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Grosse claque pour la licorne de l'assurance Zenefits, qui met son PDG à la porte

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Zenefits, la licorne américaine de l'insurtech, vient d'essuyer un gros bouillon. Plusieurs commerciaux de l'entreprise ont réalisé des opérations de courtage en assurance sans avoir les agréments nécessaires. La jeune pousse a été placée sous surveillance par les organes de régulation des assurances de plusieurs états américains. Son PDG, Parker Conrad, a été poussé vers la sortie et remplacé par David Sacks, jusque-là directeur des opérations. Il promet de remettre l'entreprise sur le droit chemin, dans un secteur très encadré qui n'est pas facile à pénétrer pour des start-up novices ne maîtrisant pas la règlementation. 

Grosse claque pour la licorne de l'assurance Zenefits, qui met son PDG à la porte
Grosse claque pour la licorne de l'assurance Zenefits, qui met son PDG à la porte © Ashley Van Haeften - flickr - creative commons

La licorne de l'insurtech Zenefits a du plomb dans l'aile. Son PDG et co-fondateur Parker Conrad a été contraint de démissionner, car une partie de l'activité de l'entreprise s'est révélée non conforme avec les règlementations très strictes qui encadrent le secteur de l'assurance dans plusieurs états américains.

 

Créée en 2013, Zenefits commercialise un logiciel cloud destiné aux services RH des TPE, PME et entreprises de taille intermédiaire. Cette solution permet aux gestionnaires des ressources humaines de regrouper et de gérer sur une seule plate-forme l'ensemble des documents concernant leurs salariés (contrat de travail, fiches de paye, mutuelle professionnelle…).

 

Enflammer les investisseurs…

Le logiciel est gratuit. Le modèle économique de la start-up est basé sur le courtage en assurance. Les entreprises qui utilisent son logiciel peuvent signer un contrat chez un assureur via sa plate-forme (pratique et rapide pour ces opérations qui sont généralement chronophages). L'assureur paye alors une commission à Zenefits.

 

La start-up, qui disait compter mi-2015 plus de 10 000 utilisateurs, a tapé dans l'œil des investisseurs : après seulement deux années d'existence, elle a levé 500 millions de dollars de fonds en mai 2015 auprès de plusieurs sociétés de capital-risque, faisant exploser sa valorisation à 4 milliards de dollars.

 

… n'empêche pas de commettre de grosses erreurs

Mais cet argent frais n'a pas empêché Zenefits de commettre des erreurs. Comme le révélait en novembre 2015 la branche actu du site BuzzFeed, la licorne a été placée sous surveillance par les commissariats aux assurances de plusieurs états du pays, dont celui de Washington.

 

La start-up a laissé plusieurs de ses commerciaux réaliser des opérations de courtage sans être agréés, dans au moins sept états américains. 83% des polices d'assurance vendues sur la plate-forme dans l'Etat de Washington au mois d'août 2015 ont été commercialisées par des agents non agréés, souligne Buzzfeed News dans un autre article daté du 5 février. Cette activité illégale pourrait conduire de nombreux deals à être annulés.

 

Devenir une entreprise carrée

Le PDG de Zenefit, Parker Conrad, a donc posé sa démission et a même quitté le conseil d'administration. C'est désormais David Sacks, jusqu'alors directeur d'exploitation de la société, qui tiens les rennes du projet. Il a recruté l'ancien procureur fédéral Josh Stein au poste de directeur de la conformité, comme le dévoile dans un article daté du 7 juillet le New York Times. La nouvelle recrue devra se coordonner avec les régulateurs des assurances de plusieurs Etats américains et mettre en place un audit de l'entreprise.

 

David Sacks veut métamorphoser de fond en comble la mentalité de la jeune pousse de l'insurtech. "Notre culture n'était pas adaptée à un secteur fortement règlementé", a souligné son nouveau PDG dans un mail envoyé à ses salariés et repris par le New York Times.
 

A l'heure où de nombreux grands groupes essayent d'adopter l'esprit agile des start-up, Zenefits veut devenir une société austère et digne de confiance. Elle s'inspire de ses sévères ainées, qui règnent pour l'instant quasiment sans partage sur le monde très policé de l'assurance, difficile à disrupter pour de jeunes entrants qui ne maîtrisent pas les méandres des règlementations. 

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