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"Il faut décentraliser le cloud pour l'Internet des objets", selon Andy Thurai, directeur de programme IoT chez IBM

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Entretien 2016 s'annonce d'ores et déjà comme une année majeure pour l'intelligence artificielle, qu'elle soit appliquée aux applications logicielles ou à l'Internet des objets. Andy Thurai, directeur de programme API, IoT et cloud connecté chez IBM, détaille pour L'Usine Digitale ses prédictions en la matière.

Il faut décentraliser le cloud pour l'Internet des objets, selon Andy Thurai, directeur de programme IoT chez IBM
"Il faut décentraliser le cloud pour l'Internet des objets", selon Andy Thurai, directeur de programme IoT chez IBM

L'Usine Digitale : Comment l’intelligence artificielle va-t-elle transformer les API ?

Andy Thurai : Les API sont des technologies d’exploration de la donnée. Aujourd’hui, elles sont principalement utilisées pour exposer des données vers l’extérieur ou permettre à une application externe d’en intégrer de nouvelles dans le système d’information. Ces technologies ne sont pas nouvelles, elles ont commencé avec SOAP il y a presque 20 ans. Nous pensons chez IBM que les API sont en train d’évoluer pour devenir plus que de simples interfaces, afin de permettre aux applications d’avoir accès à des capacités de raisonnement et d’analyse. Au lieu de déférer ces fonctions à un système distant, elles seront effectuées directement à la source. Cela conférera plus de flexibilité aux développeurs dans l’utilisation de technologies cognitives.

 

Et l’Internet des Objets ?

On se dirige vers de plus en plus d’automatisation. Pour le moment, l’Internet des objets permet surtout de collecter de grandes quantités de données à faible coût, qu’il s’agisse de données personnelles recueillies par des "wearables" ou de données industrielles. Mais ce n’est pas suffisant. Là aussi, l’aspect cognitif doit être intégré le plus tôt possible pour générer de la valeur. Car les masses de données à transférer vont devenir trop importantes pour nos infrastructures. On parle de zettaoctets (milliards de téraoctets) de données. L’Internet des objets ne doit pas simplement vous envoyer des données mais vous dire pourquoi et comment il les produit.

 

Plus que ça, les équipements devront pouvoir communiquer directement entre eux pour comparer leurs données. L’appareil X a produit telle donnée à l’instant T. Qu’ont fait les autres ? Est-ce un évènement localisé ou global ? Et puis il y a aussi les problèmes de pertes de connectivité à prendre en compte, car elles ne doivent pas être bloquantes. C’est pour cela qu’à terme, notre vision est celle d’un passage de l’intelligence en local et d’une décentralisation du cloud. J’envisage un avenir dans lequel un supercalculateur comme Watson agira comme le noyau central et prendra les décisions majeures, mais où les équipements locaux seront capables de fonctionner intelligemment en autonomie, même en cas de perte de synchronisation.

 

Jusqu’où va s’étendre ce phénomène d’automatisation ?

Nous avons un projet qui vise à créer un réseau IoT qui soit complètement indépendant. Disons que je possède un réseau composé de 200 000 équipements connectés. Je peux régler les appareils pour générer un contrat intelligent, publié dans une base de données suivant le modèle Blockchain, auquel mes clients peuvent accéder librement. L’utilisation du Blockchain garantit la sécurité et la fiabilité du contrat, dont tous les paramètres (durée, prix, etc.) sont pré-spécifiés. Mon client peut lui-même utiliser un système automatisé pour trouver mon offre sans aucun effort de ma part ni de la sienne, et la transaction elle-même peut être gérée automatiquement. C'est l'une de nos pistes de recherche.

 

Quand verra-t-on ces technologies en production ? Il semble qu’il reste encore beaucoup de chemin à parcourir.

On ne peut que prédire les tendances, mais je ne peux pas vous dire si cela se produira en 2016, 2017 ou même 2020. Chaque marché mature à son rythme, suivant les technologies nécessaires mais aussi le secteur ou la zone géographique. Si on prend le secteur de la mobilité bancaire (via smartphones) par exemple, nous avions des doutes il y a 10 ans sur son essor dans les pays émergents à faible connectivité comme l’Indonésie. Nous n’avions pas anticipé qu’ils implémenteraient un système par SMS. Pour l’Internet des objets, certains secteurs comme celui du transport s’y lancent à fond tandis que d’autres, comme l’énergie, sont plus frileux.

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