Actualité web & High tech sur Usine Digitale

FIC 2016 : Cyber Test, la start-up des deux frenchies qui simulent si bien les cyberattaques, prix de l'innovation

|
Twitter Facebook Linkedin Google + Email
×

A 37 ans et déjà vétérans de l'industrie de la cybersécurité. Grégory Fresnais et Laurent Chabenet, cofondateurs de la start-up Cyber Test, ont décroché le prix de la PME innovante au FIC, qui se déroule ces 25 et 26 janvier à Lille. Leurs produits simulent les cyberattaques avec un réalisme poussé afin de tester la résistance des défenses informatiques. Adepte du "made in France", ils se positionnent sur un marché international d'un milliard de dollars et résistent aux sirènes des fonds d'investissements.  

FIC 2016 : Cyber Test, la start-up des deux frenchies qui simulent si bien les cyberattaques, prix de l'innovation
FIC 2016 : Cyber Test, la start-up des deux frenchies qui simulent si bien les cyberattaques, prix de l'innovation © Libre de droits

Au FIC qui se tient à Lille ces 25 et 26 janvier, coincé entre les grands stands d'Orange, du ministère de l'Intérieur et du pôle cybersécurité de Bretagne, le petit présentoir d'1,5 m de long de Cyber Test Systems passe presque inaperçu. C'est pourtant là où il faut s'arrêter comme l'a fait, lundi dernier, le secrétaire d'Etat à la Défense Jean-Marc Todeschini, qui remplaçait sur le salon Jean-Yves Le Drian, retenu en Inde auprès du président de la République. "Il voulait connaître le fonctionnement de nos équipements", raconte Grégory Fresnais, l'un des deux cofondateurs de la start-up.

 

Et pour cause : la société basée à la Défense, à l'ouest de Paris, a été nommée PME la plus innovante du salon parmi plus de cinquante candidats. Une performance remarquable pour une société qui n'a pas encore soufflé ses deux bougies et qui recrute à peine son cinquième employé, patrons compris. "Cela nous donne une visibilité appréciable", se réjouit Grégory Fresnais. Il faut dire que ses produits sont très prisés : des boîtiers capables de simuler un trafic de données incorporant une grande variété d'attaques (virus, fishing, logiciel malveillant, attaque par déni de service, cyberattaque personnalisée...) pour tester la robustesse des défenses informatiques.

 

Opportunité

Avec son complice Laurent Chabenet, 37 ans lui aussi, Grégory Fresnais a décidé de monter sa start-up après quinze années passées chez les deux leaders américains du test et de la mesure en sécurité informatique. "C'est un marché de niche. A l'époque, il n'y avait que deux sociétés au monde sur ce segment. Quand la société pour laquelle nous travaillions a été rachetée, nous avons saisi cette opportunité pour lancer notre start-up", explique Grégory Fresnais. Face aux deux concurrents américains établis, Spirent et IXIA qui se partagent le marché mondial en réalisant chacun environ 500 millions de dollars de chiffre d'affaires, les deux Frenchies sont persuadés qu'il y a encore de la place pour un acteur innovant.

 

Les deux entrepreneurs, simplement titulaire d'un BTS informatique mais qui sont passés par les postes clé de l'entreprise – développement logiciel, assistance aux clients, développement à l'international –- n'ont pas froid aux yeux. Ils investissent leur propre argent. "Nous avons bossé nuit et jour durant un an et demi", explique Laurent Chabenet. Pour trouver les fonds nécessaires et mener leurs développements, ils assurent en parallèle des missions de consultant de haut niveau auprès des grandes entreprises qui cherchent à éprouver leur système de cybersécurité. "Cela nous a donné l'argent pour assurer nos développements et nous a permis également de perfectionner notre produit", explique Grégory Fresnais.

 

Made in France

Arrivant plus tard sur le marché, les deux partenaires savent qu'ils doivent se différentier pour s'imposer. Ils le font à tous les niveaux. Au niveau technique, avec un produit plus "moderne". "Nos solutions simulent les dernières menaces informatiques", explique Grégory Fresnais. Au niveau tarifaire, avec un produit moins cher. Quand les solutions de la concurrence sont facturées environ 150 000 dollars, Cyber Tests est positionné à 60 000 dollars. Au niveau industriel, la société joue la carte du "made ,n France". "Nos serveurs informatiques sont fabriqués sur mesure par un prestataire situé à Strasbourg, la société 2CRSI. Cela nous coûte plus cher que de les fabriquer en Asie mais nous tenions à une certaine qualité qui est reconnue par nos clients", observe Grégory Fresnais.

 

Aujourd'hui, la société est reconnue internationalement. En France, trois grandes banques ont testé leur cybersécurité à travers ses outils ; aux Etats-Unis, un grand acteur de l'énergie l'a sollicité pour éprouver la résistance de son datacenter; à Singapour, un fournisseur de services Internet a déployé ses boîtiers ...Mieux encore, dans le monde militaire, Cyber Test est déjà une référence. En 2014, les forces de l'OTAN au cours d'un exercice de cyberdéfense impliquant 42 pays et son équivalent en Asie Pacifique avec 24 pays concernés, ont choisi leur solution.

 

Opportunités

Les opportunités sont loin d'être épuisées. "Un constructeur automobile allemand veut que nous testions la cybersécurité de ses véhicules", ajoute Grégory Fresnais. Séduits, plusieurs fonds d'investissements français et étrangers ont déjà approché les deux dirigeants. En vain. A leurs yeux, un tel partenaire financier serait actuellement plus encombrant qu'autre chose : d'une part, il chercherait à orienter les développements technologiques en fonction d'impératifs de rentabilité et non plus d'innovation; et d'autre part, si c'était un fonds souverain, il réduirait l'indépendance commerciale à l'international.

 

La société vise à terme un chiffre d'affaires de plusieurs dizaines de millions d'euros en se dotant d'un effectif d'une centaine de personnes. A ce rythme- là, pour accueillir plus confortablement leurs clients, il faudra songer à louer plus qu'un modeste présentoir pour le prochain FIC. 

A Lille, Hassan Meddah

Réagir

* Les commentaires postés sur L’Usine Digitale font l’objet d’une modération par l’équipe éditoriale.

1 commentaire

Pedro

29/03/2016 15h54 - Pedro

le nom de la société ne serait pas "Cyber Test Systems" en entier ?

Répondre au commentaire | Signaler un abus

Publicité

media

Les cookies assurent le bon fonctionnement de nos sites et services. En utilisant ces derniers, vous acceptez l'utilisation des cookies.OK

En savoir plus
Suivez-nous Suivre l'Usine Digitale sur twitter Suivre l'Usine Digitale sur facebook Suivre l'Usine Digitale sur Linked In RSS Usine Digitale