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Google et Bercy même combat... contre les publicités frauduleuses sur YouTube !

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Et si en instruisant une enquête contre les youtubeurs qui ont accepté de l’argent contre la présence de produits, le ministère de l’Economie rendait, en faisant appliquer la loi, un service à la plate-forme de vidéos ? L’alignement des intérêts entre l’administration fiscale et la firme globale n’arrive pas tous les jours. Mais il y a des exceptions. La preuve.

Google et Bercy même combat... contre les publicités frauduleuses sur YouTube !
D.R. © Rego Korosi - Flickr - CC

Enfreindre la loi française ce n’est pas bien. Et la dizaine de youtubeurs qui a accepté de parler d’une voiture contre de l’argent pourrait bien s’en souvenir. Le constructeur de voitures et l’agence de communication qui a monté l’opération aussi, la DGCCRF ayant décidé d’enquêter sur le sujet.


Mais l’histoire ne s’arrête pas là. En effet, un tel comportement enfreint magistralement les conditions générales d’utilisation de YouTube, telles qu’elles sont rappelées sur le blog de la plate-forme de manière on ne peut plus explicite, YouTube renvoyant même en fin de billet vers le site de la DGCCRF.

 

Respect de la loi obligatoire 

Dès le début de la page consacrée au sujet, on peut en effet lire que les placements de produits rémunérés peuvent être inclus dans les vidéos mais qu’ils "doivent respecter les lois et réglementations en vigueur. Assurez-vous de les connaître, car dans certains cas les placements de produits rémunérés ne sont pas autorisés."

 

Sinon la sanction est prévue et pour un accro au clic, elle est terrible : "YouTube peut être amené à désactiver des vidéos comportant des placements de produits rémunérés et des recommandations de produits ou services." Des sanctions existent et seraient appliquées régulièrement à en croire un porte-parole de Google que nous avons contacté, qui n’a toutefois pas pu nous indiquer le nombre de vidéos ôtées chaque année.

 

Pour éviter d’en arriver là, la plate-forme a prévu des moyens de faire des vidéos sponsorisées et déclarées. Par exemple, les règles que nous évoquons, font partie des conditions générales approuvées par tous les utilisateurs.

 

Au moment de mettre en ligne une vidéo, il est possible de cocher une case spécifique si la vidéo contient des produits placés. De même, le porte-parole de Google rappelle qu’il existe "de nombreux moyens permettant aux créateurs et annonceurs de signaler la présence de placement de produit ou le caractère commercial d'une vidéo : les insertions dans la vidéo (une image ou une mention orale), dans le titre ou encore dans la description".

 

Et d’ajouter que certains contenus crée en toute transparence entre des marques et des créateurs "sont de qualité et à ce titre satisfont la communauté."

 

Garantir l'image de la plate-forme ... et ses revenus

En se conformant aux lois françaises, l’entreprise défend aussi son intérêt dans cette affaire pour au moins deux raisons. La première concerne la préservation de "la relation de confiance existant entre les fans et les créateurs de vidéos", pour reprendre l’expression du porte-parole. Autrement dit, si demain YouTube devient un assemblage de publicités déguisées, le risque est grand que le public fuie. YouTube est là pour garantir les intérêts à long terme des créateurs, du public et des annonceurs.

 

En outre, la plate-forme commercialise des espaces publicitaires et n’entend pas laisser des youtubeurs faire leurs petites affaires sans en être avertie. Notamment pour des raisons de conflits qui pourraient apparaître. De façon assez amusante, vu le cas d’espèce, YouTube prend l’exemple des constructeurs automobiles pour expliquer le problème posé.

 

Imaginez que la plate-forme a vendu l’espace publicitaire avant la vidéo à la marque automobile A et que la dite vidéo contient une mention promotionnelle pour un produit concurrent, celui de la marque B et que Youtube l’ignore. Il est plus que probable que l’annonceur se sente lésé et réclame à Youtube une partie des sommes qu’il a engagées.

 

"Pour protéger les intérêts des annonceurs, nous pouvons, dans ce cas, désactiver la monétisation et la promotion des vidéos avec ce type de placements de produits", explique la plateforme dans son blog. D’où l’importance pour elle de savoir qui publie ou pas des vidéos subventionnées par des marques commerciales. Et pour que tout soit bien clair, YouTube rappelle qu’il est interdit aux utilisateurs de se substituer à la plate-forme pour commercialiser de l’espace publicitaire. 

 

Gains à court terme, mais gare à l'impact à long terme

Sachant que les montants évoqués pour l’affaire en cours sont de l’ordre de 20 à 100 000 euros, cela signifie qu’il s’agit de producteurs de vidéos ultra populaires, puisqu’on n’imagine mal pour quelles raisons une marque automobile paierait si cher des vidéos peu vues.

 

Le dilemme qui va se poser à YouTube est donc le suivant : supprimer les dites vidéos quitte à se couper d’une source d’audience importante, ou laisser faire, au risque d’envoyer un message contradictoire de celui des autorités, et, par ricochet, inciter d’autres internautes à continuer.

 

Sans oublier l’ultime question posée par l’expert de YouTube et digital strategist, David Batusanski : "comment une marque de premier plan a pu avec son agence conseil, sûrement une des plus importantes de la place de Paris, avoir cette idée ? S’ils ont voulu faire des économies en traitant directement avec les Youtubeurs, c’est un calcul à très courte vue. Leur comportement pourrait saper la confiance dans les vidéos mises en ligne." Et s’ils sont sanctionnés par la DGCCRF, ils vont devoir aussi payer une amende dont ils risquent de se souvenir, au-delà de l’impact sur l’image de la marque. 

 

Pour lire les recommandations de YouTube sur les placements de produits rémunérés et recommandations de produits ou services, cliquez ici

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