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Ford parachève sa transformation digitale en devenant une entreprise de mobilité

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Vidéo Cas d'école Ford n'est plus seulement un constructeur automobile. Au MWC 2016, son CEO Mark Fields a annoncé que le groupe avait désormais deux marchés : la construction automobile et les services de mobilité. Une stratégie ambitieuse par laquelle le vieil industriel entend montrer qu'il peut encore, comme du temps d'Henry Ford, réinventer la façon dont la société se déplace.

Ford parachève sa transformation digitale en devenant une entreprise de mobilité
Ford parachève sa transformation digitale en devenant une entreprise de mobilité © Pere Nubiola

Comme chaque année depuis 5 ans, Ford était présent au Mobile World Congress de Barcelone pour dévoiler ses dernières avancées dans le domaine de la mobilité. L'entreprise y présentait notamment Sync 3, son nouveau système de bord. Nativement compatible avec Car Play et Android Play, son interface s'efface automatiquement pour laisser la place à celles d'Apple ou de Google lorsqu'on y branche son smartphone. Grâce au système AppLink, que Ford souhaite imposer comme standard dans l'industrie auto (Toyota l'a déjà choisi, PSA et Mazda ou Subaru y songent), l'utilisateur peut appeler directement les applications du smartphone depuis le véhicule, sans transition dans l'interface.

 

Soucieux de ne pas devenir dépendant de ces géants technologiques, ni de restreindre ses clients à un écosystème spécifique, Ford s'est assuré de la qualité de Sync 3 en tant que tel. Il utilise le système d'exploitation QNX, dédié à l'embarqué et connu pour sa légèreté et sa stabilité. Côté cartographie, il s'appuie sur Here Maps, service historiquement lié à l'automobile et récemment revendu par Nokia à une alliance de constructeurs automobiles allemands. Enfin, la commande vocale en langage naturel est assurée par Nuance, spécialiste reconnu du secteur depuis des décennies, dont les capacités n'ont rien à envier à un Siri. Enfin, Ford a mis une API open source à disposition des développeurs afin qu'ils puissent créer des applications directement pour son système. Il en existe 90 au total pour le moment, dont 16 disponibles en Europe. On trouve parmi les plus notables Spotify pour la musique et Michelin pour les points d'intérêt.

 

Ford, constructeur automobile... et fournisseur de mobilité

Mais la véritable annonce de l'évènement était le lancement de Ford Pass, un programme dédié à la mobilité multimodale qui s'accompagne d'une application, Ford Hub. Ford ne souhaite plus se limiter à son rôle de constructeur et entend devenir une entreprise de services. Cartes de fidélité, aide pour trouver un stationnement, informations sur son véhicule... même un service d'auto-partage, façon AutoLib ! Les services sont nombreux, et ne se limitent pas aux possesseurs de véhicules Ford. Questionné sur le besoin pour le groupe d'évoluer pour survivre face à une industrie qui se réinvente avec des acteurs comme Uber, le directeur Smart Mobility de Ford Europe, Mike Nakrani, répond par la négative. "Nous travaillons sur le sujet en interne depuis 4 ou 5 ans. Cela a commencé par un petit groupe à Londres avant de s'étendre aux Etats-Unis, explique-t-il. Nous plaçons le marché de la construction automobile à 2 400 milliards de dollars , et nous en prenons 6%. Mais le marché de la mobilité dans son ensemble est de 5 400 milliards de dollars. C'est une opportunité pour nous, pas un danger."

 

 

Et Ford a de l'ambition : devenir leader sur le marché de la mobilité. Pas question d'être un suiveur dans cette industrie dont l'entreprise fut le pionnier. "Les gens oublient que nous avons une tradition d'innovation dans l'automobile, déplore Mike Nakrani. Nous faisons partie des Fortune 500 depuis 110 ans, ce dont peu d'entreprises peuvent se targuer. Lors de la révolution industrielle, Henry Ford a changé la façon dont le monde bouge. Nous voulons en faire de même aujourd'hui."

 

Questionné sur la difficulté pour le constructeur de se lancer de front face aux pure players du digital, iI ne semble pas s'inquiéter. "La compétition est saine, cela ne nous dérange pas. Nous y sommes habitués ! Et d'arriver comme un challenger ne nous déplaît pas. De plus, le secteur est jeune et je pense qu'il va évoluer, que les entreprises travailleront ensembles. Les meilleures idées ne viendront pas forcément de Ford ou d'Apple, mais de start-up ou de partenariats."

 

Des partenariats dans la Silicon Valley

Ford Pass est donc un produit à part entière, et pas juste un à-côté à ses véhicules. "Apple a iTunes, nous avons Ford Pass," commente Mike Nakrani. L'entreprise a triplé ses investissements en conséquence, et dépense "des millions de dollars" dans le domaine. Pour s'assurer de sa qualité, Ford a privilégié là-aussi une approche collaborative. "L'application et le marketplace ont été développés par Pivotal, un partenaire basé à Palo Alto, confie Ken Washington, Vice President de la division Research and Advanced Engineering pour Ford Corp. Nous travaillons aussi avec d'autres partenaires de la Silicon Valley. Nous avons rencontré plus de 200 start-up l'année dernière, et nous choisissons les meilleures pour accélérer nos recherches dans la mobilité et les véhicules autonomes."

 

Lorsqu'on interroge sur les partenaires déjà signés pour Ford Pass, les réponses deviennent évasives. BP, McDonald's, Starbucks et d'autres entreprises américaines comme 7-Eleven et Mobile City sont déjà annoncées. Des discussions sont apparemment en cours avec Blablacar, mais pour le reste, il faudra attendre.

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