la plus pure, c'est-à-dire celle de concepts sémantiques. La chercheuse compare le langage oral à un algorithme de compression peu efficace, digne des modems des années 80, tandis que le cerveau humain possède selon elle une bande passante d'un Térabit par seconde. Les mots n'expriment qu'une partie de ce que l'on ressent. L'idée est d'optimiser le transfert de données en passant outre la langue pour lire les informations directement depuis les propriétés physiques des neurones (il ne serait pas pour autant possible de lire toutes les pensées des gens, rassure Regina Dugan).

 

Evidemment, on parle ici de recherches au long cours, qui mettront des années avant d'aboutir à un produit. Regina Dugan reconnaît volontiers que la technologie n'existe pas à l'heure actuelle et que les défis sont nombreux et complexes, le premier étant de mettre au point un système non-invasif, qui ne nécessite pas (contrairement aux systèmes médicaux actuels) d'implanter des électrodes dans la matière grise des utilisateurs. La piste privilégiée par ses équipes est celle d'une lecture optique de l'état des neurones en les bombardant de photons au travers du crâne.

 

Ecouter par la peau... Pour créer une langue universelle ?

Mais ce n'est pas fini. Building 8 travaille aussi sur la possibilité pour les gens d'entendre avec... leur peau. Le point de départ est le Braille, qui permet aux non-voyants de lire avec leurs doigts. L'idée est de reproduire cette capacité mais avec un système dynamique. Là encore une vidéo a fait la démonstration d'un homme sourd et aveugle qui, en plaçant ses mains sur la gorge d'un éducateur, est capable de reproduire ce qu'il dit alors qu'il ne peut pas l'entendre. Il y parvient en ressentant le changement de pression de l'air, les vibrations sur la peau, les contractions des muscles, etc.

 

Une autre vidéo a montré comment une chercheuse de Building 8 était parvenue après une heure d'entraînement à apprendre à reconnaître 9 mots – transmis par un brassard sous la formesde vibrations dans 16 fréquences – au travers de sa peau. Regina Dugan a conclu sa présentation en expliquant "qu'un jour je pourrai penser en Mandarin et vous le ressentirez en Espagnol." Après tout, quoi de plus social que l'avènement d'un langage universel ?

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