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Fintech : quatre pépites luxembourgeoises à suivre de près

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Reportage Le développement des fintechs et leur promotion à travers le monde constituent l'un des axes stratégiques du plan de digitalisation mis en place par le gouvernement luxembourgeois. Première place financière de la zone euro, le petit pays en recense presque une centaine. L'Usine Digitale s'est rendue sur place pour découvrir cet écosystème en plein essor. Détection des crimes financiers, paiement mobile, gouvernance des fonds d'investissement et gestion de patrimoine automatisée… Zoom sur quatre fintechs particulièrement prometteuses.

Fintech : quatre pépites luxembourgeoises à suivre de près
L'application de paiement mobile Digicash permet, entre autres, de régler ses achats en approchant son smartphone près d'une borne beacon. © Digicash

Digicash séduit banques et distributeurs avec son app de paiement mobile

Envoyer de l'argent à un ami en saisissant un SMS, acheter et stocker un titre de transport depuis son smartphone, régler ses factures en scannant un simple QR code… Toutes ces opérations ont un point commun : elles sont permises grâce à l'application de paiement mobile Digicash, éditée par la start-up luxembourgeoise éponyme. Co-fondée en 2012 par Raoul Mulheims, la jeune pousse a choisi de s'adresser aux établissements bancaires pour déployer sa solution via un modèle B2B2C, et non de viser directement le grand public. "C'est une approche peut-être moins sexy, mais proposer notre solution à travers les banques nous a permis d'obtenir la confiance des utilisateurs", explique l'entrepreneur. La start-up a ainsi noué des partenariats avec ING, BNP Paribas, mais aussi BIL, Post Luxembourg et BCEE.

 

Ses partenariats vont d'ailleurs au-delà de l'univers bancaire. Digicash travaille ainsi avec des distributeurs comme Auchan et Cora. Dans certains de leurs supermarchés luxembourgeois, elle y a déployé des bornes équipées de la technologie beacon. Grâce aux connexions Bluetooth et NFC, les clients des magasins peuvent directement régler leurs achats en approchant leur smartphone et en validant la transaction avec leur mot de passe ou leur empreinte digitale. Le même geste leur permet de cumuler simultanément des points de fidélité. La start-up a déployé ses bornes dans d'autres points de vente et restaurants et dénombre aujourd'hui 1200 terminaux de paiement au Luxembourg. Digicash compte 15 collaborateurs et a précédemment levé 2,2 millions d'euros.

 

Logos ITS lutte contre les crimes financiers

Logos ITS édite le logiciel iDetect. "C'est une solution qui permet de lutter contre le blanchiment d'argent, le financement du terrorisme, la fraude, l'abus de marché. En somme, contre tous les crimes financiers", résume Olivier Merlan, fondateur de la fintech et passé par Europol. La solution, qui a nécessité deux années de R&D, s'adresse essentiellement aux maisons de change et aux transferts de fonds rapides à travers le monde. "Nos clients ne sont pas des particuliers mais des institutions financières qui travaillent avec des volumes conséquents", précise d'emblée l'entrepreneur.

 

Installé au cœur des systèmes d'information de ces institutions, le logiciel permet de lever des alertes selon des règles définies à l'avance, mais aussi d'analyser des "patterns" (modèles de comportement), non exprimés par les banques centrales. De quoi détecter des opérations de shtroumfage (une méthode de blanchiment d'argent qui consiste à demander à plusieurs personnes d'expédier de petites sommes d'argent pour éviter de se faire repérer en dépassant un certain seuil) mais aussi des procédés criminels bien plus complexes. Le logiciel est, en outre, capable d'analyser des centaines de transactions à la seconde.

