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L’avènement des ConsulTech, ou la révolution silencieuse dans l’industrie du conseil en management

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La révolution des "FinTech" (crowdfunding, lending platform…) a fait perdre de vue une révolution toute aussi importante, qu’on pourrait appeler celle des "ConsulTech" c’est-à-dire la rencontre entre le consulting en management et les potentialités offertes par le numérique, explique Ibrahima Fall, le président de la société de conseil Experdeus à L'Usine Digitale.

L’avènement des ConsulTech, ou la révolution silencieuse dans l’industrie du conseil en management
L’avènement des ConsulTech, ou la révolution silencieuse dans l’industrie du conseil en management © dr.

Une révolution silencieuse est en marche dans le monde feutré du conseil en management. Longtemps trusté par les cabinets de conseil "traditionnels", dont le premier fut fondé par Arthur Dehon Little en 1886, le marché du conseil a vu apparaître des start-up conscientes de leurs capacités à bousculer une industrie dont le business model a peu évolué depuis presque un siècle.

L’ancêtre de ces start-up s’appelle Eden McCallum. Dès 2000, la firme britannique proposait un business model original reposant sur quelques centaines de consultants indépendants passés par les grands cabinets de conseil en stratégie et management. L’objectif de la firme était d’avoir une maîtrise des coûts tout en délivrant des prestations de qualité avec des consultants de haut niveau.

L'UBERISATION DE L’INDUSTRIE DU CONSEIL EN MANAGEMENT EN MARCHE

Aujourd’hui, l’accroissement du nombre de travailleurs indépendants en quête de liberté (work when you want), souvent issus de grandes entreprises ou de cabinets de conseil traditionnels, est en train de bousculer l’industrie du conseil. Des start-up y ont vu une opportunité pour proposer des business models innovants et directement concurrencer les cabinets de conseil traditionnels. Ces start-up s’appuyant fortement sur le Web minimisent leurs coûts grâce une organisation Lean (exit les directeurs associés, la prolifération des managers, les différentes fonctions support, les coûts exorbitants des locaux de prestige…) et proposent des prestations délivrées par des consultants de haut vol. Les entreprises clientes gagnent en flexibilité et en temps, économisent sur leur budget consulting tout en collaborant avec des experts triés sur le volet. Le processus "d’uberisation" de l’industrie du conseil en management est donc bien en marche.

Aux États-Unis, Business Talent Group (BTG), dirigée par la très médiatique Jodi Miller (ancienne collaboratrice de Bill Clinton), commence à tirer son épingle du jeu. En fédérant des professionnels très souvent passés par les meilleurs cabinets de conseil en management traditionnels, BTG travaille aujourd’hui avec la plupart des entreprises du Fortune 500. L’entreprise est d’ailleurs citée par Forbes, en janvier 2015, comme faisant partie des 100 entreprises les plus prometteuses des États-Unis.

une bonne nouvelle pour l’économie française

BTG doit néanmoins partager le marché américain avec des start-up comme Skillbridge ou Hourlynerd. Rappelons que cette dernière a levé 7,8 millions de dollars en ce début d’année 2015. La révolution des ConsulTech n’a pas épargné les côtes australiennes. Deux anciennes consultantes de Bain Australie (le cabinet de conseil en stratégie) ont lancé en 2013 " expert360 " qui compte aujourd’hui plus de 3 200 consultants freelance en stratégie et management et plus de 200 clients. Ironie de l’histoire, McKinsey utilise leurs services.

Moins médiatique que les autres révolutions (big data, FinTech), la révolution ConsulTech est donc une réalité. Les prédictions et les analyses de Clayton Christensen (théoricien de la disruption), Dina Wang et Derek van Bever, dans leur article " Consulting on the Cusp of Disruption " publié dans le HBR en 2013 étaient justes. Avec cette poussée des ConsulTech, on peut donc non seulement s’attendre à une reconfiguration du secteur du conseil en management mais aussi, grâce à des prestations payées à leur juste prix, à un taux de pénétration plus important du consulting dans les petites et moyennes entreprises. C’est une bonne nouvelle pour l’économie française dont les PME ont du mal à grossir et à devenir des références mondiales.

Ibrahima Fall, docteur en management, Président Experdeus

 

 

 

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