Actualité web & High tech sur Usine Digitale

Glassdoor peut-il devenir l'intermédiaire incontournable entre les entreprises et les salariés?

Twitter Facebook Linkedin Google + Email
×

Sur le marché très vivant des start-up intervenant sur le recrutement, Glassdoor a pour ambition de devenir un acteur de premier plan aux Etats-Unis mais aussi dans le monde.  En recueillant les avis des salariés, l'entreprise pense pouvoir devenir un acteur incontournable dans la construction de la marque-employeur et un conseiller indispensable des salariés en recherche d'emploi.

Glassdoor peut-il devenir l'intermédiaire incontournable entre les entreprises et les salariés?
Glassdoor peut-il devenir l'intermédiaire incontournable entre les entreprises et les salariés? © Glassdoor

Deux ans après son installation en France, Glassdoor affiche sa satisfaction. Le site compte 500 000 visiteurs mensuels, ce qui représente une croissance de 60 % par an, assure Joe Wiggins, le responsable Europe de la communication de l'entreprise. D'après lui, cette croissance est satisfaisante car elle suit la même pente que celle observée lors de la création de l'ouverture au Royaume-Uni de la jeune pousse qui se donne comme mission "d'aider les gens à trouver le job qu'ils aiment". Pour lui, les chercheurs d'emploi ont besoin de plus que d'une série d'offres présentée sous forme de liste. Et c'est ce qu'apporte la consultation de Glassdoor.

 

Améliorer la transparence du marché

Pour cela, le site recueille les avis des salariés et leurs notes. Aux Etats-Unis, Joe Wiggins explique qu'aujourd'hui, "de plus en plus de millenials consultent ce qui se dit sur Glassdoor avant d'envoyer un CV à une entreprise ou de se rendre à un entretien. S'ils voient quelque chose qui ne leur plaît pas, ils peuvent l'aborder durant le rendez-vous." Selon une étude réalisée par Glassdoor, le chercheur d'emploi lit 4 à 7 avis en moyenne avant de prendre une décision. Comme son nom l'indique Glassdoor (littéralement porte de verre) entend améliorer la transparence du marché du travail, et, ce faisant, en améliorer le fonctionnement. D'autant que les services RH peuvent répondre aux avis des visiteurs. "Il y a même des entreprises qui ont changé leur process après qu'une personne leur a signalé un problème", indique Joe Wiggins. 

 

Pour cela, il faut convaincre les salariés de venir déposer leurs avis gratuitement. C'est d'ailleurs l'objectif de l'entreprise pour la France et pour y arriver Glassdoor travaille sa marque mais sans faire de publicité et met en place de nouvelles fonctions, dont certaines existent déjà aux Etats-Unis. La connaissance des salaires est un des axes, sur le modèle de l'outil déjà disponible outre-Atlantique au nom là encore très explicite : "know your worth" (sais ce que tu vaux) ou le salary explorer, une fonction qui aide le candidat à estimer combien il peut espérer gagner en changeant d'entreprise.

 

Aider les candidats à bien choisir mais aussi les entreprises 

Ce serait pourtant une erreur de croire que Glassdoor est du côté des candidats uniquement, d'autant que son modèle économique repose sur une consultation gratuite pour les individus, tandis que les firmes doivent payer pour accéder à certaines fonctions premium. Elles ont alors leur page, où elles peuvent se présenter, mettre en avant des offres internes, ou encore mettre en avant avis ou vidéos... En France, BNP Parisbas, Critéo ou la Banque postale ont fait ce choix. Moyennement paiement aussi, les entreprises accèdent à des statistiques comme le profil des visiteurs qui viennent lire les avis sur l'entreprise...

 

Car Glassdoor se présente comme un partenaire des entreprises, estimant que désormais la marque employeur ne peut plus être construite par l'entreprise seule. L'heure est à la conversation entre l'entreprise et sa communauté. Bienvenue dans le monde de cet autre mot très entendu à l'heure de la transformation numérique : la co-création !

 

Reste à vérifier la solidité des avis. Quand on lui fait remarquer que les personnes qui laissent des commentaires ne sont pas identifiés et que donc rien n'indique qu'ils travaillent bien dans l'entreprise, Joe Wiggins rétorque qu'il existe deux niveaux de validation. Un premier lors du dépôt de l'annonce, où grâce à un système de machine learning puis à une vérification humaine, la conformité aux règles de bonne conduite sont vérifiées. "On rejette 10 % des commentaires à cette étape", assure Joe Wiggins. Puis, tous les visiteurs peuvent signaler un avis s'il y a un problème, un erreur factuelle, par exemple si quelqu'un signale un problème avec une équipe IT sur un site où il n'y en a pas. Et de conclure sur le sujet : "l'objectif est de donner confiance".

 

Devenir le numéro 1 aux Etats-Unis

Pour l'heure, en France, les grandes entreprises sont davantage présentes sur Glassdoor que les PME ou les ETI, contrairement à ce qu'on observe dans les pays anglo-saxons (Etats-Unis, Royaume-Uni). On peut ainsi trouver des start-up de moins de 20 personnes avec des avis sur Glassdoor. "Ils ont mis beaucoup de photos sur leur page, c'est un moyen de se différencier".

 

L'entreprise ne compte pas s'arrêter là : elle veut devenir première aux Etats-Unis et se développer dans le reste du monde et ouvrir de nouveaux pays. Et ce n'est pas Linkedin qui inquiète la start-up, chantre de la transparence. Pour Joe Wiggins, ce n'est pas un concurrent, mais un cousin. "Sur Linkedin on cherche des gens, explique-t-il, pas un emploi, ni un avis". Chez Glassdoor, on n'est pas fier de signaler les révélations du Wall Street Journal qui avait publié un document interne des acquisitions potentielles de Salesforce : parmi les critères retenus, les équipes avaient intégré le pourcentage d'avis positifs sur le PDG des entreprises ou le taux de recommandation, tels qu'ils apparaissent sur Glassdoor.

Réagir

* Les commentaires postés sur L’Usine Digitale font l’objet d’une modération par l’équipe éditoriale.

media

Les cookies assurent le bon fonctionnement de nos sites et services. En utilisant ces derniers, vous acceptez l'utilisation des cookies.OK

En savoir plus
Suivez-nous Suivre l'Usine Digitale sur twitter Suivre l'Usine Digitale sur facebook Suivre l'Usine Digitale sur Linked In RSS Usine Digitale