 

Logos ITS compte aujourd'hui une trentaine de clients (situés en Afrique du Nord, au Moyen-Orient, au Proche-Orient, en Asie ou encore en Europe de l'Est) et 60 collaborateurs. "Nous rencontrons des difficultés à trouver les bons profils et peinons à recruter. C'est un point qui freine notre croissance", regrette Olivier Merlan. La fintech pourrait néanmoins dénicher de nouveaux talents au sein de l'Université du Luxembourg avec qui elle mène un programme de recherche pour mettre au point de nouveaux modèles mathématiques adaptatifs afin de détecter de nouveaux patterns. Sur le dernier exercice, Logos ITS a enregistré un chiffre d'affaires situé entre 5 et 10 millions d'euros. La fintech est rentable depuis ses débuts.

 

Governance.io veut mettre fin au casse-tête de la régulation

L'année dernière, Governance.io a décroché le prix de la fintech de l'année à l'occasion des Fintech Awards Luxembourg, une compétition internationale qui a rassemblé près de 80 jeunes pousses. Fondée en 2014, la start-up a réussi à tirer son épingle du jeu grâce à sa plate-forme éponyme dédiée à la gouvernance des fonds d'investissement. "Notre objectif est de tourner les contraintes règlementaires en avantage compétitif", explique Bert Boerman, CEO de la start-up. "La part de plus en plus croissante de la régulation crée un paradoxe car elle oblige les professionnels à passer de plus en plus de temps à vérifier ses aspects réglementaires, au détriment des échanges avec leurs clients", poursuit-il.

 

Concrètement, le logiciel propose une interface simple d'utilisation qui permet aux gestionnaires de fonds de trouver facilement la bonne information, au bon moment, selon leurs besoins. Les professionnels peuvent accéder, organiser et échanger facilement des données sur les contrôles relatifs aux fonds qu'ils gèrent. Un canevas générique de la solution est proposé à tous les clients, puis ces derniers peuvent personnaliser l'interface en connectant des jeux de données supplémentaires.

 

La plate-forme peut être installée directement chez le client ou être déployée dans un cloud privé ou public. Parmi ses clients, Governance.io compte Fundrock, SGG ou encore Carlisle Management. Début janvier, la jeune pousse a finalisé une levée de fonds de 2 millions d'euros pour accélérer son développement dans d'autres pays européens.

 

Investify démocratise la gestion de patrimoine

"La gestion de patrimoine personnalisée n'est accessible qu'aux millionnaires, car les grandes banques exigent au moins un investissement d'un million d'euros pour couvrir les coûts liés aux ressources humaines engagées", assure Christian Kratz, fondateur de la fintech Investify. "Avec l'application Investify, nous avons voulu rendre accessible ce service pour les particuliers disposant d'une enveloppe minimum de 5 000 euros", poursuit-il.

 

Le particulier doit d'abord renseigner en ligne une série d'informations sur sa situation (âge, revenus, nombre de personnes à charge, situation professionnelle, attitude envers le risque, etc.) En fonction de ces informations, Investify va constituer un portefeuille d'actifs. Mais la solution ne s'arrête pas là. Selon la vision et les centres de préoccupation (les énergies renouvelables, la question de l'eau, la cybersécurité, etc.) du client, Investify va compléter son portefeuille avec des produits, dits "satellites". "A aucun moment, le client ne choisit ses actifs lui-même. Il indique ses domaines d'intérêts, et en fonction de cette direction, notre algorithme choisit des produits", précise Christian Kratz. Une fois le portefeuille finalisé, l'utilisateur peut s'identifier depuis chez lui avec son smartphone grâce à un système de reconnaissance d'image pour transférer la somme qu'il veut investir.

 

Comme Digicash, Investify ne compte pas lancer sa solution directement auprès du grand public mais via des établissements bancaires partenaires. La fintech a ainsi engagé des négociations avec des banques aux Luxembourg, en Allemagne, en Autriche, au Danemark et en Suède et a entamé des discussions avec une compagnie d'assurance. Investify emploie actuellement 18 collaborateurs et a déjà levé 5 millions d'euros. Elle entend finaliser un tour de table de 10 millions d'euros d'ici la fin de l'année.

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