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Jusqu’où Amazon domine-t-il le marché du cloud d'infrastructure ?

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Jusqu’où Amazon domine-t-il le marché du cloud d'infrastructure ? © D.R.

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Leader incontesté du cloud computing d'infrastructure, Amazon reste cependant discret sur les résultats de cette activité. Au moment où les concurrents se bousculent, qu’elle est sa réelle position sur le marché ? 

Combien Amazon gagne-t-il dans le cloud computing ? Quelle est sa part de marché ? Combien investit-il dans ce secteur ? Cette activité est-elle rentable ? Ses ambitions dans l’avenir ? Autant de questions lancinantes auxquelles le groupe de Jeff Bezos ne répond jamais. "Nous ne dévoilons pas nos chiffres", répète Andy Jassy, patron d’Amazon Web Services, la filiale d’Amazon dans le cloud computing, lors de la réunion avec les médias pendant son évènement Re Invent 2013 organisé à Las Vegas, aux Etats-Unis, du 13 au 15 novembre 2013.

Leader dans l’infrastructure

A l’heure où les concurrents se bousculent, il serait intéressant d’évaluer la position d’AWS et de voir jusqu’où il domine le marché. Amazon domine largement le segment de l’infrastructure de traitement, de stockage et de communication connue sous le sigle IAAS (Infrastructure as a service). Selon une étude de Gartner en juillet 2013, sa capacité utilisée aujourd’hui est cinq fois supérieure à celle cumulée de ses 14 principaux concurrents. A supposer que les 15 acteurs étudiés par le cabinet américain représentent 90% du marché, cela donnerait à Amazon une part de 75%. Un chiffre à relativiser toutefois, car l’étude de Gartner omet un acteur et pas le moindre : Google, qui attaque fortement ce segment.

En valeur, la situation est différente, car AWS, du fait de l’industrialisation poussée de ses services, se distingue par les prix les plus bas en dehors de Google. Selon Gartner, le marché du cloud public d’infrastructure atteint 6,1 milliards de dollars en 2012 et devrait grimper à 9 milliards de dollars en 2013. Si AWS ne publie pas explicitement son chiffre d’affaires, l’analyste Ben Schachter de MacQuarie Capital l’estime à 2,1 milliards de dollars en 2012 et le prévoit à 3,8 milliards de dollars en 2013. Ce qui donne à Amazon une part de marché en valeur de 34% en 2012 et 42% en 2013. Au troisième trimestre 2013, AWS a franchi pour la première fois la barre de 1 milliard de dollars de revenus, selon le cabinet Forrester Research.

Part relative en baisse

Malgré la montée de la concurrence, AWS devrait garder une position dominante grâce à une croissance soutenue évaluée par MacQuarie Capital à 63% en 2014 et 42% en 2015. Sachant que le cabinet IDC prévoit un marché de 30 milliards de dollars en 2015, Amazon devrait s’arroger 30% du gâteau à cette date, pour un chiffre d’affaires de 8,8 milliards de dollars, quatre fois celui de 2012.

La part de marché d’AWS est donc orientée à la baisse. Pas de quoi inquiéter Ariel Kelman, directeur marketing de la filiale d’Amazon. "Le cloud ne représente qu’une fraction du marché des services informatiques qui flirte avec les 1000 milliards de dollars par an, estime-t-il. Le potentiel de développement est si énorme que les nouveaux venus peuvent prendre place sur le marché sans nuire nécessairement à notre développement."

Course aux investissements

Pour suivre cette croissance phénoménale, Amazon investit lourdement dans l’expansion de la capacité de ses data centers répartis sur neuf sites dans le monde : Virginie, Oregon, Californie, Brésil, Irlande, Japon, Singapour, Australie et un site sur la cote Est des Etats-Unis dédié au gouvernement américain mais dont la localisation est tenue secrète. Amazon investit en moyenne 1 milliard de dollars par trimestre, l’essentiel étant dédié à son infrastructure informatique et donc à son activité de cloud. Andy Jassy répond à la question par une voie détournée : "Chaque jour, nous ajoutons autant de serveurs à nos data centers que ceux dont disposait Amazon.com en 2004 pour réaliser un chiffre d’affaires de 7 milliards de dollars à l’époque." Cet investissement doit se monter à plus de 1 million de dollars par jour, estime pour sa part Jeffrey Hammond, analyste chez Forrester Research.

Cette activité est-elle aujourd’hui bénéficiaire ? "Probablement pas, répond Jeffrey Hammond. Mais ce n’est pas un souci pour Amazon. L’objectif premier d’AWS est de continuer à croître et à amplifier les gains d’échelle, ceci afin de baisser les coûts. Car il ne faut perdre de vue que l’infrastructure d’AWS est aussi celle supportant l’activité d’Amazon.com."

Ridha Loukil, envoyé spécial à Las Vegas

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