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L’incident du Galaxy Note 7 confronte Samsung aux limites de l’intégration verticale

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Analyse Le problème de batterie du Galaxy Note 7 révèle cruellement les risques pris par Samsung en privilégiant des solutions internes. Selon Trendforce, l’incident devrait conduire tous les constructeurs de mobiles à revoir leur stratégie d’approvisionnement.

L’incident du Galaxy Note 7 confronte Samsung aux limites de l’intégration verticale
L’incident du Galaxy Note 7 confronte Samsung aux limites de l’intégration verticale © Samsung

Le problème de batterie du Galaxy Note 7, le dernier smartphone vedette de Samsung Electronics, est suivi à la loupe par toute l’industrie des mobiles. Mais c’est pour le géant coréen de l’électronique que ses conséquences vont être les plus douloureuses. Cet incident le confronte cruellement aux limites de sa stratégie d’intégration verticale.

 

Plus de 60% des batteries viennent du groupe

Conformément à ce modèle industriel, Samsung Electronics privilégie les sources d’approvisionnement internes du groupe. Pour la batterie de son Galaxy Note 7, il a choisi ainsi de reposer à plus de 60% sur sa société sœur Samsung SDI et à moins de 30% sur le hongkongais Amperex Technology Limited, pourtant numéro un mondial du marché selon TrendForce, devant le japonais Sony, les coréens Samsung SDI et LG Chem, et le chinois Tianjin Lishen Battery. Et c'est la batterie en provenance de Samsung SDI qui se révèle défectueuse.

 

"Ce faisant, Samsung se retrouve avec très peu d'options pour faire face aux problèmes de qualité et de sécurité, conclut Duff Lu, analyste chez TrendForce. À court terme, il va être sous pression pour trouver d'autres fournisseurs et restaurer sa réputation mise à mal par cet incident. À long terme, il devra s’atteler à la diversification de sa chaîne d'approvisionnement. Cet incident sert aussi d'avertissement aux autres marques de smartphones qui auront accepté un compromis entre la densité énergétique et le coût au moment du choix de leurs batteries."

 

Apple plus précautionneux

Selon Trendforce, les autres marques de mobiles se montrent plus précautionneuses en allouant leurs commandes de batteries à parts égales entre plusieurs fournisseurs. "Il est rare qu’un constructeur de smartphones confie plus de 60% du volume de ses commandes de batteries à un seul fabricant, souligne Duff Lu. Apple, par exemple, ne réserve jamais plus de 40% de ses commandes à Amperex Technology Limited, son plus grand fournisseur de batteries pour l’iPhone. Ceci afin de répartir les risques et éviter de se retrouver avec des problème de qualité plus tard. Pour limiter encore les risques et les coûts, Apple a, ces dernières années, étendu sa chaine d’approvisionnement en séparant les fournisseurs de cellules électrochimiques de ceux qui les montent en batteries."

 

Sous pression dans les mobiles, la télévision ou l’électroménager, Samsung Electronics cherche depuis deux ans à améliorer sa compétitivité en confortant sa stratégie d’intégration verticale. Le vaisseau amiral du conglomérat coréen fabrique un grand nombre de composants électroniques indispensables à ses équipements, des mémoires aux puces de gestion d’écran, en passant par les processeurs d’application, les modems cellulaires, les LED ou encore les circuits de puissance. Et il dispose d’autres composants chez des filiales ou sociétés sœurs : écrans chez Samsung Display, composants radiofréquences chez Semco, batteries chez Samsung SDI, etc.

 

Infléchissement de stratégie avec le Galaxy S7

"A chaque nouvelle génération de ses smartphones, nous constatons une augmentation du contenu de composants électroniques faits en interne", observe Jean-Christophe Eloy, PDG de Yole Développement, cabinet français d’analyse de marchés électroniques. Cette intégration verticale a atteint son pic sur l’ancienne génération, le Galaxy S6, dans lequel Samsung Electronics a chassé complètement les puces de Qualcomm au profit des siennes.

 

Mais avec la dernière génération de Galaxy S7, le groupe de Séoul a infléchi sa stratégie en revenant partiellement à Qualcomm pour le processeur d’application-modem et en passant à Sony pour les capteurs d’image.Samsung Electronics fabrique pourtant ses propres capteurs d’image. Il en est même le deuxième fabricant mondial, derrière Sony. "Mais pour le Galaxy S7, il a préféré ne pas prendre de risque en intégrant ses propres solutions, explique Pierre Cambou, analyste chez Yole Développement. Il a choisi d’utiliser exclusivement des capteurs d’image de Sony comme le fait Apple pour tous ses iPhone."

 

Impact au delà de Samsung

Ce pragmatisme n’a pas prévalu dans le choix de la batterie du Galaxy Note 7. Une erreur qui pourrait coûter 1 milliard de dollars à Samsung Electronics et Samsung SDI. Mais pour TrendForce, l’impact va au-delà du groupe coréen. L’incident sert de leçon à l’ensemble de l’industrie des mobiles. Tous les constructeurs de smartphones seront amenés à revoir leur stratégie d’approvisionnement en batterie. Car aucun n'a envie de subir le cauchemar que vit aujourd'hui Samsung Electronics.

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