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Huawei bâtit un pont entre start-up françaises et entreprises chinoises

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Pendant deux jours à Shenzhen, capitale mondiale du hardware, l'équipementier télécom chinois Huawei a invité 13 start-up de la French Tech, sélectionnées lors de deux concours à Lille et Lyon. Objectif : faire tomber les barrières culturelles entre les écosystèmes français et chinois.

Huawei bâtit un pont entre start-up françaises et entreprises chinoises
Huawei bâtit un pont entre start-up françaises et entreprises chinoises © Sylvain Arnulf - L'Usine Digitale

Et si le premier supporter de la French Tech était… chinois ? En invitant pendant deux jours à Shenzhen des start-up tricolores et acteurs de l'écosystème (comme Numa à Paris et Euratechnologies à Lille), le chinois Huawei a marqué des points dans le cœur des jeunes pousses françaises. Et fait un joli pied de nez à ses concurrents, que l'on attendait plus sur ce terrain, dans un rôle d'ambassadeur à l'international.

budget important

Le chinois n'a pas lésiné sur les moyens pour réussir son coup. 600 000 euros de prix ont été décernés à 13 start-up françaises lors de deux concours, organisés en juin et septembre avec La cuisine du web à Lyon et Euratechnologies à Lille. Les gagnants ont été invités les 30 et 31 octobre à Shenzhen, pour visiter le showroom technologique de Huawei (au cœur de son immense campus de 2km²)  et rencontrer des acteurs locaux dans des rendez-vous d'affaire ciblés. Le chinois s'est raccroché au "French Tech Tour", une série de rendez-vous d'affaires organisés par Ubifrance dans trois villes chinoises, dont Shenzhen. Parmi les acteurs chinois associés à ces rencontres figure l'association des acteurs industriels de Shenzhen spécialisés dans l'internet des objets, l'opérateur mobile China Unicom ou encore le site de e-commerce textile Xui.com. Pas ou très peu de start-up chinoises, qui ne bénéficient pas encore de la même visibilité et de la maturité de leurs homologues françaises.

L'engagement de Huawei pour les start-up françaises s'inscrit dans un mouvement plus large, rappelle Isabelle Leung, directrice des affaires publiques de Huawei France.  "Il s'insère dans la vaste plan d'investissement en France présenté avec Manuel Valls le 29 septembre", précise-t-elle. Huawei s'est alors engagé à doubler ses effectifs en France en cinq ans et à intensifier ses achats auprès de fournisseurs français.

Pour les start-up retenues, recevoir un tel prix (jusqu'à 100 000 euros par projet)  est une aubaine, car les concours si richement dotés ne sont pas si fréquents. "Cela nous donne de la visibilité", se félicite Juned Mohammad, de l'opérateur de drones civils Redbird. "Habituellement, les grands groupes font de l'open innovation de façon plus souterraine". L'acteur français a pu rencontrer un acteur chinois du drone de loisirs pour évoquer un éventuel partenariat.

Même enthousiasme pour Benjamin Ulrich d'Intent, qui bâtit un écosystème autour du bâtiment connecté. "Avec le coup de pouce de 100 000 euros, on a pu recruter une personne et lancer concrètement notre projet", se réjouit-il.

regarder vers l'extérieur

Au-delà de l'apport en cash forcément bienvenu, la démarche de Huawei a poussé les start-up à réfléchir à leur internationalisation. "Lorsqu'on a dit aux lauréats qu'ils partaient en Chine, beaucoup nous ont répondu : qu'est ce qu'on va y faire ?", sourit Raouti Chehih, directeur général d'Euratechnologies. "Réflexion faite, ils y ont tous puisé des choses intéressantes".

"C'est vrai que pour nous par exemple, qui n'avons qu'un an d'existence, aller en Chine si tôt n'était pas dans nos priorités", reconnaît Thierry Desforges, créateur du projet lyonnais Monpotagercom. "La préparation du voyage nous a poussés à penser si le projet était exportable, et comment, avec quels changements d'approche, d'interface… Nous avons pu rencontrer la chambre d'agriculture de Canton et une grande entreprise de production maraichère. Au final c'est très enrichissant".

D'autres start-up sélectionnées avaient déjà le sujet "Chine" dans leur viseur. C'est le cas de Lima, qui a conçu une solution d'unification de la mémoire de tous les ordinateurs et terminaux connectés. La start-up, qui avait effectué une levée de fonds à succès en juin, travaille déjà avec des fournisseurs de Shenzhen. Les inventeurs de semelles connectées pour diabétiques Feet Me ont eux prospecté pour trouver leurs futurs partenaires industriels. "Nous sommes en plein dans la phase d'industrialisation, le timing est idéal", glisse Alexis Mathieu, le co-fondateur de la jeune pousse parisienne.

préparer l'avenir des relations franco-chinoises

Si la première journée du séjour était consacrée à des rendez-vous B2B, le deuxième jour a été mis à profit pour réfléchir collectivement aux moyens d'améliorer les relations économiques entre la France et la Chine. Les participants des deux pays ont planché sur une série de propositions concrètes, par petits groupes, sur différentes thématiques : éducation, culture, partenariats... Leurs réflexions seront regroupées dans un "livre blanc", réalisé avec Cap Gemini, publié avant la fin de l'année.

 

Dessins et schémas heuristiques réalisés en direct ont permis de synthétiser les échanges

 

Tous les acteurs s'accordent pour dire qu'une action ponctuelle ne suffit pas pour tisser des liens forts entre les écosystèmes des deux pays : il faudra des rencontres régulières pour tisser la confiance et avancer. Huawei ne compte d'ailleurs pas en rester là : la division française, après avoir présenté ce projet aux représentants des autres pays dans lesquels le Chinois est présent, en janvier, enclenchera la phase 2 du projet l'an prochain. Fera-t-il le voyage retour en emmenant des acteurs chinois, notamment des start-up, en France ? Les acteurs français de l'écosystème sont demandeurs mais rien n'est encore défini. "Une chose est sûre : on a commencé à écrire la première page d'un livre et on ne va pas s'arrêter là", assure Isabelle Leung.

Sylvain Arnulf, à Shenzhen

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